‹ Essai sur l'instruction publique, et particulièrement sur l'instruction primaireChapitre 30 sur 58 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Détails de la méthode suivie dans la Com

munauté.

lN otJS retrouvons ici les principes, et , en grande partie, les usages que nous avons remarqués clans l'Institut des Ecoles chrétiennes. C'est le même esprit de foi et d'amour envers Dieu 3 la même tendresse pour lesenfans, et le même désir d'imiter, à leur égard, l'inimitable charité du divin modèle. On voit enlre les Frères la même union fondée sur un humble sentiment de soi-même , et sur l'estime réciproque. La même subordination soumet les novices aux maîtres, et les maîtres au Supérieur-Général; elle est inspirée à tous, et rendue facile par cette maxime éminemment chrétienne : Que tout pouvoir prend sa source en Dieu.

Si l'on voulait trouver quelque différence

entre les deux sociétés, on pourrait dire que l'esprit de soumission a dicté les règles du premier Institut, mais qu'il a su faire aimer le joug qu'elles imposent ; et que l'esprit de liberté a présidé à la rédaction des statuts de la seconde communauté, mais qu'il a su faire respecter les limites naturelles et nécessaires dans toute association, la lot et le règlement, qui sont d'autant plus goûtés et d'autant mieux suivis qu'ils sont considérés comme Y expression de la volonté de tous les membres.

Du reste , les uns et les autres ont le même soin de diviser et de subdiviser les enfans suivant le degré de leur instruction réelle; la même attention à faire suivre en même temps la même leçon par tous les élèves d'une même force; la même habileté à tirer parti des enfans les plus sages et les plus instruits, pour maintenir la discipline et pour hâter les progrès des études.

Et il y a long-temps que cette dernière coutume est établie parmi eux, comme parmi les Frères de M. De La Salle.

Dans le mémoire d'un ancien Frère , que nous avons cité au commencement du 19 chapitre, ou lit ce passage : « Il y avait dans

(i4jl.)

chaque école quatre enfans en charge pour y maintenir le bon ordre, savoir un censeur, un sous- censeur, un bibliothécaire et un portier. Ces charges étaient des récompenses de l'application et de la bonne conduite : ceux qui en étaient revêtus, jouissaient de divers privilèges* Le censeur était à la tête de l'école , et comme le premier représentant du maître. Toutes les autres places de l'école étaient plus ou moins honorables, suivant qu'elles approchaient plus ou moins de la sienne. Par ce moyen, et par les récompenses de livres, d'images, d'exemptions, de bons points, et par des assistances bien appliquées , on excitait de l'émulation parmi les enfans, tant pour les avancer dans les sciences qu'on leur enseignait , que pour leur rendre la vertu aimable. Ou faisait ainsi tout concourir au succès du travail. Le supérieur faisait tous les mois la visite de toutes les écoles, pour examiner le progrès des enfans. Cet examen fait, et le maître entendu sur l'application et la bonne conduite d'un certain nombre d'enfans, et sur la négligence et inconduile de quelques autres, il distribuait les récompenses et les répressions. 11 faisait monter ccuxfcqui en étaient capables, des petites classes

aux moyennes y et des moyennes aux grandes, » (1)

Heureusement, tout ce que cet ancien Frère racontait, il y a i5 ans, en pleurant sur les ruines de sa communauté, tout cela est rétabli , etsousledouxetpuissantabridu trône légitime, sous la tutelle et la direction de l'Université de France, tout ce qui est bon à la jeunesse, tout ce qui favorise, propage et perfectionne l'instruction, tout ce qui adoucit et améliore la destinée des peuples, est rétabli pour toujours.

(1) Mémoire du sieur Renault, eu germinal au 12,

UUUlUMMMl

wwi^vvwwiwwmimvvwiww^twitimtvwtvww^

Page 1