M. ANSIAUX, op. cût., p
sivement abandonner le travail du fer.Maintenant, ces ouvriers gagnent environ 3 fr. et 3 ir. 50 par jour.--C’est encore la baisse des salaires quisemble devoir agir à Falaise comme cause déterminante de la disparition du travail à domicile. La maind'œuvre, en effet, ne cesse de se dérober. La concurrence que se font entre eux les membres de la fabrique collective détermine un abaissement des salaires dans une proportion telle qu’ils deviennent inférieurs au coût réel de la vie. En 1904 et 1905, une quarantaine environ d'ouvriers falaisiens ont déserté le travail de la bonneterie, et sont allés chercher du travail à l'usine métallurgique de Dives, d’où ils ne sont pas revenus. Cette concurrence ouvrière affecte deux formes à Falaise : d’abord, la concurrence connue des ouvriers ruraux et des ouvriers urbains, puis la concurrence que font aux ouvriers tisseurs et aux autres artisans les façonniers ayant des métiers mus mécaniquement. J’ai indiqué, en étudiant les différentes catégories de la fabrique collective de Falaise, la présence de petits artisans façonniers, propriétaires de leurs métiers, qu’ils font mouvoir par un procédé mécanique. Ces petits artisans n’emploient guère que des enfants, qui suffisent à diriger les métiers et qu’ils paient seulement dix ou douze francs par semaine. Un contremaître dans les plus importants de ces ateliers
complète l’entreprise. L'on voit tout de suite qu'une pareille réduction de la main-d'œuvre permet à ces façonniers de demander aux bonnetiers des prix de façon inférieurs à ceux que font les ouvriers à domicile et les artisans qui n’ont pas de métiers mécaniques. Il en résulte pour eux une supériorité économique incontestable, qui leur permet de durer et de se maintenir en présence de lJ’usine, tandis que le travail en chambre s’efface de plus en plus.
Enfin, pour un long temps encore, un certain nombre de patrons incapables de faire les dépenses d’insvallation d’un grand atelier, d'acquisition de l'outillage, et de supporter les frais généraux qui grèvent plus lourdement la grande industrie (éclairage, combustible, assurance, etc., etc.) continueront d'utiliser la forme du travail à domicile, qui leur permet de faire retomber ces charges sur l’ouvrier, « soit directement, soit sous forme de retenues sur son salaire pour la location e; l'amortissement des outils et des métiers‘ ». C’est pourquoi, lorsque le travail à domicile n’est pas seul employé, fréquemment « la fabrique et l’industrie à domicile se combinent en des types d'exploitations mixtes” ». M. Aftalion décrit ainsi la psychologie des patrons d'industrie: « L'usine»