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sions mixtes étant aujourd'hui encore réclamées comme l’une des plus intéressantes applications de l’organisation professionnelle de l'avenir par la majorité de ses partisans.
Pendant ce temps, de nombreuses sociétés de secours mutuels s'étaient encore formées mais, malgré la fondation de l'Union Ouvrière en 1848, et la loi de 1850 qui les reconnait d'utilité publique, les ouvriers les abandonnèrent momentanément pour cacher leurs groupements sous la forme de coopératives de producton et de consommation vers lesquelles un engouement extraordinaire portait tous les travailleurs ! |
Créées vers 1830 sous l'impulsion de théories socialistes par des hommes de valeur mais d'esprit peu pratique, qui rèvaient d'apaiser les conflits du capital et du travail en confondant l’un et l’autre, elles avaient médiocrement prospéré, lorsque l’Assemblée de 1848 attira l'attention sur elles en votant en leur faveur un prêt de 3 millions. Malheureusement l'éducation sociale de la masse ouvrière n'était pas encore suffisante pour assurer le triomphe de ces coopératives et, minées par les théories socialistes de la majorité de leurs membres, mal vues du Gouvernement Impérial pour cette raison même, elles ne réussirent pas à se {transformer en associations professionnelles et disparurent presque toutes. (1)
Vers cette époque, le mouvement d'organisafion:de la classe ouvrière fut d'ailleurs suspendu par suite de l’arrivée au pouvoir de Napoléon III qui, contrairement à
(1) En 1848 la coopérative des failleurs d'habifs comprenait 80.000 ouvriers et l'Association des menuisiers débute avec 400 membres. L’A/manach des Associations ouvrières pour 1850 donne une liste de 178 associations coopératives, qui, plus tard, se cachèrent sous la forme de sociétés civiles d'épargne et de crédit mutuel, dont la Société de crédit au travail, tombée le Z novembre 1878, restera un exemple malheureux. (Voir Association professionnelle ouvrière, op. cit. p. 213).
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toutes les espérances se montra. durant neuf années, très autoritaire et très dur à l'égard des groupements ouvriers.
Toutefois, à partir de 1860, il changea brusquement de tactique et les syndicats ouvriers datent réellement de la fin de l'Empire. De 1860 à 1870, les associations professionnelles ouvrières se dégagèrent des formes qu elles avaient jusque là adoptées et s'aïfirmèrent nettement au grand jour. Les travailleurs exerçant le même métier constituèrent de nombreuses chambres syndicales, chargées de veiller comme celles des patrons aux intérêts communs résultant de l'exercice d'une même profession, et qui, tolérées par le Gouvern:ment, se développèrent vite malgré l'opposition qu'elles rencontraient soit dans les sociétés de résistance à forme ancienne, soit dans les sociétés rivales de production ou de crécil.
Presque tous ces syndicats s’affilièrent à l'Association internationale des Travailleurs fondée en 1865 à Londres par Karl Marx et groupant des milliers d'adhérents de tous les pays réunis dans le but d'améliorer les conditions générales du travail. Malheureusement cette Association, après s'être maintenue quelques années sur le terrain professionnel ef avoir fourni d'excellents résul'ats en poussant les travailleurs à s'organiser professionnellement et à s'unir pour la défense de leurs intérêts communs, se laissa entraîner hors de sa véritable voie par les tencances révolutionnaires et socialistes de ses chefs. Aussi le Gouvernement Impérial fut-il amené à exercer ses rigueurs envers les synciqués français.
Indigné; du rôle joué par la plupart de ses membres qui, oublieux du but de leur Association csèrent, malgré la présence de l'ennemi en France, prendre une part active aux tristes évènements de la Commune, les légisiateurs de 11 Troisième République votèrent le 14 mars 1872 une loi ordonnant la dissolution de l’Internationcte:
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La plupart des groupements ouvriers, étant reliés plus ou moins directement à l'/nternationale, disparttrent par suile du vote de cette loi. Le mouvement st intéressant d'organisation professionnelle que nous avons constaté semblait devoir être paralysé par les inetrutons sévères données aux parquets et l’application stricte de l'article 291 du Code Pénal.
Peu à peu, cependant, l'on vit surgir de nouvelles associations. Grâce au concours désintéressé d'hommes dévoués (1), grâce aussi à la réunion de nombreux congrès et à l'envoi de délégués aux diverses Expositions Universelles, les travailleurs réussirent ainsi, malgré les divisions introduites par la politique, à s'organiser de nouveau. Au mois de mai 1872, quinze syndicats parisiens étaient rétablis et à la veille de la promulgation de la loi du 21 mars 1884, les rapports de la préfecture de police constataient l'existence à Paris, de 237 chambres syndicales avec 50.000 adhérents et en province de 350 groupements (2).
Les législateurs de la Troisième République se rendirent alors compte de l'anomalie qui existait entre le développement de ces associations, tant patronales qu'ouvrières, et leur nullité légale. Le 21 mars 1884, complétant par une nouvelle loi l’œuvre commencée en 1864, ils proclamaient la liberté d'association professionnelle et reconnaissaient l'existence d'intérêts communs entre gens exerçant la même profession. [ls inauguraient ainsi une nouvelle ère pour l’organisation proféssionnelle et permettaient à ses partisans, aidés par une législation aux progrès lents mais constants, de tenter quelques applications des plus intéressantes.
(1) Un ancien ouvrier, NI. BARBERET, inspira ce mouvement et son livre intitulé : « Le mouvement ouvrier de 4870 à 1873 (Paris, 1874), nous fournit de précieux renseignements sur l'organisation syndicale ouvrière durant cette période.
(2) Pic. — Traité de législation industrielle, p. 223, (Paris, Rousseau, 1903).