Albert AFTALION, op. cit., p
micile. M. Aftalion a noté la même observation à propos de la bonneterie de soie à Ganges et de la bonneterie de laine dans le Santerre, et, d’une façon générale, à propos des différentes industries de l'habillement. —— Mais il re faut pas accorder à cette constatation une valeur exagérée, parce que l’on peut croire que les entreprises sociétaires, résultat de la démocratisation croissante des capitaux, $£e substitueront de plus en plus, dans l’avenir, aux entreprises individuelles pour la fondation des industries. Et, pour autant que le souci de l’économie des frais généraux de la grande production ne prévaudra pas, et que les avantages de la fabrique n’apparaîtront pas clairement, Paccumulation des capitaux par les sociétés par actions devra permettre sans doute aux industries qui s’établiront dans l’avenir d'adopter immédiatement la forme de la grande industrie centralisée.
Mais l’industrie à domicile salariée n’a pas seulement des raisons de subsister et de se maintenir pendantun temps plus ou moins long encore, en présence de la fabrique ; il semble bien qu’elle oppose encore à la concentration certaines limites infranchissables.
Il est, en effet, un grand nombre d'industries à domicile que la délicatesse des tâches qu’elles comportent parait devoir préserver du ma-
chinisme et de la concentration ; ce sont outre les travaux d’art, qui requièrent une habileté spécialisée, les travaux compliqués et difficiles, rebelles aux procédés mécaniques; c’est sans doute la raison qui a permis à la ganterie bruxelloise, non seulement de maintenir ses positions, mais encore d'agrandir sans cesse son domaine. « A part la double critique faite, l’une au prix élevé de la coupe, l’autre au régime douanier dont bénéficient les gants étrangers cousus en Belgique, la situation de l’industrie de la ganterie se présente dans de bonnes conditions. Depuis une quarantaine d’années,elle s’est constamment développée, son personnel à augmenté, et le chiffre d’affaires réalisées s’est accru !. » Il faut cependant remarquer qu’à mesure que l’évolution progresse, l’ancien concept des industries d'art tend à se restreindre de plus en plus. Ainsi, la dentelle,considérée autrefois comme une industrie d'art, à pu, sans aucune difficulté, être accaparée par la fabrique. — D'autre part, l’industrie à domicile semble encore se maintenir dans les industries de luxe, où la mode, aidée des fantaisies individuelles des acheteurs, domine la fabrication, telle, par exemple, l’armurerie liégeoise. — Le travail en chambre à encore gardé toutes ses positions