CHAPITRE V
Pronostic de ï injlanvnotion ai^iië et chronique.
yiutopsie.
C'est sur la durée et la terminaison de l'inflammation aiguë de l'utérus que se base le pronostic du médecin. Levret a dit : K L'inflammation de la matrice met la femme en grand danger de « la vie, mais principalement quand elle arrive dans les premiers « jours après un facbeux accouchement , parce qu'alors la termi- « naison est la gangrène de cet organe. ^^ Les causes qui ont précédé la maladie et l'étude attentive des symptômes servent aussi à fixer le pronostic. Dans l'inflammation aiguë, si la fièvre n'est pas ardente, on pense que le cours de la maladie ne dépassera pas le second septénaire; mais, si la fièvre se prolonge indéfiniment, que la matrice soit toujours douloureuse et que l'inflammation passe à l'état chronique, le pronostic est alors plus ou moins fâcheux, à cause des déterminaisons funestes qui sont propres à la phlegraasic chronique. L'autopsie cadavérique a démontré souvent dans l'utérus des lésions dont on n'avoit pas le soupçon avant la mort. La difl^iculté de s'assurer, par le toucher, de l'état de l'organe, ou les obstacles qu'élèvent à ce sujet la plupart des malades, nous conduisent souvent à ne pas être certain de la nature de l'affection de l'utérus. Dans les cas de phlegmasies aiguës de cet organe, on l'a trouvé contracté , épaissi , même rompu. Telle est une observation consignée dans la Médecine clinique de Selle. L'inflammation de l'utérus, dit Baillie, s'étend souvent à ses dépendances, particulièrement aux trompes de Fallope et aux ovaires. Les vaisseaux
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utérins contiennent parfois du pus : le docteur Ci AnKE( Essais sur les maladies des femmes) a surlout observe ce phcnoniènc. MM. Chaussier et RiiJEs affirment avoir renconfré les veines de l'abdomen enflammées et remplies de pus dans des cas analogues. M. Chaussier a vu quelquefois des concrétions couenneuses se former dans la cavité de i'utérus par un mode particulier d'irritation qui, en augmentant la sensibilité de la surface, altère la sécrétion du fluide qui s'en exhale, et lui donne une consistance plAstique. Le même professeur a vu une jeune femme, d'un tempérament ardent, qui, après quelques abus erotiques, se crut enceinte, parce que ses menstrues étoient supprimées depuis deux mois. Parvenue au troisième mois, elle éprouva les symptômes qui lui annonçoient ordinairement le retour des menstrues; cependant il n'y eut aucune excrétion : elle se plaignoit de douleurs, de spasmes, et surtout d'un sentiment de pesanteur inaccoutumé. En examinant l'état des parties, il trouva l'utérus abaissé dans l'excavation pelvienne; son orifice, ouvert, élargi, donnoit passage à une tumeur molle : en la tirant légèrement, elle se détacha tout-à-coup sans causer aucune douleur. On reconnut un suc couenneux , dont la cavité étoit remplie d'un sang brunâtre à demi fluide. Sa forme étoit exactement celle de l'utérus, mais renversée. Après l'extraction de cette partie membraneuse, il s'écoula quelques cuillerées de sang brunâtre : les douleurs , les spasmes , ont entièrement cessé; les menstrues ont repris leur cours habituel, et la femme n'a éprouvé aucun accident. *
Les recherches d'anatomie pathologique sur l'utérus sont limitées à un petit nombre. Nous nous bornerons à ces détails, dont quelques-uns pourroient paroître étrangers au sujet que je traite.
1 Voyez les détails de cette observation dans la lettre de M. le professeur Chaussier à M.""* Boivin , insérée dans la traduction de l'ouvrage sur les hémorrhagies utérines de Rigbv et Donca.v. Paris, i3j8.