OBSERVATION XV
Enfin, en troisième lieu, M. Wilks rapporte qu’une femme d'un certain àge, extrêmement affaiblie par une longue maladie de Bright, perdit soudainement la raison, devint agitée, bruyante; cet état dura environ une semaine, la malade: redevint tranquille et mourut plus tard des suites de son atrophie rénale.
Suivant M. Vilks, ces accès de manie seraient dus à l’état épileptique du cerveau, et non directement à l’urémie.
L'auteur ajoute qu'il a vu des troubles cérébraux, moins graves, se produire pendant le cours des néphrites. Un malade était toujours dans un état de divagation, il présentait même quelquefois de l’incohérence. Un autre, sujet à des accès de goutte, délirait de temps en temps, mais il était de plus saturnin, si bien qu’il y a pas mal de circonstances à invoquer comme ayant pû causer des troubles cérébraux.
Ainsi donc, suivant l’auteur, quelque chose de semblable à l'excitation peut accompagner l’intoxication urémique.
Ce qui a attiré l'attention de M. Wilks sur ce sujet, c’est une affaire médico-légale, dans laquelle il eut à se prononcer.
Dans un procès, 1l eut à décider si une altération rénale, constatée à l’autopsie, avait pu occasionner pendant les derniers jours de la vie des troubles cérébraux, et par cela entacher de nullité un testament; M. Wilks et son collègue déclarèrent que le testament devait être valable, et malgré l’objection qui lui fut posée de manie puerpérale accompagnant l’albuminurie, ils ne voulurent pas changer
d'opinion.
ON
Cependant, ajoute l’auteur, depuis ce temps, il a eu motif de croire qu'on peut rencontrer dans l’urémie certaines aberrations d'esprit, et surtout un état maniaque aigu. Pour lui, le terme urémie n'indique pas simplement la rétention dans le sang de l’urée, mais celle de tous les principes de l'urine. É
Comme conclusion, Wilks déclare qu'il hésite encore à attribuer à l’urémie les cas de manie, parce que, dit-il, nombre d’autres causes peuvent se présenter, et aussi parce que de nombreuses observations n’ont pas décrit de tels symptômes comme caractérisant les troubles cérébraux du mal de Bright.