SI LA LUKE PEUT IICFLUENCEE LES ÉPIDI^MIES , ET EN
QUELLE HAIIIÈRE?
Il ne faut dépaâseK ici l'influence manifeste que la lune et les planètes exercent sur l'atmosphère de la terre. Car l'ayant démontré, Tanalogie porterait de àuite à supposer une influence proportionnelle exercée par les comètes. Toutes les superstitions astrologiques semblent être fondées sur cette influence mal comprise et mêlée avec un nombre de doutes fausses et ridicules.
A l'égard de la lune, une chose est très remarquaUe, qui porte à croire que l'influence lunaire Varie selon certains cercles, jusqu'à présent ne pas bien examiaés. Par exemple , il résulte d^ine examination de mes jour^ naux, depuis 70 ans fidèlement enregistrés, par mon grand père, mon père et par moi, que chaque fois que la noiivelle lune tombe sur le samedi, le mois suivant a été ventoèe et en général avec beaucoup de pluie. J'exhorte les météorologues à faire attention à cette intéressante coïncidence qui ^ sans doute , appartient à la périodicité presque générale des phénomènes natu^ rels.
Nous avons prouvé que la lune exerce une influencé sur l'atmosphère et par elle sur la santé, de Thomme, et que cette influence a rapport avec les niarées (*)« J'ai donné un grand nombre d'épreuves dé ce faît^ dans mon ouvrage sur les épidémies # Il me semble que cette influence lunaire augmente l'irritabilité générale du système nerveux , fait monter le saùg â la léte^
(*) Yoyex mes Researchea aboui atmospheric Phenomena, 80 S® édii, M'iZ — Beobachtung en iiber den Einflufa 9tc, Leipsig 18ââ, ef Howard's CHmaie of London, 5 vol. 8* 1832.
et produit quelquefois des symptômes spécifiques , certaines sortes de migraines, les paroxysmes de manie, etc.; le mot lunatique est dérivé de cette obserration. Mais la lune n*exerce point d'influence dans la production des épidémies , excepté qu'elle augmente les symp-^ tomes , qu'on trouve quelquefois plus sévères aux périodes de la nouvelle et de la pleine lune. J'ai remarqué encore que ces douleurs de la tète , que quelques personnes éprouvent , avant rapproche d'un orage , sont bien plus fortes quand elles coïncident avec ces périodes lunaires.
Quant aux épidémies , j'ai déjà démontré, dans ma brochure sur le choléra (*)y que ces maladies ne sont pas contagieuses, qu'elles dépendent de quelques conditions de l'air jusqu^à présent inconnues, et que la position des planètes et de la lune n'a point d'influence directe sur elles excepté cela , que les crises des maladies une fois commencées, arrivent en général vers la nouvelle ou la pleine lune. J'ai examiné l'opinion de certains médecins, que ces fléaux sont produits par des insectes invisibles, et prouvé que, quoique les insectes mycroscopiques habitent dans la matière morbide de certaines maladies, la cause déterminante n^est pas animale, qu*elle consiste dans des mélanges morbifiques diffus dans l'air. La prédisposition à recevoir des maladies est la seule chose soumise à l'influence de la médecine. Quand .une épidémie arrive , elle attaque ceux qui sont prédisposés , mais il y tant de variétés dans cette prédisposition, que dans les causes excitantes , la médecine ne semble rien faire pour une personne fortement atta-
(*) Essay or the atmosphérioal origin of choiera morbus etc. 8» 1S52.
qiiée. Il est une question importante, s'il y a des moyens de dispenser le corps de Thomme de ces causes prédisponantes? Il est à remarquer que , quand le choléra arriva à Manchester, où il fit des ravages funestes, les membres d'une nombreuse société des herbivores qui ne mangent jamais de nourriture animale, échappèrent tout-à-fait à cette maladie, chose qui prouve que les fiuits et les végétaux sont très salubres en fortifiant le corps contre une épidémie. En général la gourmandise, Fair infecté des salles de danse etc. , où les fenêtres sont fermées, la débauche, et particulièrement Texer-* cice de Tamour physique des sexes, prédisposent à ces maux^ tandis que l'abstinence, quelquefois le jeûne périodique, bains d'eau et une vie naturelle dans l'air pure, semblent détruire la prédisposition à les recevoir (*). Enfin toutes mes recherches confirment l'opinion que j*ai déjà donnée au public dans l'ouvrage questionné; et j'entreprends la défense de cette opinion , avec une confiance augmentée, en publiant un extrait de mon catalogue historique à la suite de ces observations.
