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Les industries à domicile en Belgique, 111, p

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dans les industries simples qui ne requièrent aucune espèce d'outillage, ou seulement un outillage rudimentaire. Il semble même, non seulement que le mouvement de la concentration moderne ne les ait pas touchées, mais qu’elles accusent un accroissement notable du travail dispersé ; ce sont les travaux de couture (lingerie et vêtement), par exemple ; la spécialité dites des fleurs et plumes, qui est une industrie parisienne par excellence, etc., etc.

Mais aussi de nouvelles professions s’exercent à domicile, depuis un certain nombre d’années, qui paraissent avoir agrandi considérablement le domaine jusqu'alors réservé à l’industrie à domicile.

A cetégard, il paraît bien qu'une influence « d'ordre démographique »' doive s’exercer ici ? pour favoriser ce développement récent de la fabrique collective : «c’est l’existence de groupes de population que la fabrique ne peut pas absorber, groupes que l’on retrouve dans deux milieux très différents, dans les très grandes villes et dans les très petites campagnes, et que constituent deux causes très dissemblables: d’une part l’agglomération des centres urbains. et, d'autre part, la dispersion rurale * ». Quelle est donc cette main-d'œuvre que la fabrique n’absor-

1 et 2. Edgard ALLIX, loc. cit., p. 475 et 476.

be pas? Suffit-i1 de la définir par la « nature du milieu » où elle se développe, ou ne faut-il pas encore se demander d’où elle vient, et quelle évolution elle à traversée pour comprendre exactement l’importance du rôle qu’elle est appelée à jouer dans la fabrique collective de lPavenir.

Représentons-nous donc l’état de l’industrie daps l’ancienne France, à l’aube du siècle dernier. L'industrie que la vapeur n’avait pas encore conquise était alors répandue, d’une façon presque uniforme sur toute la surface du territoire. La plupart des petites localités que nous voyons aujourd’hui sans vie, nombre de villages reculés, possédaient autrefois, au même titre que les centres plus importants, leurs industries particulières, qui faisaient retentir les maisons du bruit des fuseaux, des métiers à tisser, des marteaux sur les forges. Puis, avec la vapeur, cette dispersion essentielle va cesser : la vapeur a créé, en effet, la nécessité de réunir les métiers autour de la machine. Une concentration s’est ainsi opérée peu à peu, groupant les travailleurs disséminés et aboutissant à créer, aux points économiques importants, la fabrique moderne.

La crise que cette évolution a provoquée a eu des conséquences considérables qui ont atteint profondément le monde du travail, et déterminé une transformation sociale qui s’accomplit tous

les jours sous nos yeux. L’emploi de la machine, en effet, a presque partout abouti à une diminution dans le nombre des travailleurs employés. C’est ainsi, par exemple, que le métier à filer a rendu inutiles plusieurs centaines de fileuses. La fabrique moderne n’a donc pas englobé tous les artisans qu’elle a remplacés,et au travail desquels elle s’est peu à peu substituée ; elle a laissé et elle laisse encore en dehors d’elle, chaque fois qu'elle se constitue aux dépens d’une industrie à domicile préexistante, une armée immense de sans-travail, réduits à l'impuissance par la supériorité du travail mécanique.

Ce sont précisément ces sans-travail que la fabrique a laissés en dehors d'elle‘ qui consti-

1. Gœthe a décrit,dans Wilhem Meister,la transformation prochaine d’un tissage au XVIII: siècle par le machinisme,et prédit la crise sociale inévitable qui a suivi. «Ce qui m'inquiète, ce n’est pas un souci du moment ; non, il regarde tout l’avenir. C’est le progrès général de la mécanique qui m'inquiète et me tourmente: celle s'approche lentement, lentement comme un orage ; mais elle à pris son cours, elle viendra, elle nous atteindra. Figurezvous que beaucoup de vallées pareilles à celle par laquelle vous vous êtes venu sillonnent ces montagnes, qu’elles sont encore animées de la belle et joyeuse vie, que vous avez remarquée ces derniers jours, et dont la foule parée qui accourait hier de toutes parts vous a donné le plus gracieux témoignage ; songez que tout cela va déchoir, dépérir peu à peu, et que ces retraites animées et peuplées par le travail des siècles retomberont dans leur antique solitude, (Walhkem Meister, trad. Porchat, 11 p. 390.)

Chacun voulait avoir des nouvelles de la guerre. Néanmoins, ils se réjouirent dans l’espérance de la paix, tout alarmés qu’ils étaient par la menace d’un autre danger. On ne pouvait se dissimuler que les machines ne fussent toujours plus nombreuses dans le pays, et que les mains laborieuses ne fussent menacées d’être peu à peu réduites à l’inaction. ( Zd., p. 305.)

tuent aujourd'hui ce que M. Allix appelle « l’agglomération des centres urbains » et « la dispersion rurale ». Or c’est tout naturellement vers ces groupes de population, dépossédés peu à peu de leur profession par la concentration en usine, que vont aller les professions nouvelles qui éclosent à la production sociale. « Tandis que les grandes industries se concentrent, écrit M. Vandervelde, la spécialisation du travail engendre constamment des industries nouvelles, rameaux détachés des souches maîtresses de la production. C’est ainsi, par exemple, que, dans le dernier recensement industriel du Hainaut, nous trouvons, à côté de la verrerie, de la métallurgie, de l’industrie charbornrière, quantité de métiers ultra-spéciaux, de formation récente, tels que la fabrication d’allume-feux en rognures de bouchons, de brides pour sabots, de chapeaux en cuir pour mineurs, de chapelets, de confetti, de semelles en bois pour galoches,de serviettes pour filtres,et tutti quanti.'» D'autre part,les patrons des industries anciennes, parvenues au stade de la fabrique,n’ont pas tardé à s’apercevoir qu’ils pouvaient très utilement détacher du processus général de leur fabrication : en usine certaines tâches fragmentaires, simples et élémentaires, ne requérant ni un outillage com-

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