‹ Essai sur l'urémie déliranteChapitre 35 sur 51 · OBSERVATION XXVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXVIII

Jeune fille de 24 ans, n'ayant comme antécédent morbide qu'une attaque de rhumatisme aigu survenue en 1870, sans affection cardia-

Frühzeitige Uramie mit Tobsuchtbei Scharlach.

(Urémie précoce avec accès maniaque dans une scarlatine), par E. Marcus, de Francfort-sur-Mein, Berlin, Klin, Wochens n° 40, p. .v83, ler octobre 13877.

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que consécutive. Menstruation toujours régulière. Le 20 novembre 1875, dernier jour de ses règles, elle fut prise à trois heures du matin, de frissons et de vomissements suivis bientôt de mal de gorge. Le lendemain, apparition d'un exanthème scarlatineux très développé; diphtérie intense de la gorge. Les fausses membranes envahissent bientôt le nez, le canal naso-lacrymal et la conjonctive palpébrale inférieure gauche. A partir du quatrième jour de la maladie, agitation considérable et délire. Urine acide, contenant beaucoup d’urates mais pas d’albumine, besoins fréquents de miction. Vomissements la nuit suivante. Le cinquième jour, urine peu abondante et renfermant beaucoup de sang. Obscurcissement de la vision et dureté d’ouïe. Le sixième jour, urine toujours en faible abondance, contenant beaucoup d’albumine et de cylindres. A dix heures du matin, la malade pert subitement connaissance, a du trismus et des convulsions à la fois toniques et cloniques. A midi et demi, elle saute hors de son lit, se met à pousser des cris continus, se croit poursuivie, ne reconnait personne, déchire tout ce qui est à sa portée, s’égratigne et s’arrache les cheveux. Bref, elle est durant deux heures, en proie à un accès maniaque pendantlequel deux infirmières et un infirmier ne suffisent pas à la contenir, et contre lequel l'opium, la morphine et le chloral paraissent impuissants. On est obligé de lui mettre la camisole de force. Enfin, pendant la nuit. une nouvelle dose de 6 grammes de chloral amène quelque repos. Le cathétérisme ramène de l’urine faiblement albumineuse. Le septième jour, la malade rend spontanément une quantité d'urine plus considérable. Elle est moins agitée, a l'intelligence nette, la vue et l’ouïe meilleures, elle reconnait son entourage, mais ne sait pas ce qui lui est arrivé. Parole difficile, céphalalgie. Elle réclame à manger. La diphtérie disparait et la desquamation commence.

Le huitième jour, urine plus rare et très albumineuse. Retour de l'agitation, délire. {.e neuvième jour, urine abondante, intelligence claire, sommeil calme, desquamation intense. Le dixième jour, début de la convalescence. L’albuminurie diminue de jour en jour pour disparaître entièrement à partir du quatorzième jour. Le vingttroisième jour, convalescence parfaite. Il n’est survenu aucune

hvdropisie, Nombreux petits furoncles sur les jambes. Il persiste

seulement de l’affaiblissement de la mémoire lequel, malgré une amélioration continue, est encore un peu sensible dix mois après la maladie.

Il est à remarquer que les accidents psychiques se sont montrés à une époque où la fiévre avait déjà à peu près complètement disparu, ainsi qu’on peut s’en assurer sur la courbe thermométrique jointe au travail de l’auteur.

Ces trois observations présentent plusieurs points de ressemblance. La cause de la néphrite a été une scarlatine ; dans aucun de ces cas, le délire ne peut être attribué au mouvement fébrile, car dans observation 28, il est survenu le quatrième jour, alors que la température commençait à baisser; dans l'observation 26, il est survenu le dixième jour; enfin dans l’observation 27, l’apparition des symptômes urémiques a été plus tardive encore; notons que malgré lintensité des accidents, l'issue, dans les trois cas, a été heureuse.

Le premier n'avait pas d'idée délirante suivie ; la seconde malade présentait une agitation maniaque intense, des troubles de la vue et de l’ouïe; le troisième, une remarquable loquacité; notons qu'aucun fa eu d'hallucination visuelle ou auditive.

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