§ 10. LA COMÈTE DE JSALLEY : LES GHAITGBHENTS OBSERViS DANS SA FORME SONT-ILS RÉELS OU PHÉNOMÈNES PRODUITS PAR DES VAPEURS INTERPOSÉES?
J'observai cette comète pour la première fois à Francfort sur le Mein le 11 octobre 1855, à vue simple et aussi avec une bonne lunette de Frauenhofer. Depuis ce temps elle a montré des changements fort considérables dans
{*) A présent les Anglais^ diaprés Abernethy, ne prennent presque point d^autre médecine, que purgatives, prises dans tous les cas^ et la ■anté en Angleterre est en conséquence beaucoup augmentée.
la longueur de sa queue, et encore dans sa clarlé. Mais ce qui me semle le plus remarquable, c'est qu'entre deux observations contemporaines , Tune faite en Angleterre par un de mes correspondants , et l'autre faite par moi à Aix-la-Chapelle , il y avait beaucoup de différence : la queue semblait bien plus longue vue en Angleterre, que vue ici. Est-il possible que ces variations dépendent des causes atmosphériques? Sans doute l'air de ce pays a été terriblement obscur presque tout l'hiver; du 16 jusqu'au 21 novembre il était impossible de faire aucune observation à Aix-la-Chapelle, le ciel étant tout-à-fait couvert. De la comparaison des observations que j'ai reçues de Londres, avec les miennes, il résulte que la queue a toujours apparu beaucoup plus longue et plus brillante en Angleterrre qu'en cette partie de l'Allemagne. A présent je ne dis rien de la cause de ce fait, mais j'invite les astronomes à communiquer leurs observations aux journaux scientifiques. J'ai remarqué encore que la scintillation des étoiles fixes est plus prononcée en Angleterre qu'en des pays où l'air est plus sec. Ce phénomène est là souvent très brillant , particulièrement en An tares. Je l'ai regardé comme prouvant l'existence de quelque mouvement ondulatoire dans l'atmosphère, par lequel l'action prismatique de l'air est perpétuellement variée (*).
(*) Voyez mon Easay on the Changes of Cohur in the aUemate fiis of Dilatation and Contraction, àbserved in the Tioinkling of Stearê, in Philoaophical Magazine 1825, et le Pocket Encyclopedia , \% 1827.
Les Tariations de Tatmosphère , pendant rapproche et la durée de la comète de Halley , ne laissent point de doate qu^elles aient été prodaitet par quelque cause extraordinaire; la moyenne température de cethiter
Quant à son influence , il faut dire que la comète de Halley a été précédée des étés chauds et suivie d*un hiver froid et malsain , comme dans ses apparitions an« técédentes. Bien, qu'est-ce que ça fait« Le monde ne doit pas se terrifier de ces choses. Les épidémies entrent sans doute dans le plan général du créateur, et il est à se rappeller que pendant leur règne, peu de person* nés » en comparaison , meurent d'autres maladies ; la mortalité moyenne n*était pas augmentée à Londres par le choléra; et les médecins ont remarqué que ceux qui n'étaient pas attaqués durant la chute de cette effroyable épidémie, .étaient plus forts et plus sains qu'à l'ordinaire. Les Parques, en jettant les prédispositions de chaque individu dans l'urne de ses destinées , n'ont pas laissé le sort de Thomme au gré de ces accidents.
S 11. LA. COHBTB VÈ MAH9 1845, BT L£S PHÉROlcilfBS REMA&- QUABLBS DOIIT EErLB EST ACTUBLLBMENT ACGOMPAGITÂB.
