ESSAIS D'IDENTIFICATION DE LA SUBSTANCE PRÉVENTIVE DU BÉRI-BÉRI
Avant de décrire les recherches minulieuses qui permirent d'arriver au résultat voulu, il est bon, croyons-nous, de donner quelques précisions sur la constitution normale et les modes de préparation d’une céréale, si mal connué en général sous son aspect naturel, malgré son importance économique considérable.
Lé ri, tel qu'on le récolte, sous le nom de paddy, est une graine allongée, tenant le milieu, comme apparence extérieure, entré le seigle et l'orge. La couche la plus Süperficiellé est une enveloppe cellulosique, éliminée par le passage entre dés meules horizontales, suivi dé vannage. À ce stade de préparation, le riz se compose d'un péricarpe adhérent, riche en phosphore, el d’un endosperme presque uniquement formé d’amidon. Entre les déux, on trouve la couche d’aleuroné, compienant des albüumiñoïdes et la plupart des graisses,
L'aspect extérieur est variable, comme coloration, depuis le blänc jaunâtre jusqu'au rouge foncé. Dans un but esthétique et pour le rendre plus blanc et plus
RC Ce brillant, on soumet le grain de riz à une deuxième mouture. Pour cela, on le fait passer sous une pierre conique, tournant sur un axe vertical, dans une cage en treillis métallique étroitement ajusté. La décortication ainsi pratiquée enlève le péricarpe et la couche d’aleurone adhérente, d’une façon d'autant plus complète que l’action est plus prolongée, le mouvement de la meule plus rapide, et que la cage est plus rapprochée.
Dans la variété appelée par Braddon « parboiïled rice », le riz est étuvé et séché avant la mouture. Par ce fait, le péricarpe et la couche d’aleurone sont moins complètement enlevés durant le traitement ultérieur. Malheureusement, la coloration reste noirâtre, et d’une façon générale l'aspect extérieur est d'autant plus agréable par sa blancheur, que la décortication a été poussée plus loin. |
Toutes les recherches expérimentales ont été entreprises en se servant du réactif biologique incomparable que constitue la polynévrite expérimentale d’'Eijkmann et c’est sur son traitement qu'ont été éprouvées les différentes substances actives, successivement mises en lumière.
Dès 1908, Schaumann fut frappé du parallélisme qui existait entre la teneur en phosphore et le pouvoir préventuf contre la polynévrite, non seulement dans les enveloppes de riz, mais aussi dans d'autres substances, telles que la levure de bière, le son de blé, ou le suc testiculaire, pour ne citer que les plus riches.
Il se livra à une série d'expériences qui lui permirent d'éliminer les phosphates minéraux. La phy-
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tine, à qui Hans Aron avait attribué un rôle actif, ne se montra pas plus efficace. Seuls, des mélanges composés, tels que ceux signalés plus haut, purent guérir des pigeons polynévritiques. Il ne put obtenir de résullats concluants avec la lécithine, les glycérophosphates, les phosphatides et autres combinaisons phosphorées. Aussi, Schaumann pensa-t-il que ces composés n'avaient d'effet curatif que par conjonclion avec d’autres éléments à identité fort incertaine. Quant au béri-béri infantile, il l’expliquait simplement par un appauvrissement en phosphore du lait maternel, quelle qu'en fût du reste la cause.
Un peu plus tard, Simpson et Eddie reprirent les idées de Schaumann. Ils allèrent même plus loin en prétendant que des phosphates, existant dans l’alimenlation, pouvaient devenir inutilisables par altération microbienne ou par défaut d'absorption de la paroi intestinale. Enfin, ils attirèrent l'attention sur les rapports du béri-béri avec le scorbut infantile, le rachitisme, l’ostéomalacie et autres affections caractérisées par un trouble du métabolisme du phosphore.
Moore a invoqué l’action d’un glucoside, du type galactosane, réduisant la liqueur de Fehling, après hydrolyse acide. Des corps analogues existeraient dans les levures et dans les couches subpéricarpales de diverses plantes et c’est à eux que l'on a donné le nom d’hémi-cellulose.
Fraser et Stanton, à l'Institut de Recherches médicales de Kuala-Lampur, ont publié une série de recherches extrêmement importantes sur ce sujet. Au début, ils crurent également au rôle essentiel du phos-