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CE QU'ETAIT LA CONFRERIE

A côté des corporations fonctionnent les confréries composées de gens de même métier s'unissant pour prier les morts et se procurer aide et assistance mutuelle.

En principe, à la fin du x: siècle, chaque corporation était doublée d'une confrérie souvent d'accès plus large car elle comprenait des gens de toutes conditions et les anciens patrons ou ouvriers trop vieux pour tra vailler.

La confrérie, à son apogée nous apparaît surtout comme une merveilleuse société de secours mutuels fondée pour s'occuper des intérêts tant temporels que spirituels de ses membres (1). Peu à peu en effet, les gens de métier qui se réunissaient d'abord uniquement pour prier s'étaient sentis pris de pitié pour les orphelins et les « pauvres vieilles gens du métier » et s'étaient imposés des cotisations pour les secourir et même les hospitaliser.

Certes les artisans éprouvaient une véritable joie à se réunir annuellement dans un grand banquet pour fêter le saint sous le patronage duquel la confrérie s'était placée. Mais là n'était pas le seul but de leur associa-

{) M. le Chanoine PEYRON, vice-président de la Société archéologique du Finistère, à publié en 1895 une courte brochure intitulée « Notre-Dame du Mur, el la confrérie de la Trinité, à Morlaix », où il nous révèle l'existence d'une confrérie de la Trinité, fondée par le vicomte de Léon, en 1110, et transférée depuis par les ducs de Bretagne en l'église de Notre-Dame du Mur en 1295 « pour le bien du commerce avec pouvoir de nommer tous les ans trois abbés experts en l’art de tisser pour faire les visites des toiles qui se débitent audit Morlaix ».

Il énumère ensuite les conditions de cette confrérie, d'après le catalogue d'Albert Legrand, p. 311.

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tion et les abbés élus par eux avaient d’autres foneions que celles du ministère sacerdotal.

Ils devaient aller distribuer au domicile des confrères non seulement des secours spirituels mais des sommes d'argent provenant du budget de la confrérie. Ils se rendaient également dans les boutiques voir s'” «n'y régnaient pas la fraude et la malfaçon », (1) et ces droits de visite étaient pour les confrères non seulement une sauvegarde des intérêts de leur commerce mais une source de revenus pour la confrérie.

Chaque confrérie possédait sa chapelle ef sa caisse de bienfaisance qui, alimentée par diverses cotisations (2) ou amendes, secourait les membres pauvres ou faisait apprendre le métier aux enfants orphelins de membres de la corporation.

Nous rencontrons en outre en Bretagne seulement une institution assez analogue mais plus complète : c'est la Frairie. « Groupée presque toujours autour de sa chapelle, ayant pour point de ralliement l’image d'un pairon vénéré, chacune de nos frairies, en Basse-Bretagne : Breuriez, ou réunion de frères, forma dans l'esprit de nos ancêtres comme une véritable communauté, comme une sorte de famille nationale et religieuse composée de tous les chrétiens descendant des hommes d’un même clan. » (3)

(1) M. PEYROoN, dans la brochure précilée, déclare (page 29) que les abhés devaient examiner si les loiles étaient confectionnées dans les conditions de largeur et de quanuilé de fil exigées par les règlements.

Les abbés des confréries nous apparaissent done comme des auxiliaires des prud'hommes où jurés.

(2) M. Favé, dans une brochure intitulée « Bourgeois et gens de métiers de Carhair », nous indique les sources de revenus de la Frairie Saint-Eloi, de Carhaix. Ce sont : 1° un cour], dit de la Douve, dont saint Eloi était rentier : 2° des redevances dûes par les confrères, pour couvertures de boutiques ; 3° les offrandes des marchands forains.

(3) Associalion Catholique. Numéro du 15 juillet 1883. Les frairies où corporations rurales, par le Comte pe L'Esrour- BEILLON,

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