A présent j'entre dans la descripti^m d'une comète qui , si nous considérons en même temps les phénomènes pas lesquels elle est accompagnée , doit surtout prouver la vérité de l'opinion que j'ai constatée , à savoir que ces astres jouent un rôle assez important dans le système
a été basse, et les changements subits; le ciel a été couTert de naa^^es et Tair obscurci par de légers brouillards d*une grande étendue. En examinant les dernières apparitions de cette comète , je trouve de pareils phénomènes registres, et particalièrement des hivers fiorts, chose qui prosque toujours suit les grandes comètes, et surtout celles qui passent leura périhélies en été^ L^hiver après la comète de 1810 fht changeant •1 rigoureux. Le Thannonètre deFarenheit, le 14 jauTior iSâO, descendit jusqu'à — 10*, ou dix dégrés aw-demous de séro. (Esirmi d»
solaire , donnant naissance , parmi bien d'autres fonctions , aiis mélanges nouveaux et aux changements re* marquables dans notre atmosphère. Je raconterai Thistoire de tous ces phénomènes dans Tordre de leur arrivée; comme la plus simple manière de donner au lecteur un Trai coup-d'œil du rapport existant entre eux , dont j'ai déjà parlé.
Après avoir examiné attentivement tous les phénomènes de Tété passé , distingué par son haute température , je constatais pendant Tautomne, dans un essai scientifique encore en manuscrit , qu'il y aurait probablement une comète avant la fin de l'hiver , ou en autres mots , qu'en comparant les saisons passées avec la saison actuelle , je trouve la balance des probabilités en faveur de l'appa» riiion d^une importante comète. Heureusement cette opinion se trouvait , je ne sais pas comment, dans un journal, VAnnance^ du 10 Septembre 1842, et par conséquent, on ne dira pas qu'elle était une poH factum prédiction. Le journal, le Nouvelliste^ répétait cette prophétie et je voyais, avec beaucoup de plaisanterie , tt Prédiction de la comète par Tastronome Forster etc. » dans les feuilles. En vérité, j'ai cherché dans le catalogue pour quelque grande comète, dont les éléments devraient promettre son retour, mais ne le trouvant pas, j'avais renoncé, même oublié, cette anticipation, qui a été réalisé, par bazard, quelques mois après, et cela justement au temps que j'avais prédit, comme on verra par les détails suivants.
Pendant que j'arrangeais mes lunettes pour faire des observations astronomiques, dont je me suis depuis longtemps occupé, le samedi 18 Mars 1843, vers les 7 heures et demie, mon attention était fixée par une longue trainée de lumière, ayant guères 1* 15' de lar*
geur et sortant des vapeurs de rhorizon , tout près de rétoile g Eridani et s'éteadant oblique , par la coostellation , vers Lepus, sous Rigel en Orion , et se terminant eu points fins vers b Canis majoris. Les nuages faisaient cependant bientôt disparaître cet intéressant phénomène. La nuit du 20, elle fut enveloppée par une luminosité, dont j'ignore la nature, qui donnait à la ligne une plus grande largeur quelle n*avait, et qui rendait ma première description de la queue cométaire fort imparfaite , et me donnait des doutes si elle était véritablement une comète ou non. Elle était accompagnée encore d'un autre phénomène, avec lequel il est difficile de s'imaginer une connexion directe, et encore une lumière zodiacale , montant de Thorîzon de rOuest , et sur cette occasion , enveloppant èi peu près la constellation entière du Taureau dans son éclair. Cette lumière a été répétée chaque nuit que nous avons vu la comète, mais pas avec la même splendeur. Ce n'était que le soir du 29 que j'ai vu un corps qui semblait être le noyau de la comète ; mais il a été observé par d'autres astronomes dans des lieux plus favorables. A présent on ne doute pas que c'est une énorme comète , dont la périhélie et les autres éléments seront trouvés dans leiir propre place en notre catalogue , dans le supplément auquel le lecteur peut s'amuser, avec le détail de8 observations tirées des journaux : à présent nous examinerons d'autre phénomènes , dans l'ordre de leur arrivée.
