OBSERVATION XXIV
Une femme, 35 ans, jusque là bien portante, après avoir présenté un certain degré d’excitation cérébrale, se montre abattue, stupide, négligente, incapable de remplir ses fonctions d’institutrice.
À la suite d’une attaque, il persiste de l’affaiblissement du côté gauche. Cinq ans auparavant, dans une tentative de vol, la malade avait reçu un coup violent sur la tête, du côté droit ; elle avait perdu connaissance. En août 1879, la malade parle d’une façon incohérente, se croit poursuivie, se montre inquièle, vorace, quelquefois violente et insoumise ; elle présente des hallucinations de la vue et de l’ouie, et parfois des crises cataleptiques. Elle se plaint de dou- Jeurs dans le côté droit de la tête et dans les globes oculaïres, surtout à droite. Les pupilles sont très dilatées, la vue faible, plus faible à droite qu’à gauche; l’examen ophtalmoscopique fait voir de la névrite du nerf optique des deux côtés, névrite plus prononcée à droite. Plus tard, se montrent des vomissements violents, la céphalée augmente; les phénomènes psychiques diminuent progressivement. L’urine, très abondante, est très riche en albumine.
En février 1880, la névrite optique se montra très prononcée, les papilles sant gonflées, leurs bords tuméfiés; les veines dilatées et sinueuses, et dans l’œil droit, il existe des hémorrhagies et des taches blanches. Les battements du cœur sont très énergiques, le pouls très tendu.
Le 10 février, état demi-comateux ; la faiblesse du côté gauche est plus grande, la parole est difficile, la déglutition des aliments solides
(1) D' G.-H. Savage (Journal of mental science, XXVI, p. 245. July, 1880).
impossible. Le 10 avril, surviennent des convulsions; la tête est: entrainée du côté droit. Respiration stertoreuse, pouls très fréquent et faible. La malade meurt sans avoir repris connaissance.
À l’autopsie, ôn constate une légère adhérence de la pie-mère ; la surface du cerveau est pâle, les circonvolutions aplalies, la substance cérébrale décolorée, les ventricules latéraux sont distendus par de la sérosité ; il n’y a dans le cerveau ni tumeur, ni hémorrhagie; mais deux petites extravasations sanguines siègent à la surface du pont de Varole. Les artères de la base sont légèrement athéromateuses. Le cœur est gros, le ventricule gauche très hypertrophié. Les reins sont petits, leur capsule est adhérente, leur surface granuleuse et leur écorce contractée.
Cette observation est intéressante. On pourrait nous objecter que la malade a reçu un coup sur la tête du côté droit, et que c’est là la cause du délire. Mais nous ferons remarquer que le traumatisme remonte à 5 ans avant l'apparition des troubles cérébraux. Il y a plus, nous savons que la prédisposition joue un grand rôle dans l'apparition du délire urémique ; que cette prédisposition, soit due à l’hérédité ou à une ancienne lésion, le fait n'en existe pas moins; et à ce propos, notons que les douleurs étaient plus marquées à droite, que la tête a été entraînée de ce côté, ce qui semble indiquer une prédominance d'action de l'hémisphère droit, lequel avait peut-être été lésé dans le traumatisme. Pour nous, ce fait viendrait à l'appui de l'observation faite par M. Raymond Tripier, au sujet des lésions anciennes et guéries.
Dans ces cas, dit-il, les phénomènes morbides, disparus depuis longtemps, peuvent reparaître lorsque le ma-
lade est soumis à certaines influences. maladives ou médicamenteuses.
Poe,
Nous trouvons une série d'observations intéressantes dans {he practitionner, août 1882. C’est une communication de Joseph Kidd, au sujet de l’hérédité du mal de Bright ; nous en extravons l’observation suivante :