OBSERVATION XXXI
Recueillie à l’Asile de Bron, dans le service de M. le Dr Pierret.
R. (Marie-Antoinette), veuve P., tisscuse, 46 ans, née à Lyon; père et mère morts d’une affection de la poitrine, un frère très sujet aux maux de tête. Trois enfants, dont l’aîné a eu, au dire de la malade, plusieurs accès de délire passager.
Séjour antérieur à l’Antiquaille, il y à 6 ou 7 ans. La deuxième conche, il y à 20 ans, a été bonne, mais suivie de céphalalgic, troubles de la vue, photophobie; la troisième et dernière couche a été suivie, environ quinze jours après la délivrance, d'abcès du sein, puis de crises qui paraissent avoir été éclamptiques.
Depuis, santé bonne; quelquefois, maux de tête fugaces.
La malade entre à Bron le 31 octobre 1882; elle vient de l'hôpital de la Croix-Rousse, où, dès le jour de son entrée, elle a commencé à donner des signes d’aliénation mentale. On la traitait pour une albuminurie, par le bromure de potassium et par le lait.
D’après les sœurs qui l'ont amenée, elle aurait beaucoup maigri depuis quelque temps.
-Albuminurie qui serait survenue à la suite de violents maux de reins. Pas de troubles moteurs ni sensitifs.
Etat intellectuel : un peu de délire des persécutions, avec hallucinations de la vue et de l’ouie; la nuit, elle voit et entend des personnes qui veulent la tuer.
‘De temps à autre, refus des aliments; restait trois ou quatre jours sans rien vouloir manger; paraît assez calme; la mémoire est un peu affaiblie.
Pendant les quinze premiers jours après son entrée, la malade est très agitée, ne dort pas la nuit; elle présente une incohérence ma-
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niaque très accusée; son écriture est tremblée, on la prie d’écrire ce qu’elle voudra, elle trace ces deux lignes avec peine : « Monsieur. je vous pri de ne pas me méprisez, je sus aussitôt ensorcclez vous me que Je », etelle s'arrête. :
Peu à peu, l’agitation diminue, ainsi que l’incohérence. Cependant, ces deux symptômes ne disparaissent pas entièrement.
25 janvier 14883. On note un léger anneau d’albumine par l'acide azotique, mais cet anneau ne paraît qu'après quelques secondes.
14 avril, Urine D. 1013, couleur très pâle, sans albumine, soit par la chaleur, soit par l'acide azotique. Pas de sucre.
Juitlet. On constate la présence de l'albumine dans l'urine.
26 juillet. La malade répond assez bien aux questions; elle est très loquace ; la mémoire est légèrement diminuée; la malade a de la tendance à embrouilier les faits; elle se plaint de sa stquestration; elle se plaint des sœurs, de ses compagnes, mais sans idées de persécution bien nettes ; le caractère est bizarre, mais il est difficile de constater une idée bien manifestement délirante; plus d'hallucimations avouées, pas de trouble de la sensibilité.
On remarque, de plus, que cette malade délire plutôt lorsqu'elle est seule dans la cour; la sœur raconte, en effet, que souvent elle la voit seule faire des gestes bizarres, parler à des personnes imagivaires, chanter même: cependant elle s'occupe à la couture. Elle demande sonvent à écrire et elle est alors un peu incohérente, avec tendance manifeste à l’exagération; ses écrits sont cependant de plus en plus sensés depuis le mois d'avril.
La malade se plaint de battements, de douleurs dans les tempes; elle à eu quelquefois de légers bourdonuements d'oreilles.
Bruit de galop au cœur, quelques palpitations, pas d’œdème nulle part, pas de vomissements, appétit bon, quelques maux d'estomac.
La malade avoue qu’à plusieurs reprises, elle a eu des accès de délire; ce serait, dit-elle, à la suite de contrariétés, elle avait alors de violents maux de tête. |
Urine très claire, densité 1010, précipité albumineux notable, pas de sucre, pas de maux de reins.