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phoïe, mais bientôt ils se rendirent compte que ce n’était la qu'une simple coïncidence. Le phosphore diminuait au fur el à mesure que le polissage était plus complet et, par suité, que le riz ainsi trailé devenait plus nocif.
Fraser et Stanton établirent que le taux dé phosphore pouvait servir à juger de la valeur alimentaire d'un riz donné, et que tout échantillon n'ayant pas au moiñs 0,4 pour 160 de ce métalloïde était dangereux. En effet, 1l élait susceptible de provoquer, plus ou moins rapidement, le béri-bér1, s’il constituait la partie fondamentale de la ration alimentaire.
Quant à l’action elle-même du phoshore, elle était sensiblement nulle, comme le prouvait toute une série de recherches. Le « parboïled rice », nourriture suffisante, devenait dangereux après extraction à l'alcool à 94 degrés, bien que sa teneur en phosphore n'ait pas varié. Enfin Funk et Cooper montrèrent que la levure ne perdait pas ses propriétés curatives, même après destruction, par hyÿdrolyse prolongée, dé toutes les combinaisons organiques phosphorées.
Les résultats des analyses parlaient dans le même sens. Une dose suffisante d'extrait alcoolique de son de riz pour guérir la polynévrite, ne Contient que o mg. 16 de phosphore et seulement 6,04 pour 100 d'azote. Du même coup, la nature albuïninoïde dé la substance préventive élait rendue extrêmement improbable. Là même constatation avait déjà été faite, du resté, par Chamberlain ét Vedder.
Les graisses, si abondantes dans les enveloppes de r1z, h avaient, elles aussi, aucun pouvoir, Un traiteinent
LT RS soigneux et prolongé à l’éther de pétrole ne modifiait en rien les résultats. |
Avant d'essayer à leur tour de préciser la nature de la substance active, Fraser et Slanton se sont occupés depuis 1907 de la prophylaxie et du traitement du béri-béri humain. Reprenant les recherches d'Eykmann et de Vordermann, ils confirmèrent avee une précision scientifique rigoureuse, que seul le riz décortiqué, quand il forme le principal aliment de l’homme, eause le béri-béri, tel au moins qu’on l’observe en Extrême- Orient. Des expériences prolongées sur des coolies employés aux travaux publics de l'Etat de Negri- Sembilan en Malaisie leur permirent d'éliminer {out autre facteur.
Ceci fait, ils examinèrent successivement le phosphore, les graisses, les albuminoïdes et la phytine el purent confirmer l'inutilité de ces divers éléments. Poussant plus loin la différenciation des produits tirés des enveloppes de riz, ils découvrirent que ces dernières, traitées par l'acide chlorhydrique à 0,3 pour 100, abandonnaient dans ce liquide le ou les composés actifs. Ceux-ci, à leur tour, ne reprécipitaient pas par l'addition d'alcool absolu, et le filtrat conservait ses propriétés préventives, à condition d’être donné à une dose quotidienne, correspondant à 5 grammes de son. La solution ainsi préparée, demeurait assez longtemps stable, à condition de conserver une certaine teneur alcoolique.
C'était un premier pas dans la voie de la différeneiation de la substance active. Ils ne poussèrent malheureusemeut pas plus loin et s'oceupèrent surtout
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des mesures économiques et politiques propres à entraver le développement du béri-bér1.
Néanmoins, l'élan était donné, et, dès l’année suivante (1912), on vit paraître quelques publications donnant des précisions plus grandes à ce sujet.
Moore et ses collaborateurs de l'Ecole de Médecine tropicale de Liverpool étudièrent les produits dérivés de la levure, si riche en acide nucléinique et autres corps voisins. Ils isolèrent une substance curative, à laquelle ils attribuèrent la formule suivante : C'H!7Az?0.
Mais, par la suite, ils n’apportèrent aucune précision nouvelle, et leurs recherches ne furent confirmées par personne.
En 1912 également, Suzuki, Shimamura et Odake, dans les laboratoires du Collège d'agriculture de Tokio, étudièrent le son de riz et ses dérivés. Leur œuvre mérite une description détaillée, car ils s’approchèrent très près du but.
Après avoir éliminé successivement les théories toxiques par action de l’acide oxalique (Maurer) ou par décomposition du riz (Eijkmann, Braddon, Sakaki, etc.) la déficience du phosphore (Schaumann) ou des albuminoïdes (Matsushita), ils essayèrent à leur tour d'isoler la substance active du son de riz. En collaboration avec les D'S Kozay, Ando, Kitao et Watanabé, ils commencèrent par vérifier à nouveau l’action des graisses, des sels minéraux et de certaines autres substances comme la caséine, les peptones, la phytine et les lécithines. Tout ceci s'étant montré sans valeur curative, 1ls préparèrent un extrait alcoolique de son de riz et virent qu'il contenait la partie active.
