‹ Essai sur l'origine de l'écriture, sur son introduction dans la Grèce et son usage jusq'au temps d'HomèreChapitre 47 sur 62 · ART. LUI. PLUSIEURS SAVAHS SUR LE COPTE · texte numérisé non relu

ART. LUI. PLUSIEURS SAVAHS SUR LE COPTE

avons obligation d’avoir montré dans la préface de ses liturgies (i) que la langue copte vient de l’ancienne langue égiptienne.

Le Père Bonjour paraissait destiné à mettre cette vérité dans le plus haut degré d’évidence. C’était un augustin de Toulouse, qui avait de la critique et de l’érudition. Appelé à Rome par le cardinal Noris, ily publia quelques ouvrages, et entr’autres des observations sur les manuscrits coptes conservés (2) au Vatican. Il avaitfaitde trèsgrands progrès dans la langue de ces manuscrits , langue irrégulière, hérissée de difficultés, et composée de plusieurs dialectes, dont il faut démêler le caractère ( 3 ). Le Père Bonjour était venu a bout de la soumettre à des règles; il en avait composé une grammaire, dont l’abbé Renaudot rendit un compte très-avantageux au pape Clément XI, qui l’avait chargé de l’examiner. Un voyage que fil l’auteur à la Chine, où il mourut en 1714» interrompit le cours de ses études, et lie lui permit pas de publier sa grammaire, qui, graceaux soins éclairés de M. le cardinal Spinelli , devait être imprimée à la Propagande ( 4 ); mais il ne parait pas qu’elle l’ait été ( 5 ).

(1) Vie (le M. la Croze. Amsferd. 174' > P- cxui.

* (3) Me'moires de l’Académie des inscriptions. XXXll , 314.

(3) /n monu m. cop. seu Ægypt. Biblioth. yalic. brev. exrvc. Jiom. 1698.

(4) Mémoires de l’Acadécnic des Inscriptions. XXXll, iiü.

(5) Biuj;raphie universelle. Art Bonjour.

a34 USAGE DK l’éciuture i:n GnfeCE.

Deux ans après la mort du Père Bonjour, c’est-àdire en 17 i6,il parut à Leipsick une courte grammaire copte sous ce titre : Fundamenta linguœ copticœ ; auctor Christianus Blumbergus. Lipsiœ , 1716. Chrétien Gotthelf Blumberg, théologien luthérien , auteur de cette grammaire , avait aussi composé un dictionarium linguœ copticœ, qui est resté manuscrit. La même année 1716, David Wilkins mit au jour sa version copte du nouveau testament. C’est le premier livre imprimé en cette langue, et Wilkins rendit un vrai service à la littérature en le publiant. Il voulait l’enrichir encore d’une grammaire et d’un dictionnaire'cople (ij; mais il avait un rival redoutable : Mathurin Veyssière la Croze avait aussi composé un lexique copte. Loin d’estimer l’ouvrage de Wilkins, il fut indigné des méprises de cet orientaliste, et ne vit plus en lui qu’un ignorant plein de vanité. La préface du lexique de la Croze fut imprimée à Brême, in-8®, en 1721; mais la dépense avait- retardé la publication de l’ouvrage (2), qui ne parut que cinquante-trois ans après sous ce titre: ^

Lexicon œgyptiaco-latinum ex veteribus illiûs linguœ monumentis summo studio collectum et elaboror tum à Maturino Veyssiere la Croze , quod in compendium redegit , ità ut nullœ voces œgyptiacœ ,

Mémoires <tc l’académie desloacr. et Belles tettres. XXXIl, aiG. Voyez la siiilc de ce mémoire (l) Hibliathcca fJUtorico-iiliUoIdgivo-theohgica , clasiis F tœ Fascic. IF liim, p. 7i4'7i*î-

ART. LUI. PLUSIEURS SA VANS SUR LE tOPTE. ^35

nullœqiie earurt} signijicationes omitterentur. Christianus Scholtz. Aulœ regiœ Borussiacœ à concionibus sacris, et ecclesiœ reformatœ cathedralis Berolinensis pastor. Notulas quasdnm, et indices adjecit Carolus' Godofredus Woide. Oxonii : ex typographœo Clarendoniano ^ ' 77 ^?

ChristianiSc\io\\z^ Berolin, Marchici ^ aulœ regiœ Borussicœ à concionibus sacris , et ecclesiœ re-. formatœ cathedralis Berolinensis pastoris ; grammatica œgyptiaca utriusque dialecti : quam breviavit , illustraiàt , edidit , Carolus Godofredus Woide , 5 . A. S> Oxonii: etjpographœo Clarendoniano^ 1 77 8, in^4“.

Ces deux volumes doivent être réunis, et forment encore aujourd’hui le meilleur ouvrage que nous ayons sur la langue égiptienne ou copte. L’éditeur, Gharles-Godefroi Woide, sous la date de Londres, des ides d’octobre 1774^ convient que Lacroze est l’auteur du lexique qu’il publie. On annonce à la fin de la préface que Jean Swinton a fait la dissertation qui précède la grammaire, et qui est datée des calendes de juillet 1777. • ,

L’alfabet est dans la grammaire; il diffère peu de celui de Rircher;' seulement on y ajoute la valeur des lettres dans l’alfabet grec, et la valeur

numérique de ces lettres , ainsi que la prononciation anglaise.

23(> USAGE DE l’eCRJTHKE EN GRÈCE.

§ IV

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