‹ Essai sur l'instruction publique, et particulièrement sur l'instruction primaireChapitre 25 sur 58 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Communauté des Ecoles chrétiennes.

L'institut de M. de La Salle n'est pas le seul qui se soit consacré au service de la jeunesse pauvre et abandonnée.

Nous devons rendre la même justice à une autre institution qui s'est proposé le même but, a montré le même dévouement ? a éprouvé d'aussi grands obstacles , et se trouve aujourd'hui soumise aux mêmes lois sur l'instruction publique.

En 1 7 1 1 , un pieux ecclésiastique de Paris fit don à l'Hôtel-Dieu de cette ville de trois maisons situées dans le faubourg Saint- Antoine , à la charge de payer tous les ans une somme de quatre cent vingt francs pour entretenir un maître d'école qui instruirait lesenfans des pauvres du quartier.

Ï)e9 1712, le curé de Sainte - Marguerite ajouta d'autres écoles à cette première.

En 1758, grâce au zèle infatigable de M. l'abbé Tabourin , que l'aspect de l'ignorance, où le peuple était plongé, pénétrait > comme M. de La Salle, d'une profonde douleur, la communauté comptait déjà dix-sept écoles. Le nombre s'en •était accru, d'année en année, à mesure que leurs services avaient été mieux appréciés ; et un célèbre lieutenant de police en exprimait sa satisfaction , en disant que depuis l'établissement de ces écoles, la police du faubourg Saint - Antoine lui coûtait 3o,ooo francs de moins qu'à ses prédécesseurs (1).

Ces écoles, ainsi que la fondation originaire de 1711, ont subsisté jusqu'en 1794. A cette époque , tous les instituteurs remirent les clefs de leurs classes aux dilférens comités de bienfaisance , qui voulurent bien leur témoigner des regrets.

La communauté s'est relevée depuis une douzaine d'années {2).

(1) Mémoire historique sur la communauté des Ecole* chrétiennes du faubourg Saint-Antoine, par Renault, ancien instituteur. ( Gal an 12»)

(2) Elle a maintenant son chef lieu d ma la rue Saint- Jacques, n° 169 , sous la direction du FrJ re Hureau, supérieur-général.

Elle esf principalement soutenue par une association volontaire de quelques vertueux citoyens , qui pourvoient généreusement à tous les frais , et procurent ainsi l'éducation gratuite à un U'ès-grand nombre de pauvres enfans.

Du reste , l'abbé Tabou rin n'avait point voulu que les anciens Frères fissent des vœux , qui les auraient liés à la communauté, et la communauté à eux. Il redoutait un engagement de cette nature , qui eût fait perdre à la communauté la liberté de renvoyer un sujet peu convenable , à chaque Frère la liberté de se retirer. A plus forte raison , ne sont-ils pa retenus aujourd'hui par cette espèce de liens religieux.

Ce qui les lie , c'est uniquement une volonté constante de se dévouer, pour l'amour de Dieu, à l'instruction et à l'éducation chrétienne des enfans , surtout des enfans pauvres.

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