L'ORGANISATION PROFESSIONNELLE ET LES POUVOIRS PUBLICS
Avec l’année 1884, l'attitude des pouvoirs publics à l'égard de l’organisation professionnelle changea aussi complètement que brusquement : désorinais plus de celte hostilité ou du moins de cette indifférence. manifestée par le régime de tolérance tacite, mais au contraire, une reconnaissance pleine et entière de la liberté d'association professionnelle et des mesures encourageant d’une façon manifeste et continue le mouvement syndical. Non contents de permettre, par la loi du 21 mars 1884, aux employeurs et employés exerçant la même profession de £e grouper en organisations patronales et ouvrières, les détenteurs du pouvoir sous la Troisième République se sont efforcés de les rapprocher et de réaliser cet équilibre tant désiré par les partisans de l’organisation professionnelle. Telle a été l’œuvre des législateurs de 1884 et de 1892 d’une part, et d'autre part de M. Millerand, ministre du commerce du cahtnet Waldeck-Rousseau, dans ses décrets de 1899 et 1900 sur les conseils du Travail.
$ Ier, — Erune CRITIQUE DE LA Lor pu 21 MARS 1884 SUR LES SYNDICATS PROFESSIONNELS.
C'est le 21 mars 1884, qu'après bien des discussions et des débats des plus intéressants et des plus mouvementés, fut promulguée la loi-reconnaissant aux nombreuses associations patronales ouvrières ou mixtes, formées cu à former, le droit de naître, vivre ou se développer sans crainte d’être désormais inquiétées. Nous aurions voulu pouvoir étudier dans tous ses détrils cette première manifestation d'organisation professionnelle émanant des pouvoirs publics, mais cela nous
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entraînerait trop loin ét nous nous contenterons d’examiner ici très brièvement-ses caractères généraux et sa portée,