La première chose qui arrête mon attention, est la chaleur de Tété 1842, qui montait beaucoup au-dessus de la moyenne, chose que j'ai remarqué aussi l'année 1811 y avant la grande comète de Septembre de cette même année.
S"* La variation de la température de Thiver suivant , au-dessus de la moyenne.
3*" Les vents violents et même les orages pendant le mois de Janvier, et par conséquent des innombrables naufrages et autres désastres sur la mer , les bouleversements des arbres, des bâtiments etc.
4" Les tremblements de terre dans lès ties des Indes Occidentales, ainsi que dans presque tous les pays de r£urope , accompagnés d'une variation de Taiguille magnétique tout-à-fait extraordinaire , dont M. Quetelet a publié les détails*
5"* Les épidémies et les épizooties en plusieurs pays , dont les journaux ont rapporté les précis de temps en temps.
6° La surabondance des étoiles filantes , et cela même dans des saisons où , en général , elles ne sont pas fréquentes.
l"" Plusieurs autres phénomènes extraordinaires , dont les détails se trouvent en bas.
8** J'ai observé une certaine ressemblance entre le caractère des maladies qui ont accompagnées l'approche de la comète actuelle et celle de la comète de 1811, qui était aussi distinguée par sa grande chevelure.
Il est à remarquer îci que la grandeur des queues des comètes, ainsi que leur proximité de la terre, doit être regardé comme une chose qui augmente leur influence, surtoul dans l'hypothèse que j'adopte. Il y a sans doute un grand nombre de petites comètes qui font leur révolution sans produire des phénomènes remarquables et sans arrêter l^llention des hommes; leur influence est probablement peu de chose : c'est toujours des grandes que les historiens se sont occupés. Si nous examinons donc celles-ci , nous trouverons que les phénomènes terrestres
irarient directemeiiA selon la grandeur, la proximité et l'apparence extraordinaire de leur chevdnre,
La queue de la comète , dont Aristote fait mention , occupait le tiers de l'hëmisphère, et par conséquent environ 60*. Elle était suivie par un nombre de catastrophes. Si celle dont parle Justin, cité par Live, dans le second livre , était en vérité une comète , vers ISO avant J.G., elle était terrible par sa grandeur, embrassant presque tout le ciel , suivie anssi de grands événements ainsi que de phénomènes atmosphériques. Celle de Tan 1456 occupait eO"", celle de 1460, plus que 50". Kepler déclare que la comète de 1618 avait une queue de 70". M. Cassini assure , dans son traité , que celle de 1680 , la plus énorme comète qu*on ait encore vue , mesurait davantage. La comète de 1744 s'est montrée avec une chevelure en évantail , composée de plusieurs queues , qui, le 10 février, s'étendait à 30** (*). Toutes ces apparitions étaient accompagnées de désastres terrestres, phénomènes atmosphériques et CBStera.
Il faut remarquer ici j que les queues de comètes se sont toujours montrées plus longues dans les pays méri* dionaux et dans un atmosphère serein. La comète actuelle ^ vue par moi le 20 marsi^ dans une nuit fort brillante, s'étendait quelques dégrés plus longue que dans les nuits suivantes. La légère courbure qu'on a remarqué, dépend de la position de la terre hors du plan de l'orbite de la comète. Dans le Traité de Mairan, ainsi que dans celui de Boscovich , on trouvera plusieurs explications des queues de comètes que je ne répéterai
<^ Traité sur la eomète 4e 1744 , |mt H. Cfaeseau, p. 155, Lausanae. 8«.
pas : Hii mnmbms ex injèrno suo quieqme démet vel addai fidem^
Mais quoique nous n'admettons tout*èhCoup TexpKcation de Hairan, par rapport à Tatmosphère solaire, cependant la coïncidence de celle de cette année , celle de 1^11 et quelques autres arec ta lumière xodîacale, ne doit pas être dépassé sans observation, il est possible aussi que la perte des lâches solaires que j'ai remarqué pendant l'approche de la comète , soit produite par elle. Newton regardait ces astres errotiques comme des por* teurs de la lumière et chaleur au soicil , pour la répara* tion de la consomption journalière; et si à cette idée nous ajoutons celle des orbites paraboliques ou même hyperboliques , on peut s^imaginer que ces comètes traversent le ciel pour consenrer la balance de matière lumineuse parmi les soleils de plusieurs systèmes , et que c'est par leur moyen que les étoiles changeantes sont alternativement augmentées et diminuées en brillance^ comme Algol ^ le Stellu Mira Ceti <et autres. Cette aofiâ* nion n'est pas nouTcUe; Newton dit que c'est ainsi <qus la belle étoile de 1572 a pu paraître soudaiiaiement, étant ranimé par nne abondance de matière nouvelle ^*).
