‹ Essai sur l'urémie déliranteChapitre 26 sur 51 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

Enfin, dans le quatrième cas, Hagen rapporte l’histoire d’un jeune homme atteint d’une nécrose du bras. Ce malade devint albuminurique, et peu après il fut pris de délire religieux avec mélancolie active; il succomba avec des symptômes d’urémie. A l’autopsie, on trouva des reins brightiques.

OBSERVATION XXIL. (1)

Confiseur de 43 ans, sans antécédents morbides ni hérédité mentale, amené pour une affection brightique a l'hôpital de Brême, le- 27 janvier 1873. Il se trouve déjà à un stade très avancé de Ba maladie, et son amaigrissement est extrême. Œdème des pieds et ascite peu intense. Pas d’hydrothorax. Excrétion médiocre d’urime et d’albumine. Hypertrophie très considérable du ventricule gauche avec souffle systolique. Pas de troubles dans la circulation pulmonaire. Apyréxie. Rétinite caractéristique avec atrophie partielle et scélérose des fibres nerveuses, flexuosités, épaississement et hÿpérémie des veines, trouble grisätre de la papille, hémorrhagie et coloration blanchätre au pourtour de la tache jaune,

Au moment de l'entrée et durant quelques jours qui suivirent, état mental du patient parfaitement normal. Mais au bout d’une huitaine, apparition d’un accès maniaque, sans prodromes appréciables, Placé sur son séant, le malade est d’une gaîté folle, il jase et rit continuellement, et lorsqu'on lui demande la cause de sa joie, il déclare rire des gens qui de la fenêtre et du plafond exécutent des grimaces si comiques. Pour tout le reste, l'intelligence du sujet est demeurée nette. Cette exaltation joviale ne dura pas. Dès le lendemain, les hallucinations avaient pris un caractère sombre et menaçant. Le malade voyait des individus se jeter sur lui pour le battre et le tuer. Souvent il poussait des cris et se jetait en bas de son lit pour échapper à ses bourreaux. Puis, bientôt, les haïlucinations visuelles parurent s’évanouir, et le patient se calma. Mais alors survinrent des idées fixes de persécution qui persistèrent jus-

(1) Ueber Geisteskrankheiten nach Bright’scher Nierenentartung. (Des affections mentales, suite du mal de Bright) par Scholz (de Brême). Berlin, klin. Wochen, n° 41 p. 588, 1876.

Page 1