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147 = par jour. Néanmoins, le poids s’abaisse progressivement à 2.040 grammes.
38° jour. Le chat est tombé lourdement en sortant de sa cage. Marche lente avec fatigue rapide. Légères oscillations dans tout le corps, même au repos.
39° jour, 0 heures du matin. Marche encore facile, mais fortes oscillations des deux côtés, surtout marquées dans le train de derrière, Pas de paralysie ni de troubles de la sensibilité. |
9 heures du matin. Oscillations de plus en plus fortes, rendant la marche difficile. À plusieurs reprises, on constate des crises de convulsions épileptoides, durant quelques secondes, consistant en raideur et hyperextension forcée des membres et de la tête, et terminées par un eri plaintif. Pas d'émission d'urine hi de salive.
11 heures du matin. Les convulsions se multiplient. Marche presque impossible. L'animal présente, en outre, une ataxie marquée des quatre pattes, avec phénomènes cérébelleux intenses, consistant surtout en latéropulsion et rétropulsion, exagérées elles-mêmes par l’occlusion des yeux. C’est un véritable Romberg.
Par moments le chat est entraîné par son train de derrière et il se met à courir en rond durant quelques mètres, jusqu’à ce qu'il tombe lourdement sur le flanc. Dilatation pupillaire intense. Pas de dyspnée ni de troubles de la voix. On injecte dans le pharynx 15 centimètres cubes de Jus de viande crue.
4 heures du soir. Etat de plus en plus grave. Convulsions subintrantes. Marche impossible. Affectivité conservée. On injecte à nouveau 60 centimètres cubes de jus de viande crue.
Dans la soirée, les phénomènes cérébelleux sont portés à leur maximum. La sensibilité de la queue est diminuée. On constate, en outre, pour la première fois, une voix rauque à timbre nettement bitonal. Ceci est surtout marqué après quelques miaulements de moius en moins normaux, comme
si la fatigue provoquait presque aussitôt une parésie des nerfs laryngés. De plus, il existe une hypothermie considérable. La température rectale n’est plus que de 31 degrés, alors que celle d’un témoin est de 38.
4o° jour. Dans la matinée, l’état reste stationnaire. La marche est toujours impossible. Les convulsions, moins nombreuses, font place peu à peu à du coma. La voix est plus normale. Poids, 1.920 grammes.
On injecte à nouveau dans le pharynx 60 centimètres cubes de jus de viande crue.
A heures du soir, la mort survient à la suite d’une grande convulsion généralisée prolongée pendant deux minutes. |
AurTorsig. — L’autopsie, faite immédiatement, ne montre qu'une très légère congestion des os et des cartilages du membre postérieur droit. Les autres organes paraissent entièrement normaux.
Ces deux observations sont remarquablement symétriques dans leur évolution. Bien avant la diminution de l’appétit, on a constaté des troubles du côté des poils, quelques vomissements, et un amaigrissement progressif, contrastant avec l’euphorie du début.
Chez le premier chat, la paraplégie a précédé les phénomènes cérébelleux et convulsifs, tandis que ces derniers ont revêtu d'emblée chez le second une intensité considérable.
Notre sujet était exactement comparable aux animaux étudiés par Thomas, dans sa thèse, et quiavaient subi, soit l’ablation, soit une destruction considérable du cervelet; en outre, il avait encore ceci de commun avec eux qu'il n'a jamais présenté de nystagmus, ni d’autres troubles oculaires. Les crises convulsives ont
— ilg — été d’une intensité considérable et généralisées à tout le corps.
Les troubles laryngés, l'hypothermie intense, l'échec d'une tentative de traitement par le jus de viande crue, malgré l'amélioration apparente de quelques symptômes, complètent un tableau clinique véritablement extraordinaire, contrastant avec les résultats négatifs de l’autopsie.
La mort est survenue dans le premier cas au 39° jour, dans le second, au 40° jour. Nous allons la voir apparaître au 43° dans l'observation suivante.
Il s’agit ici d'un chat nourri alternativement avec de la viande congelée et de la viande stérilisée durant trente jours. À ce moment, l’état général est excellent et le poids a augmenté. Il est clair que la viande congelée a suffi à compenser le déficit de la viande stérilisée.
À partir du 30° jour, on donne désormais uniquement de la viande stérilisée. Au 60° jour, l’amaigrissement devient rapide et bientôt se développe un syndrome cérébelleux typique, calqué sur le précédent, mais sans crises convulsives. À noter la présence d’une congestion nette du système nerveux central.
Voici, du reste l’observation :
Expérience LXXXVII — Chat adulte. Poids, 2.870 grammes.
Ration quotidienne : alternativement 200 grammes de viande de bœuf congelée ou stérilisée.
1* jour. Viande congelée. Accoutumance facile. Bon appétit.