S 12. OBSERVATION ^Ul SOUTIENT MON fiTPOTHiuS FONIBbl SUJEL LES GNAN6KMENT9 »BS ]iTOILSS.
Je vais ajouter ici une observation assez curieuses Depuis plusieurs anuées j^ai remarqué que , non seulement ces étoiles , qu'on appelle variables , changent leur grandeur apparent, mais qu*il y a une variation sensible dans plusieurs autres qui n'ont pas été suspectées , jus-
Mii^ifMW
^*) Idnide , toI. 5, p, 88S.
qu'à présent, d^appiartenir à cette classe d*astres, sur toutes ces étoiles rougeâtres , comme par exemple , Betalgèus, Âldebaran, Arcturus; un peu dé yariation est aussi visible dans les étoiles jaunâtres, comme Capella et cœtera ; pendant que les étoiles bleuâtres , comme Spica Yirginis , Lyra , ne semblent pas se changer , ou au moins elles éprouvent une variation si petite qu'elle ne soit guère sensible.
L'an 1824, je commençais mes observations photo* métriques sur les étoiles , dans l'intention de réformer les catalogues ou d'en composer un dans lequel les grandeurs comparatives des étoiles seraient constatées par une échelle plus exacte. Mais j'ai bientôt trouvé que ce doit être la grandeur moyenne ^ le ciel présentant à nos yeux une variation continuelle qui est probablement périodique. Dès ce moment je suis déterminé d'observer chaque partie du ciel plus attentivement, dans le but de construire des tables de la variation mutuelle des étoiles, dites de la première magnitude. Ayant registre les plus distinguées selon leur grandeur , ou plus proprement leur lustre comparatif dans l'ordre suivant : Sirîus, Arcturus, Capella, Lyra, Procyon, Rigel , Betalgeus, Aldabaran, Regulus, PoUux et cœtera; j'ai répété mille fois des observations pour certifier que cet arrangement était constant , quand je trouve quelques mois après, que Tordre fut changé, et qu'il était Sirius, Arcturus, Capella, Lyra, Rigel, Procyon, Aldebaran, Betalgeus, et cœtera. Peu à peu j "observe qu'un changement mutuel qui était spécialement remarquable entre Betalgeus et Aldebaran. Poursuivons ces observations , je trouve une espèce de période de plus ou moins de lustre , ainsi que l'étoile Aldabaran , par exemple , avait son époque du maximum et du minimum de brillance. Pendant
longtemps j'ai cru que cette chose n'avait pas beaucoup dfimportance , mais un mémoire de mon ami , M. Herschel , qui est connu pour un observateur des plus exacts, dans les mémoires de la société d'astronomes de Londres, excita encore mon attention à ce sujet. Je puis offrir les détails suivants de mes observations faites dans différents endroits, et par conséquent ne pas assujetties à des erreurs purement locales ou dépendant de l'atmosphère d'un pays quelconque.
Dans la table suivante , les lignes || indiquent le nombre de fois que Tétoile précédente soit plus brillante que celle qui suive; par exemple, Sirius qui est toujours à la tête de chaque catalogue , est aussi quatre lignes |||| plus grande que Capella, et comme cela de toutes les autres.
OBSEEVATlOirS FAITES BU ABOLETERBX .
Ordre de Lu$tre des étoiles, AvrU et Mai 1824.
Sirius illl Arcturus | Capella 1 Lyra | Procyon | Rigel Âldebaran | Betalgens | Pollux.
Ordre de Lustre , en Novembre 1824.
