‹ Essai sur l'urémie déliranteChapitre 49 sur 51 · STE · texte numérisé non relu

STE

ÿ 3. — TRAITEMENT.

Nous n’avons.que peu de chose à dire du traitement de l’urémie délirante; nous ne pensons pas, en effet, que le symptôme délire puisse entraîner une indication thérapeutique spéciale. Il faut donc combattre l’affection primitive par les moyens ordinaires, et, si comme cela arrive souvent, on ne peut l’arrêter, on essaiera au moins d’en retarder la marche, et l’on s’efforcera d’empêcher l’intoxication urémique et par cela même, l’éclosion des accidents cérébraux. VA

Cependant, dans les cas les plus accentués, lorsque le malade, en proie à une agitation violente, présente : l'aspect du maniaque aigu, tous les auteurs s’accordent à vanter les bons effets du chloral et des émissions -Sanguines locales ou générales.

M.Charpy, dans sa thèse, insiste même sur les spoliations sanguines, malgré l’état d’anémie du malade.

On devrait donc se conformer à ce précepte.

Enfin, nous ne pouvons terminer ce travail sans faire une dernière réflexion. Elle nous est suggérée par la remarque de M. Wilks au sujet de la valeur médicolégale d'un testament ou d’un acte civil quelconque signé par un brightique délirant. Sans vouloir approfondir le cas, d’ailleurs peu explicite de lauteur,anglais, nous dirons que nous ne sommes pas de son avis au sujet des conclusions. M. Wilks, en effet, ainsi que son collègue, soutiennent que dans un pareil Cas, il n’y aurait pas de symptômes semblables à ceux du dérangement mental ordinaire, qu’on aurait à faire soit à la

Stupeur et à l’inconscience, soit au coma ; il ÿ aurait eu une perte du pouvoir mental, mais non une aberration de l'intelligence.

La distinction nous paraît subtile, et nous croyons plutôt, avec M. Tardieu, que dans l’urémie, il peut y avoir soit une suspension plus ou moins complète de l’activité du cerveau (état comateux ou semi-comateux) soit une perversion réelle des fonctions cérébrales (subdélirium, état maniaque).

Or, comme les actes graves de la vie civile, (testament, etc.), demandent, pour présenter une valeur morale effective, une délibération préalable, dans laquelle le contractant s’est représenté le pour et le contre de l'acte qu'il va accomplir, nous sommes d'avis que tout acte passé pendant une période de délire urémique doit être entaché de nullité.

Vu, bon à imprimer :

31 juillet, 1883.

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