7° jour. Viande stérilisée : 2.620 grammes,
P. M. ré
13° jour. Viande congelée.
19° jour. Viande stérilisée. Poids, 2.900 grammes.
25° jour. Viande congelée. Diarrhée abondante.
30° jour. Le chat reçoit désormais uniquement de la viande stérilisée. Poids, 3.220 grammes.
34° jour. Diarrhée abondante.
43° jour. Poids, 3 490 grammes. Etat général excellent.
48° jour. Un peu de raideur et d’abrutissement.
60° jour. Appétit diminué. Poids, 3.180 grammes. Abrutissement persistant. Pas de troubles moteurs.
62° jour. Amaigrissement rapide. Poids, 2.920 grammes. Pas de phénomènes anormaux.
66° jour. L'animal tousse un peu. Poil hérissé. Pas de troubles moteurs. |
68° jour. Poids, 2 410 grammes. Appétit nul. Etat misérable. Marche lente avec légère tendance à la titubation.
70° jour. — Voix un peu bitonale. Démarche ébrieuse avec légère latéropulsion. Pas de rétropulsion.
71° jour. Phénomènes cérébelleux plus accentués.
72° jour. La titubation est de plus en plus marquée. Marche presque impossible. Oscillations au repos. Raideur considérable des muscles. Pas de convulsions, n1 de troubles respiratoires. Voix bitonale. Affectivité exagérée.
73° jour. Poids, 2.110. Mort dans la nuit, sans phénomène nouveau.
AurTopsiE, — Reins pâles et jaunâtres. Foie un peu congestionné. Cerveau et moelle épinière injectés et très vascularisés.
: Nous voyons donc qu'une viande parfaitement suffisante, quand elle est donnée crue, entraîne rapidement la mort, si elle a été soumise au préalable à une température élevée. Cette transformation est due à la destruction d'éléments analogues à ceux qui existent
dans les graines. Leur absence produit à la longue une
— TOT — sorte de cachexie avec troubles graves plus ou moins localisés sur un appareil, suivant l’espèce envisagée.
Au reste, l'expérience d'Holst achève de mettre en lumière l’analogie des processus. Il à pu faire contracter, nous le savons, à des poulets la polynévrite expérimentale la plus typique en les nourrissant de viande chauffée à 110 et à 120 degrés. La preuve anatomique elle-même n’a pas manqué, puisque les lésions dégénératives des nerfs périphériques se sont montrées constantes.
En somme, la réaction cérébelleuse des chats n’est qu'un aspect particulier de la carence alimentaire par stérilisation, se rapprochant des pigeons, mais éloignée du scorbut expérimental des lapins et des cobayes.
E. Les viandes de conserve.
Dans la pratique courante, la stérilisation des viandes n'est généralement que le premier terme d’une série de préparations destinées à en assurer la conservation. Celle-ci se fait dans un récipient hermétiquement clos, en verre, ou plus souvent en fer-blanc.
Grâce aux progrès de la métallurgie, les analyses les plus minutieuses ont montré que si les viandes absorbaient quelques parcelles métalliques, de l’étain principalement, c'était à dose tellement infinitésimale, qu'il n'en résultait aucun danger pour l’alimentation. Forts de cette notion, un grand nombre d'industriels se sont ingéniés à répandre ce procédé de préparation, en multipliant les variétés culinaires ainsi traitées. Enfin, la viande de conserve constitue une partie 1m-
porlante de la ration de viande du soldat, en temps de paix comme en temps de guerre. Tout ceci explique l'importance de cette étude et les répercussions qu'elle peut avoir sur la société.
Nous avons vu que la stérilisation en elle-même est nocive, quand la température a été portée à 120 degrés. En est-il de même quand on s’est arrêté à 110 degrés, comme on le fait ordinairement pour les viandes de conserve? Holst et Frühlich ont conclu par l’affirmative, tout en notant une différence sensible de nocivité. Mais là intervient un autre facteur, que nous avons signalé à propos des petits pois de conserve : c'est le vieillissement (voir exp. LXI et LXII).
Les viandes de conserve sont généralement employées à constituer des approvisionnements de réserve et, par suite, ne sont consommées que longtemps après leur préparation. À la caserne, en temps de paix, nous avons constaté que ce délai était de sept ans. Actuellement, 1l est bien certain que les boîtes sont livrées beaucoup plus rapidement aux troupes.
Néanmoins, 1l y a toujours une période assez longue pendant laquelle des décompositions chimiques ont le temps de se produire, qui risquent d’altérer les substances nutritives ayant résisté à l’action de la chaleur.
Il semble donc, à priori, que le vieillissement, bien loin d'améliorer les viandes de conserve, doit au contraire augmenter les dangers de leur emploi. C’est du reste ce que nous avons pu mettre en lumière par les deux observations suivantes :
Expérience LXXX VIII (fig. 12). — Chat adulte. Poids,