Capella | Lyra | Procyon | Rigel | Aldebaran | Betalgens H Pollux.
Nov. 1827. Capella | Procyon =3 Rigel | Betalgeus*=e Aldebaran.
Sept. 1834 a Rome. Arcturus, Capella, Lyra | Rigel Procyon, Aldebaran as Betalgeus.
Jan. 1839 à Schaerbeek. Sirus |]|| Capella | Rigel | Procyon | Aldebaran | Betalgeus | Pollux = Caslorc=^ Regulus >»■ Bellatrix .
tso
lOAuff. 1859. Ârcltirus { Lyra fl Aquila Arided.
BJanv. 1841.Siriuft{|{|Procyon<=»BL%el | Aldebaran «Betalgeus.
j9fafv 1843 m AKaiBf BEES. Capdla ( Rigel { Betal* gein \ Aldebaran.
1 Jamv. à BacFGBS. €apelhi, Lyra ( Pl^ocyon , Bigei \ Betalgeus, Aldebaran.
16/aiif • SiriusH} Rigd , ProcyotiâmBetalgeus , Aldebaran. Betalgeus est plus rouge qu'à rordiaaire, Procyon moins brillant et d'une couleur pâle, dette étoile a la grandeur moyenne de B.^1, mais elle n'est pas aussi claire et étincelante«
aOetSl /0)M'. SirittsfliCapella | Rigd { Pvecyon, Betalgeus \ Aldebaran.
Procyon évidemment devint plus obscure.
17 Fév. Sirius Dl Arcturus f Gapella Lyra , Procyon = Rigel 9 Betalgeus \ Aldebaran ] Pollox.
8 Mars. Sirius |||] Arcturus , Capella , Lyra , l^rocyon , Betalgeus, Kigel | Spica, Atair, Regulus, PoUux, Deneb , Arided.
Je crois que cet ordre ^ soit le moyen, pour ces étoiles. Sans dire plus de cette variation , qui demande encore plus d'observations pour se perfectionner, je demande si leurs cbangements , ainsi que ceux des étoiles dites cbangeanies, ne soient pas produits possiblement par des comètes ou des corps pareils qui ajoutent ou emporteol d'icelles la matière lumineuse?
% 13. L'AimiAu »s sjLT^DEini , A T IL ixk vKcaxBrt PAa invB
coiuItb«
On s'étonne quelquaSois en regardant Tanneau de Saturne , chose unique , da^s notre systôme au moins ,
SI
parmi les phénomènes que nous offre le ciel; et la question suivante arrête naturellement notre attention : Comment cet ann«au s'est il formé? Sans prétendre pouvoir résoudre cette question pour certaine, il me semble cependant que , en attribuant la production de ce ban circulaire de matière lumineuse à des comètes , BOUS ne soyons pas loin de la vérité. Car si nous réfléchissons un moment sur le peu d'attraction exercée par le noyau cométaire , en comparaison avec celle des planètes, il «erait facile de concevoir qu'une comète douée d'une grande chevelure passant tout près de Saturne, la matière composant celle ci peut être attirée par la masse plus grande et plus solide de la planète ^ où , recevant une force centrifugale , elle peut se former en anneau apjdati par une rotation rapide et capable de conserver cette figure. Encore , si cette chose peut arriver une fois* on sait facilement qu'elle est capable d'être répétée et de produire un second anneau extérieur au premier. Je ne dis pas que cette explication soit tout à fait sans objection; mais dans Tabsence d^une meilleure, il est permis de supposer que c*est le moyen employé par la Puissance Infinie , dans la production de ce pfaénomène.
$ 13. 61 LES COldtTBS PBUVBNT QUELQUa^OIS HBURTEB. LA
TEBBB BTG»
Il y a des personnes qui prétendent que probablement les planètes Juno , Cères , Pallas , Yesta ont été autrefois une grande planète, et qu'une comète les a séparé par un coup violent.
