‹ Essai sur l'instruction publique, et particulièrement sur l'instruction primaireChapitre 6 sur 58 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De T Enseignement simultané (i).

Le principe de cette nouvelle méthode fut trèssimple en soi.

M. De La Salle était vivement louché des imperfections de l'ancienne routine, suivantlaquelle un instituteur pouvait réunir autour de lui tout au plus une cinquantaine d'enfans, et se voyait obligé de ne donner à chacun d'eux qu'une leçon de quatre à cinq minutes.

« Il considéra chrétiennement, dit la bulle

(1) M. ITamel, conseiller aulique en Russie, vient de publier un ouvrage intéressant, où il donne 1 histoire de l'introduction et de la prop gation de la méthode de l'enseignement mutuel. INous regrettons qu'il ne soit pas entré dans son plan de s'étendre davantage sur l'enseiment simultané, dont il ne dit qu'un mot; il n'a pu donner en conséquence qu'une note très -courte aux Frères des écoles chrétiennes. Nous espérons démontrer que huis procédés ont été la source féconde, et comme l'archétype de tous les perfectionnemens modernes.

a d'approbation du pape Benoît Xllï , le nom- (( bre infini de désordres que cause l ^ ignorance > « origine de tous les maux, surtout parmi ceux « qui, accablés de misères, ou pratiquant, pour « vivre, des arts mécaniques , n'ont aucune con- « naissance, non seulement des belles-lettres, « faute de pouvoir s'y appliquer; mais, ce qu'il « y a de plus fâcheux, ignorent le plus souvent « les élémens de la religion chrétienne fi). »

Il lui parut qu'il était conforme au véritable esprit de cette religion divine , de répandre l'instruction dans toutes les classes de la société , et principalement dans celles qui sont les plus «*> — — — ■ i i i — — — «p» ii iii — »— — — — — » — — ^»

(1) Ceci est extrait de la traduction qui accompagne la bulle dans le Recueil des règles et constitutions , publié à Rouen , en 1787; mais cette traduction n'est point parfaitement exacte: c'est pourquoi nous donnons aussi le texte latin.

«PiusDei famulus, Joannes-BaptistaDeLa Salle, pie considerans innumera quse ex ignorantia , omnium origine malorum, proveniunt scandala , pr.esertim in illïs

QUI VEL EGESTATE OPPRESSI, VEL FAERILI OFERI , UNDÈ VI-

tam eliciunt, operam pantes , quarumvis scientiarum Immaiiarura , ex defectu œris impendendi, nonsolùm penitùs rudes, sed , quod magis dolendum est, elementa religionis christianœ persœpè ignorant. »

On trouvera la bulle entière dans un des chapitres sulvans

( '5) laborieuses et les plus indigentes; et heureusement inspiré par celte pieuse et noble pensée ^ il imagina une méthode qui permettait à tous les enfans d'une même école, ou du moins à tous le3 enfans d'une même division, de recevoir en même temps la même leçon, Les Ecoles chrétiennes furent établies.

Que M. De La Salle eût fait un pas déplus, qu'il eût donné plus de développement à cette autre idée (perfectionnée depuis par deuxFrançais, M. Herbault, en 1747, et le chevalier Paulet , en 1772 ) , qui consiste à faire opérer simultanément toutes les divisions, sous la direction immédiate d'autant de maîtres particuliers pris parmi les enfans eux-mêmes, la méthode de l'enseignement mutuel était trouvée dès 1680; c'est elle qu'on défendrait aujourd'hui contre la fureur des innovations.

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