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Ces frairies étaient surtout répandues dans les cam-: pagnes où elles constituaient des espèces de corporations rurales, comme la Frairie de Pouldu {près Quimperlé), de Drefféac, ete... mais on en relève aussi des exemples dans les villes.
À Quimper, la Frairie de Saint-Eloi, ou des Gens du marteau, comprenait tous les individus exerçant « lesdits métiers de maréchaux, arquebusiers, serruriers, espronniers, Couteliers, grossiers, selliers, carossiers, guesniers, coffretiers, malliers, cloutiers » (4), résidant dans la ville. Klle vécut plusieurs siècles sans avoir rédigé ses statuts et ce n’est que le 16 décembre 1678, qu'elle se résolut, pour échapper à l'ingérence royale, à écrire des statuts « consentis par MM. les gens du Roy et autorisés par MM. les Juges et confirmés par le Roy ». En les examinant, on peut facilement s'apercevoir que cette frairie était une réunion de gens appartenant aux diverses corporations et analogue à nos unions de syndicats actuels. Lors de la construction de la cathédrale de Quimper, l’on trouve également une confrérie des maîtres des arts (magistrorum artium) fondée dans l'évêché de Léon et « qui choisissait ses éléments dans toutes les villes et paroisses du diocèse et dans la portion la plus intelligente du clergé, de la noblesse, des ouvriers, dont les travaux relevaient du domaine de l’art » (2). Le bureau de la confrérie se composait d'un président (abbas), d’un procureur, d'un secrétaire (souba), d'un greffier (baillus) et d’un trésorier. Elle comprenait, au moment où son existence nous est révélée par un cahier, en 1618 (elle existait
(1) M. le Chanoine PEyroN a publié en 1886 (Quimper, imprimerie de Kerangal) une brochure intitulée « La Frairie de Saint-Eloi ou des gens du marteau à Quimper », dans laquelle il expose, suivant des documents recueillis aux Archives, les statuts de cette frairie, d’où nous extrayons cette énumération.
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certainement bien avant !), 123 membres, dont 79 appartenaient au clergé, 29 à la noblesse, 3 à la magistrature et 14 au tiers-état.
Enfin, certaines confréries s'occupèrent, un peu plus tard, aussi, de prévenir les conflits. {A Roscoff, la confrérie Saint-Eningan fut fondée en 1612 pour éviter les procès ruineux, par appel préalable à un arbitrage accepté d'avance par les confrères, sous la foi du serment et confié à trois personnes de ladite confrairie. » (1)
Malheureusement, corporations et confréries se laissèrent peu à peu détourner de leur but et constitution primitives. Le monopole, le chef d'œuvre, les lettres de maîtrise, les règlements ridicules attentant à la libre concurrence, l'ingérence royale, et tous ces abus que nous avons indiqués, avaient produit à la fin du xvin* sècle une corporation totalement différente de celle du xrrr° siècle. Les confréries devinrent l’occasion de réunions tumultueuses et attirèrent sur elles les foudres de l'Eglise, puis du roi. Il est vraiment regrettable que l'organisation professionnelle n'ait pas conservé ses formes et ses caractères primitifs, que nous allons brièvement indiquer.
(1) PEYRON. — Testaments et fondalions anciennes d'un caractère original propres à jeler du jour sur les mœurs des temps passés, (Saint-Brieuc, 1896. Prudhomime., éditeur)