APERÇU CLINIQUE
Les T. P. sont très rares.
La statistique d’'Hellendal, en 1903, comprend 31 cas.
A ceux-ci Fiori, en 1909, a pu en ajouter 6, dont un antérieur au mémoire d'Hellendal.
Depuis, les cas publiés ont été peu nombreux.
Nous en connaissons {7 environ, au total.
Ces tumeurs semblent frapper surtout les hommes à l’âge moyen de la vie, mais leur début remonte souvent à l’adolescence, à la jeunesse.
Elles demeurent tout à fait latentes pendant des mois, des années et même lorsqu’elles ont acquis des proportions considérables, l’état général des malades ne s’en ressent en aucune façon, si l’on excepte les troubles qui sont la règle dans certaines néoplasies malignes.
L’indolence est complète. Un malade de Leegaard cependant accusait par exception de violentes céphalées avec algie de la nuque. L'origine hypophysaire de la tumeur explique l’anomalie de ces manifestations douloureuses. Les malades ne deviennent gênés qu’en raison des troubles respiratoires, digestifs ou phonatoires qui apparaissent.
La voix nasonnée ou rauque, laphonie, la dyspnée,
AE Rae
les troubles de la déglutition, révélés d’abord par les aliments solides, sont autant de symptômes qui amènent le sujet à consulter.
Parfois, c’est la tuméfaction cervicale qui est d’abord perçue par lui.
L’examen constate alors la tumeur plus ou moins saillante, soit derrière l’angle de la mâchoire, soit plus bas, dans la région sterno-mastoïdienne, en avant ou en arrière du muscle.
A ce niveau l’on peut encore percevoir une adénopathie secondaire, à caractères néoplasiques.
Signalons encore des troubles sympathiques uni-latéraux tels que du myosis, une coloration plus marquée de l’hémiface accompagnée de fourmillements.
L'inspection intra-buccale précisera le siège et l’importance de la saillie dans le carrefour aéro-digestif.
L’amygdale, les piliers peuvent être refoulés, le voile abaissé par la tumeur arrivée à son contact.
Certaines tumeurs latérales, franchissant en arrière la ligne médiane, s’avancent encore jusqu’à ne laisser entr’elles et l’amygdale du côté opposé qu’une mince fente.
Mais c’est surtout l’extension en hauteur qui préoccupe le chirurgien. Cest elle qu’il s’efforcera de préciser à l’aide du miroir laryngoscopique et du toucher digital. |
Le miroir montrera soit le larynx dévié, ou une corde paralysée, soit la tuméfaction masquant le larynx ou en obstruant la lumière.
Une main placée sur le cou en même temps qu’un
td —
doigt introduit dans la bouche donneront une idée du volume, de la consistance, de la mobilité de la tumeur dans tous les sens par rapport à la colonne cervicale aux parties molles, à la muqueuse.
Celle-ci presque toujours intacte est tout au plus sillonnée de veines variqueuses. Des auteurs sont allés jusqu’à observer que si la muqueuse se plisse quand se contracte le pharynx, la néoformation est extra-musculaire.
Les rayons X seront d’un bon secours lorsque la tumeur débordant les limites cervicales paraît s’enfoncer dans le thorax. Ils permettront de prévoir certaines dif-
ficultés lors de l'intervention.
Un examen clinique complet et minutieux sera moins
indispensable à étayer le diagnostic qu’à préciser les in-
dications opératoires. Il est pourtant vrai que la tumeur
hypophysaire rapportée par Leegaard pouvait en imposer pour une tumeur du cavum et que le lymphome tuberculeux cité par Heymann simulait un abcès.
En arrêtant cette énumération un peu sèche des signes les plus couramment relevés, répétons que chez un même malade on ne trouvera qu’un très petit nombre de symptômes expliquant la tolérance longue et parfaite de ces tumeurs.