‹ Essai sur l'inflammation de l'utérus; dissertation présentée et soutenue à la Faculté de Médecine de Strasbourg, le samedi 13 février 1819, à quatre heures après midiChapitre 8 sur 8 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Traitement de linjlajiimatioji aiguë et chronique.

Le (raitcmcnt de la mctrilc aig-uc se compose de moyens géne'raiix et locaux. On doit surveiller attentivement la malade, lui prescrire un repos absolu, une grande tranquillité desprit et le séjour dans le lit , où elle doit se coucher sur le dos. La diète doit être proportionnée au danger de la maladie ; mais, si la femme avoit été' afToiblie dans l'accouchement par des pertes, au lieu de l'asservir à l'usage exclusif des mucilagineux, on pourroit lui permettre celui des bouillons g^ras et nourrissans. Quelques auteurs ont recommande' un repos absolu, et Van-Swieten rapporte que c'est ainsi qu'à Harlem on donnoit les ordres les plus impe'rieux pour qu'on laissât la malade dans le calme le plus parfait.

Si la fièvre est intense dès les premiers jours, que la douleur soit vive, les fomentations cmollientes sur l'hypogastre, le bain de vapeurs, les sangsues applique'cs à la vulve, sont d'un emploi salutaire. Au début de la maladie on a pratiqué avec succès plusieurs fois la saignée. Quelques auteurs prétendent que la petitesse du pouls, ni le froid des extrémités, ne doivent point arrêter dans son emploi, si d'autres circonstances l'indiquent ; après la saignée, le pouls se développe, la chaleur revient et la malade respire plus facilement. On doit proscrire l'usage des purgatifs irritans; ils ne feroient qu'ajouter un nouveau degré d'irritation à l'inflammation déjà existante.

Des discussions se sont élevées parmi les médecins pour déterminer le lieu d'élection de la saignée dans les cas d'inflammation de la matrice. La saignée du jarret et du pied est préférée par Galien, tandis que Paul d'EciNE et Aétius recommandent celle du bras. Les Arabes concilient les opinions : au début de la maladie, ils emploient la saignée du bras; vers la fin, ils mettent e»

usagie celle du pied. Quel parti prendre dans celle dissidence d'opinions? F. lJo^JMA^^ avoit obtenu un parti avantageux de l'usage répète des saignées et des boissons sudorifiques. Lorsque l'inflaniniation est légère, on peut, à l'aide de simples bains et deç e'nioUiens ,1a faire disparoître bientôt^ ou la terminer d'une manière critique par d'abondantes sueurs.

L'application des sangsues produit un effet avantageux; les boissons, telles que la décoction de graine de lin, de mauve, etc., le petit-lait clarifie', des lavemens avec le lait, les injections anodines, parviennent à calmer la douleur et diminuer l'intensité' des symptômes inflammatoires : on peut injecter encore dans le vagin des liquides c'molliens à une chaleur tempérée. Ces injections servent de bain à la surlace externe de la motrice, et c'est à tort que Lamotte les rejette. L'extrait aqueux d'opium est très-ellicace lorsque la douleur est vive à la région de l'utérus. On a fait cesser quelquefois cette douleur en plaçant des ventouses sur un organe plus ou moins éloigne. Les auteurs varient dans leurs opinions pour établir le lieu où l'on doit appliquer de préférence les ventouses: les uns les proposent sur l'épaule, les cuisses, les mamelles, sans bien déterminer l'avantage qu'on en retire dans tous ces cas. Quelques praticiens vantent néanmoins l'application des ventouses scarifiées aux cuisses, comme la plus eflicace.

L'opium donné à forle dose, d'après l'avis deDuNcAN, calme les douleurs utérines: les injections anodines causent quelquefois un soulagement efficace. Si , vers la fin de la maladie, il arrive quelques peites en rouge ou en blanc, "on doit les respecter, à moins qu'elles ne soient trop considérables : Astruc les regardoit connue critiques. Si la gangrène termine la maladie, les ressources de l'art sont en général insuffisantes. Si l'inflammation se termine au contraire par suppuration, 1 accident est moins fâcheux: on favorise l'issue du pus par des injections détersives, les bains. On a appliqué avec succès et liait des embrocations huileuses sur

le venfre dans le cas où la douleur correspond à la région ombilicale et que riuflammalion soit vive. On a conseillé, dans les cas où il arriveroit une violente hemorrhagie, d'administrer la digitale pourprée, ou l'opium à de fortes doses. Duncan et Burtss ont préconisé ces deux substances; mais on n'a pas encore généralisé leur emploi, ni assez bien administré leurs préparations pour qu'en France on puisse leur prodiguer les mêmes éloges.

L'inflammation chronique doit cfre combattue par la même mclliodc de traitement : comme la maladie se termine fréquemment par le cancer de la matrice, on est obligé de mettre alors en usage la longue série de narcotiques, tels que l'opium, la ciguë, lamorelle, lajusquiame, l'aconit, si préconisés etsi souvent infructueux. Commp m npmh entrer dans l'histoire de cette affection terrible que de rapporter ici l'emploi et les effets de toutes ces substances, je bornerai ici mes réflexions.

La nature et les terminaisons de la métrite demandent toute É

l'attention du praticien. De nouvelles recherches sur cette maladie pourront répandre plus de lumières sur ses effets, et sur les moyens que l'art peut employer pour les prévenir et les combattre avec succès.

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