ô, ou dmèg'a en grec
‘ On voit une grande analo^e entre les deux |al-
ART. XXXVUI.OBSERV.'SDR L 'ÂLF A BET HÉBREU. l6l
fâbéts; mais Ühébreu paraît avoir un caractère plus original. H y a cependant une différence es- ‘ sentielle : c’est qu’en hébreu les voyelles sont en quelque sorte un accident (i), au lieu qu’en grec ce sont elles principalement qui expriment la pensée? ainsi que l’explique Platon pour la manière dont l’écriture fut inventée en Égipte (art. XXI ), et les consonnes sont en quelque sorte les simples modifications des voyelles.
Ëusèbe, qui, dans sa Préparation 'évangélique (2), soutient que.les Grecs ont tout emprunté des peuples qu’ils appelaient Barbares, c’est-à-dire des étrangers, applique cette doctrine aux sciences les. plus communes et les plus nécessaires , et conséquemment à l’écriture. Ce qu’il dit sur te sujet m’a paru assez curieux' pour le rapporter en entier. On sait qu’Eusèbe était né dans la Palestine , vers l’an 264 de notre ère ; il savait mieux le grec que l’hébreu, tellement altéré depuis Esdras qu’on ne le parlait plus à Césarée , où Eusèbe était évêque : mais il avait une érudition très -étendue. Il connaissait une foule d’auteurs* aujourd’hui perdus, et il a écrit un grand nombre d’ouvrages. Ses livres de la Préparation et de la Démonstration évangélique forment le traité le plus savant que l’antiquité nous fournisse pour
(ï) Ce n’est pàs l’opinion tle Fabre d’OUvet. Voyez la Grammaire Hébraïqi,ic, p. i 8 .
(2) Livre X, cliap.. 4.
l6a ^USAGE DE L’ÉCRlTnBF. EN GRiCE.
démontrer la fausseté du paganisme et la vérité de la religion chrétienne. La Préparation évan> gélique est compo.sée de quinze livres qui ont paru en i6a8 avec une version et des notes du Jésuite François Vigier, Cette édition grecque et latine n’a pas encore été surpassée , et c’estd’elle que je me sers ici.