‹ Essai sur l'origine de l'écriture, sur son introduction dans la Grèce et son usage jusq'au temps d'HomèreChapitre 60 sur 62 · ART. LXIX. CONCLUSION · texte numérisé non relu

ART. LXIX. CONCLUSION

rence d’un véritable parcbetnin. Son usage est bien plus commode et plus facile que celui du papirus qu’il a dû précéder. Mais M. Delille pense avec raison que d’autres plantes qui ont été connues des Indiens, présentaient un moyen d’écriture plus facile encore, et donnaient lieu de croire, d’après d’anciens monumens, que l’écriture avait passé des Indiens aux Éthiopiens. A quelle antiquité remonte donc l’usage de l’écriture? Elle précède, Homère d’un grand nombre de siècles ; du tems de ce poète, il existait déjà un grand nombre de nations qui l’employaiént, et qui avaient difiérens procédés pour écrire.

Je ne terminerai pas ce Mémoire sans faire encore une observation qui m’a paru essentielle.

Les Arabes ont connu l’écriture comme les Hébreux, les Chinois, les Persans et les Indiens. En effet, nous lisons dans le livre de l’arabe Job; que l’on croit traduit par Moïse, et conséquemment plus ancien que ce législateur des Juifs (i): a Plût au ciel que mes paroles fussent écrites , a qu’elles fussent tracées dans un livre, ou gravées a à jamais sur la pierre et sur l’airain avec un ci- « seau de fer(2)! » L’ami de Job, qui s’exprimait * ainsi, connaissait donc l’usage de l’écriture sur les

(i) .Toh. NicoJaï Funccii rfe icri'pturrf l’clcmiw. Marburgi, tni3, ,, ,

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3oO USAGE DF. l’^CRITURE EN GRÈCE, cliphthères, pour en composerun livre, ou sur la pierre, pour en faire une inscription.

Ce livre n’était pas le seul que Moïse eût connu, et qui ait été composé antérieurement à lui. En effet, cet écrivain cite dans son livre des Nombres Ci) un ouvrage dont il répète les expressions.

C’est pourquoi, dit-il, il est écrit dans le livre des guerres du seigneur : « Comme il a paru en la « mer Rouge, ainsi il paraîtra, dans les torrens O d’Amon. (2) »

Enfin le livre de Moïse lui-même a été composé à une époque antérieure de plusieurs siècles à Homère.

Nos livres religieux s’unissent donc à nos livres historiques pour nous convaincre de l’ancienneté de l’écriture. Vouloir nier cette vérité, c’est vouloir renverser toutes nos croyances historiques ; c’est vouloir en détruire les fondemens; c’est nous condamner à une perpétuelle enfance.

Qu’on me permette encore un argument fort simple, pour prouver qu’Homère a fait usage de l’écriture. S’il est possible qu’un poète ait composé trente mille vers uniquement déposés dans

{1) Cliap. 21 , verset i 3 .

(2) L’abbs de Longuerue ne parait pas avoir connu ce passage dans la dissertation uii il prétend (pie Moïse est le premier qui ait écrit. Voyez le Recueil imprime après sa mort. Genève , 1 769, in-12. L’objet spécial de sa dissertation est de prouver qu'Esdras n’a pas inventé de nonveaus caractères hébreux.

AKT. LXIX. CONCLUSION. 3o I

sa mémoire, sans le secours de l’écriture, on con- . viendra que c’est du moins pour lui un sujet d’é-; loges. Or, nous avons , sous le nom d’ Anthologie grecquje, un recueil en cinq volumes in-quarti> de courtes pièces de vers, sous le nom d’épigrarames, dont un grand nombre sont sur Homère. J’ai pris la peine de transcrire celles-ci. J’affirme qu’aucune d’enlr’elles ne dit rien qui ait rapport. à ce fait surprenant; au contraire, plusieurs affirment qu’Homère a écrit ses deux poèmes. Je me contenterai de citer celle-ci :

Anthologia grœca^ cum versione latitiâ Hug.

Grolii^ édita ah Hier, de Bosch., tome II p. 53 1 .

Titulus XXVII , de poetis epigr. i. de Homeri effigie. . ■*

lià MsXiriTOç Opt-xpe, dû yàp xXeoç Ë>.'Xa^i itaCT)

Kal Ko\o<pôvi TTacTpY) Ôtxaç èç ài^iov ,

Kal Taç ^’àvTtôew xoupaç ,

• Atccàç èx OTYiôétdV Ypa(j;apLevoç ‘

l’jxveî 5’v) jx.èv vocTov ÔâuacTÎoç iroXuTwXaYXTOV ,

Tov iXtaxôv Aap^avtwv TroXeptov.

Voici la traduction de Grotius:

JVa/e Meletis Homere, decus quopatria dante Perpeluum Colophon Græciaque omnis habet;

Cœlesti gemmas sevisti pectore charlas (i).

Char tas ingenii pignora sacra lui.

Hœc tardas mémo rat reditus errantis Vljpssi,

Altéra, Troja quibus carrait, arma canit. '

(i") Peut-être au lieu de charlas il faudrait lire nrhn

302 USA.GIS DE l’ÉCRITÜRE EN GRÈCE.

Cf Homère, filsdeMéiès, tu as rempli Colophon, « ta patrie, ainsi que la Grèce entière, du bruit « de ton nom immortel; deux filles sont nées de « ton divin génie ; ton cœur a écrit les pages de a deux poèmes : Tun nous retrace le retour d’Ü- « lisses après de longs malheurs; l’autre chante la ec guerre des Grecs contre les Troyens.»

. On voit que l’auteur de ces vers n’a pas mis en doute qu’Hornère seul ait composé l’Iliade et l’O* dissée , ni qu’il ait employé l’écriture pour les transmettre à la postérité. Le nom du jK>éte qui a mis cette inscription au bas du portrait d’Homère m’est inconnu; mais il est permis de croire qu’il savait le grec aussi bien que Wolf, et qu’il connaissait aussi bien que ce philologue allemand l’histoire de la littérature grecque.

TABLE DES MATIÈUES.

Sur V usage de V écriture dans la ' Grèce jusqu'au tems d'Homère^ ou jusqu'à Van looo avant

notre ere.

Vagt».

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