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Pour isoler celle-ci, ils la précipitèrent par l'acide phosphotungstique, et, après décomposition par la baryte, ils obtinrent un sirop brun-clair, d’acidité faible, à qui ils donnèrent le nom de Rohoryzanine I. Ce produit était doué d’une activité prophylactique et curative, sur la polynévrite des pigeons, dix fois plus forte que l'extrait alcoolique initial.
Par redissolution aqueuse de la Rohoryzanine I et par action du tanin ils provoquèrent un nouveau précipité, qui, décomposé par la baryte, abandonna un liquide brunâtre de faible volume, et trois fois plus actif que le produit précédent. Ils le nommèrent Rohoryzanine II.
Cette substance n’était pas pure, car toute cristallisation fut impossible. Après maintes difficultés, ils touchèrent au but, en ajoutant une quantité strictement déterminée d'acide picrique. Ils obtinrent ainsi un nouveau précipité floconneux, qui, par le repos, cristallisa en petites aiguilles microscopiques jaunes brunes, se groupant en étoiles, insolubles dans l’éther, mais solubles dans l’eau chaude et l’alcool éther.
Malheureusement, la quantité de produit ainsi préparé était tellement minime, qu'il leur fut impossible, non seulement d’en isoler la base à l’état pur, mais même d’en donner une formule chimique exacte,
Nous ne nous étendrons pas davantage sur les détails de préparation, ainsi que sur les produits de décomposition de ces diverses substances. Notons seulement, parmi ces derniers, le picrate d’acide nicotinique, le picrate de choline, du sucre de raisin et enfin un glucose auquel ils donnèrent le nom d’osazone.
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Suzuki, Shimamura et Odake insistent sur l’action néfaste des acides minéraux, des alcalis et de l’émulsine sur la Rohoryzanine, et sur la facilité avec laquelle cette dernière perd ses propriétés thérapeutiques. Ils rapprochent de cette labilité les observations d'Eijkmann et de Shiga montrant que le son de riz trop vieux ou moisi n'avait plus aucune action préventive ni curative.
En expérimentant sur des pigeons devenus polynévritiques par une nourriture exclusive au riz décortiqué, les auteurs japonais purent dresser une table des pouvoirs thérapeutiques des différentes substances. isolées par eux. Etant donné qu'un pigeon de 200 à 300 grammes, absorbant par jour 25 à 30 grammes de riz décortiqué, avait besoin de 3 grammes de son, pour rester en bonne santé, ils montrèrent qu'on obtenait le même résultat avec 30 eentigrammes d'extrait alcoolique, 3 centigrammes de Rohoryzanine I, 1 centigramme de Rohoryzanine IT et enfin 5 milligrammes de picrate d’oryzanine cristallisé.
Poussant plus loin l'étude expérimentale de ces préparations, Suzuki, Shimamura et Odake observèrent que les poules, les souris, les chiens succombaient rapidement à un régime exclusif de riz décortiqué, mêlé, ou non, à de la viande de cheval complètement épuisée par l’ébullition. Par contre ils se rétablissaient bientôt, si on y ajoutait un peu de Rohoryzanine I, à la dose de o gr..30 ou 0 gr. 40 pour un chien de forte taille.
En remplaçant le riz par des substances alimentaires isolées artificiellement à l'état pur, ils obtinrent des résultats identiques. Alors que seuls, Rôhmann et
ii Er Osborne avaient pu maintenir pendant quelque temps des animaux en bon état avec ce mélange, les auteurs Japonais conservèrent indéfiniment des pigeons qui recevaient en outre un peu de Rohoryzanine I à la dose de 3 centigrammes par Jour.
Suzuki, Shimamura et Odake recherchèrent enfin quels étaient les aliments qui, ajoutés au riz décortiqué, prévenaient l’amaigrissement et la mort. Le son de froment, l'orge, les haricots, le millet, l’avoine et les légumes se montrèrent des succédanés suffisants de l’oryzanine, tandis que le lait, les œufs, le poisson et la viande de cheval restaient inactifs. Seuls les extraits alcooliques de viande et de lait avaient une influence favorable au moins sur les chiens et lés souris.
Comme Takaki, 1ls insistent particulièrement sur l’heureux effet de l’orge, même soigneusement décortiquée. Disons dès maintenant que, dans nos expériences personnelles, l'orge perlé où mondé a toujours constitué un facteur constant et rapide de polynévrite.
Bref, le mémoire de Suzuki, Shimamura et Odake est d’une importance capitale dans l'histoire de la découverte des substances qui nous occupent.
Ils échouèrent près du but, en ne parvenant pas à produire un composé chimiquement pur, eristallisant par lui-même, et à caractères physiques constants, En outre, s'ils émirent l’hypothèse de la présence possible de ce corps dans d’autres aliments, ils ne l’appuyèrent par aucune recherche particulière.