OBSERVATION XVII
Ein Fall von Geiterstorung mit akuten Morbus Brigthi, (Observation de troubles mentaux compliquant une affection brigtique aiguë,) par le D' Frédéric Jolly, privat docent et assistant de la chnique psychiatrique de Wurzbourg. (Berlin, klirn, Wochenschr, 1874. n° 21.)
La malade est une jeune fille de dix-neuf ans, réglée normalement depuis l’âge de quatorze ans, et n’ayant aucune maladie antérieure. Il n’y a pas dans sa famille, d'affection mentale. Sa mère est morte d’une maladie de la moelle, mais son intelligence était intacte. Un frère de sa mère a succombé à une affection brightique à marche chronique. Le début de la maladie actuelle s’est fait brusquement, à la suite du passage d’un air chaud à l'air froid. Dès le lendemain, la jeune personne ressentait du malaise, une céphalalgie très vive et elle dut se mettre au lit. Elle tomba immédiatement dans un état de stupeur profonde, elle ne répondait que très difficilement et très incomplètement, ne touchait pasà la nourriture qu’on lui présentait, se pressait la tète, et s’arrachait les cheveux. Son pouls était ralenti, sa température normale, les pupilles peu contractées, le ventre rétracté. Dans la supposition d’une méningite, on appliqua des vessies de glace sur la tête, et des sangsues derrière les oreilles, sans que cette médication produisit d'amélioration visible. La stupeur ne fit qu'augmenter les jours suivants, la malade se mit à refuser tout aliment, en même temps, il existait de la constipation et de la rétention d'urine, L’urine ramenée par le cathétérisme, était rare, foncée, et examinée quotidiennement dès le
début de l’affe-tionn, ce ne fut qu'au quatrième jour qu’elle commença à renfermer de j’albumine, dont la proportion, d’abord très faible, s’accrut rapidement. Alors le pouls devint fréquent et petit mais la température ne dépassa pas 35°. Il n'y avait trace d’œdéme nulle part. La malade passait la plupart des jours et des nuits, les yeux demi-clos, complètement indifférente à ce qui se passait autour d'elle. Les membres étaient habituellement dans le relachement, mais quand on essayait de lui introduire de la nourriture dans la bouche, ou de refaire son lit, elle opposait une résistance passive. Par moments, elle devenait agitée, cherchait à quitter son lit, se mettait à cricr qu'elle était en feu, et battait les personnes qui voulaient la maintenir, D’autres fois, elle avait des intervalles relativement lucides dans lesquels elie parlait presque raisonnahlement, disant qu’elle était gravement malade et que si elle ne voulait plus manger, c'est parce qu’elle devait mourir. ÂAu huitième jour, apparurert les règles très abondantes et en’ avance d’une semaine, l'état de la patiente n’en fut pas modifié, seule, la faiblesse, déjà très grande, augmenta considérablement.
: Le douzième jour, on la fit transporter dans un service d’aliénés.
La première nuit qu’elle y passa fut tranquille, mais l’insomnie absolue.
L'urine, qui contenait beaucoup d’albumine, fut examinée au microscope qui y révéla la présence d'une quantité de cylindres hyalins et granuleux (sans globules sanguins). Dès lors, on recourut à l'alimentation arüficielle, au moyen d’une sonde œæsophagienne introduite par le nez. Le surlendemain de son admisssion à l'hôpital, elle fut prise, dans l'après-midi, d'un accès d’agitation violente pendant lequel elle appelait ses parents, s’écriant qu'elle étart en feu ; ou eut beaucoup de peine à la retenir dans son lit: même accès les deux jours suivants. Dans cette phase aiguë, bien que la malade reposàt la nuit, sa température était plus élevée le matin que le soir. L'albuminurie dura trois semaines : à la rétention d'urine et des matières fécales succéda leur incontinence. Jamais de convulsions. Pas de vomissements, sauf quelquefois immédiatement après l’injection des aliments par la sonde, Parfois, la nuit, la pa-
tiente quittait soudain son lit pour courir rapidement à la porte, ou
bien, couchée, elle prêtait l'oreille comme si elle entendait quelque chose d'effrayant. Dès le trente-cinquième jour, on n'eut plus besoin de lui faire passer la sonde œsophagienne, elle acceptait les aliments sans les prendre elle-même encore. Elle faisait encore ses besoins sous elle, mais appelait l'infirmière chaque fois qu'elle s'était salie. Puis on obtint d’elle quelques réponses pleines d’hésitation, elle déclara qu'elle avait peur, que sans cesse celle s’entendait injurier, ct qu'on voulait l'assassiner. Mais bientôt elle rentrait dans son état de stupeur; d’ailleurs, elle était ü-op faible encore pour se tenir sur ses jambes. Les urines, souvent examinées dès lors, ne renfermaient plus d’albumine. .
- Au bout d’un mois et demi de maladie, l’amélioraüuon devint très notable. La patiente reconnaissait ct nommait les personnes qui l’entouraient ; néanmoins, son humeur était toujours inquiète et elle avait encore de fréquentes hallucinations auditives. Pendant cette période, on dut encore souvent lui introduire les aliments dans la bouche, et prendre pour elle les soins de propreté nécessaires. Au commencement du troisième mois, nouveaux progrès vers la guérison. La malade peut rester debout pendant la plus grande partie de la journée, et bien qu’elle eût encore de lom en loin une hallucination de l’ouïe, son humeur devint plus enjouée et ses manières plus naturelles. Il ne lui restait plus qu’un souvenir confus des choses effrayantes qui l’avaient menacée. A part un peu de céphalalgie et de l’impressionnabilité aux bruits son état était redevenu normal, lorsque, après deux mois et demi de maladie, elle sortit de l’hôpital. Six mois plus tard, l’auteur ne retrouvait chez
elle aucune trace de sa maladie.
Notons tout d’abord la prédispostion, la mère de la malade n’était pas aliénée, il est vrai, mais elle est morte d’une maladie de la moelle; la température ne s’est pas élevée, ce qui, ce nous semble, devait éloigner l’idée d’une méningite. Signalons cette variabilité des symptômes, la facilité avec laquelle des intervalles lucides succédent à des périodes de grande agitation.
PU
Les hallucinations ont porté uniquement sur l’ouïe, elles ont probablement été terrifiantes et ont contribué beaucoup à augmenter l'excitation de la malade. Avec l'absence d'œdème apparent, nous constatons cette longue durée des troubles auditifs, ce qui semblerait donner raison à la théorie de l’œdème du nerf auditif causant les bourdonnements d'oreilles (Rosenstein) et les hallucinations; d'autant plus que les altérations de la vue chez les brightiques sont imputables à une sorte d'œdème inflammatoire de la papille.
Ce qui montre bien que les deux nerfs sensoriels principaux, optique et auditif, agissent vis-à-vis de l’urémie exactement de la même façon et déterminent ou des altérations quantitatives dans la fonction (Dieulafoy), ou bien des aberrations psychiques jusqu’à un certain point comparables aux hallucinations.
A la suite de cette observation. le docteur Jolly en rapporte quatre autres dues à Hagen.