L'approximation des nombres 4, 7, 10, 16, (28,) 52, 100, 196 aux distances des planètes, et la probabilité
qai en découle que 28 représente une masse planétaire rompue par une comète en quatre pièces , devenues Juno, Testa , Pallas et Gérés , est fort curieuse : elle porte à croire que c'est de cette manière que les planètes sont détruites, quand le pouvoir productif de leur surface est épuisé; car il n'est pas probable que la terre, par exemple, pourrait soutenir des générations d'habitants h rinfini. Le choc, en changeant les conditions, les mélanges etc • peut donner naissance à une autre espèce d'êtres? Ceux qui ont des idées cosmogoniques tirées des Indes, pensent que les étoiles changeantes et même les étoiles rouges sont en progrès de destruction , et que celles qui sont devenues fort brillantes avant de disparaître , ont été brûlées et dissipées encore en matière chaotique pour servir à faire d'autres systèmes. Mais en tous les cas il faut admettre une cause première et finale : sans cela , tout serait confusion. Mais avec cela nous pouvons nous confier , sans inquiétude , dans la bonté et l'intelli* gence de la cause infinie.
§ 14. CATALOGUE DE QUELQUES GOUTTES AVANT l'ÂBB
GHRÂTIEirNE.
Après un moment de réflexion , on serait convaincu que la véritable histoire ne remonte pas très haut avant l'ère chrétienne , et que tout ce qui est recordé avant la captivité des Israélites en Egypte est fort douteux; pendant que ce qui se rapporte à une époque plus réculée que le déluge , est matière de tradition. Les meilleurs ouvrages sur les faits de l'antiquité sont : L^art de véri" fier des dates; L* astronomie ancienne de Baillie et de Costard, et quelques chronologies anciennes et modernes. Il y a aussi quelque chose de très curieuse dans le
mémoire de M. Dupuis sur V origine de tous les cultes; dans VOEdipus Judaicus de M. Will, Drummond et dans le Traité de Lalande sur F origine des constellations. Mais il ne faut pas trop se confier à ces écrivains; le savant abbé Guerrin de Rocher a bien repondu aux rêveries de ces auteurs, dans son ouvrage Sur les temps fabuleux, que j*ai essayé d'expliquer dans mon poème philosophique de Pan or a Pastoral of the First Age. 8"*, 1841. Enfin nous ne savons pas beaucoup de Tanoienne histoire, surtout sur Fastronomie. Mais dans le cas où notre science peut ajouter l'histoire sainte sans contredit aux vérités physiques, il est bien de s'en servir» comme j'ai essayé de faire dans le catalogue des comètes avant J. G. que j'invite tous mes lecteurs à lire , fortifiés comme toujours de cette modestie dans des choses abstraites que le sujet demande , et se rappelant les derniers mots que l'historien raconte de M. La Place, qui après toutes ses recherches astronomiques , et même pensant encore aux cieux qu'il avait si bien examinés , disait en mourant: « Ah! mes amis, ce que nous connaissons est bien peu , ce que nous ignorons est immense !
Il est connu que Lubienenski , dans son gros volume intitulé Theatrum Cometicum, a donné un catalogue des comètes correspondantes à presque tous les grands désastres et événements moraux dont l'histoire fait mention. Doutant de l'authenticité de plusieurs des comètes registrées là , je ne donne qu un petit extrait, recueillant celles dont l'existence est confirmée par des écrits his-^ toriques ou rendu probables par le calcul.
ANZféES DES COMÈTES DESCIVIPTION DBS COUBTES ET aBUJLBQUES. AYAIITJ.G.
2540. Comète de Newton (*) ou celle de 1680; déluge général selon les traditions et la bible. 1897. Grande comète; Sodome el Gomora brûlées. ... ? Au temps dlsaac famine générale.
1707. Vue en Arabie, rotae similis, famine de Joseph etc.
1764. Comète de Newton , déluge d'Oxyges, la planète Vénus change son orbite?
1515. Comète observée en Egypte , peste de Pharoé , pendant la captivité dlsraêl, les pyramides bâties.
1 194. Comète de Newton , belfum^Trojanum, Ehc-
tra una pleiadum perduta. — Ovid.
619. Comète de Newton, Stella cadens SibiihB. 525. Comète à grande queue, observée en Chine;
tempore Cambyses.