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LA PROPHYLAXIE ALIMENTAIRE DE LA POLYNÉVRITE

A côté de ces recherches chimiques si intéressantes, mais si compliquées, d’autres auteurs s’occupaient depuis longtemps déjà de déterminer expérimentalement le pouvoir préventif et curatif d’une série d'aliments sur la polynévrite des oiseaux.

Eijkmann, à Java, avait fait connaître le rôle actif d’une sorte de pois, le phaseolus radialus. Des expériences plus précises mirent en valeur l’action du myocarde, bien supérieur en cela au muscle volontaire, celle du jaune d’œuf, des lentilles, de l’orge, de la pomme de terre fraîche, etc.

Parmi les auteurs qui se sont livrés à ces études importantes nous ne citerons qu'Eijkmann, Grijns, Cooper, Holst et Frühlich, Funk, Schaumann, etc.

Cooper put établir non seulement l'équivalent thérapeutique des différents aliments dans la prévention de la polynévrite, mais 1l montra qu'il y avait une certaine indépendance entre les altérations nerveuses et l’amaigrissement. Le cerveau, par exemple, maintient bien le poids du corps, tout en n’agissant que fort peu

ES b7 Me sur les lésions, tandis que c’est le contraire pour d’autres substances.

Holst et Frôhlich, chargés par le Bureau d'Hygiène de Christiania d'étudier les causes du béri-béri des vaisseaux qui sévissait sur les navires au long cours norvégiens, expérimentèrent successivement sur des pigeons et des poulets. Les graines complètes ainsi que le pain de seigle ne provoquèrent pas d’accidents. Le pain de froment, le pain de riz, les différents gruaux donnaient de la polynévrite, sans que les divers procédés de panification parussent avoir une action nette. La viande chauffée à 1 10 et à 120 degrés était également nuisible, et cela d’autant plus rapidement que la tem- pérature était plus élevée. |

Du reste, cette question du rôle de la température dans la préparation des aliments avait également attiré l'attention de beaucoup, à la suite de Grijns.

Nous ne voulons pas rappeler ici les discussions passionnées qui éclatèrent à propos des rapports entre la stérilisation du lait et l’étiologie de la maladie de Barlow. La thermolabilité considérable des vitamines de Funk vint expliquer l'influence polynévritique d'une température de 110 à 120 degrés.

Tel était, brièvement résumé, l’état de cette question si importante au point de vue biologique et social, au moment de la première communication de Weill et Mouriquand à la Société médicale des Hôpitaux de Lyon, le 10 février 1914.

Malgré les recherches les plus minutieuses, nous n'avons pas trouvé trace dans la littérature médicale française d’études expérimentales sur ce sujet. À part

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quelques essais de thérapeutique du béri-béri par le son de riz (Bréaudat et Denier), il n'existe que des résumés des œuvres de Funk, à type plutôt vulgarisateur que critique (Schæffer) ou que des considérations hypothétiques sur les rapports de la tuberculose avec l'absence des vitamines (Renon).

Seul, un industriel ingénieux et à l'affût des nouveautés a déjà trouvé le moyen de lancer sa spécialité, munie d'un nom ronflant et de propriétés plus exceptionnelles les unes que les autres.

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