PREMIERE EPOQUE
^^ L'ancienne Europe, explorée par les Phéniciens,
*j ne nous a été révélée que par les Grecs. Encore
.^ ces enfants de lumière, habitués à l'éclat d'un ciel
Il pur, aux douceurs d^une brise embaumée, n'ont-
ils guère étendu leurs colonies que sur les côtes de la Méditerranée, qui était pour eux l'Océan, la ceinture de la terre, le grand fleuve de la vie. Au-delà, ils ne voyaient que ténèbres, ils ne rêvaient que monstres et fantômes, les harpjes, les griffons, les géants, Prométhée, symbole de l'audace humaine, enchaîné sur le Caucase glacé ; et lorsque le navire Argo, monté par des guerriers
intrépides, franchit le prenaier le Bosphore et vogua sur le Pont-Euxin, ce fut un événement immense, la découverte d'un nouveau monde, célébrée avec autant d'enthousiasme que les exploits d'Hercule ou de Bacchus. Cette tradition, étendue, agrandie, a servi de texte aux longues erreurs d'Ulysse, et le poète dont les sublimes tableaux résument tous les souvenirs de l'ancienne Grèce, nous peint ce détroit redoutable, accessible aux seuls Argonautes, ces roches Cyanées, image des Dardanelles, appliquée plus tard à la Sicile < ; il nous montre les Cimmériens, relégués aux sources de l'Océan, c'est à dire sur les côtes de la mer Noire et plongés dans une nuit perpétuelle ^. 11 mentionne les Enètes venus de l' Asie-Mineure 3, et nous transporte enfin, dans un ^utre tableau, aux limites lointaines de la Thrace, voisines de la Russie actuelle, où Jupiter se plaît à contempler la vie paisible des peuples nomades que leurs cavales nourrissent d'un lait pur 4. Tels sont les traits
(0 Od. XII. 6i.
(a) évÔxès KiiAixîpioiv xv^pcèv ^yuaôç re ^ôhf xe
•fi^pi x*i vs^iXyj xsxxXu/!AfAiyor > oûdî «fot* a*Jroi>ç
Tfiehoç (^xé^<M)V ^xra^épyLerxi JCKr/veTdrv.
Od. XI. i6.
(3) II. II. 85a.
(4) vôd^iif é^' (W<«'o<7fdX45y ©pifjxijv TLxÔopd^ixevo^ xtxv ,