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cale (une laryngotomie intercricothyroïdienne aurait créé une gêne au cours de l'intervention). Le chloroforme est alors donné avec l’appareil de Ricard. Incision cutanée de 10 cm. le long du sterno-mastoïdien. Le milieu de l'incision correspond à la grande corne du cartilage thyroïde.
Mise à nu du paquet vasculo-nerveux qui est confié à un écarteur postérieur. La grande corne du thyroïde est amarrée et tirée en avant de manière à présenter la face postérieure du larynx. On arrive sur une masse recouverte de veines sinueuses et dilatées. La tumeur est libérée sauf en un point où elle fait corps avec la murqueuse pharyngée, dans l’angle formé par la grande corne et la lame latérale. A ce niveau la muqueuse doit être reséquée.
Cette brèche est fermée par trois points au catgut.
Les plans musculaires pharyngés sont reconstitués au catgut.
Suture cutanée par trois crins et des agrafes de Michel. k
Drainage par un faisceau de crins qui sort à la partie inférieure de la plaie. Mise en place d’une sonde nasale.
Le lendemain de lintervention la malade présente encore du shock opératoire qui cède aux tonicardiaques, suppression de la canule. À ce moment la malade manifeste une légère gêne respiratoire durant quelques instants. Suites opératoires normales. k
L’opérée revue sept ans après est en parfaite santé.
Après celle première observation un peu succincte et
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déjà ancienne en voici deux autres beaucoup plus intéressantes et instructives et qui nous sont communiquées par notre maître M. Sebileau.
Obs. II. — M. P.., 26 ans, m'est adressé par le D' H...
le 16 janvier 1925 avec la lettre suivante : « Je vous
adresse M. P.. atteint d’une tumeur du pharynx, kyste ou sarcome ?
Aucun diagnostic ferme n’a été posé. La tumeur est en voie d'augmentation et obstrue presque complètement le pharynx.
Depuis 3 ans je conseille au malade d'aller vous voir. Je crois pour ma part qu’une intervention sera nécessaire dans un assez bref délai. Le malade est décidé à se conformer à votre décision et se confiera à ‘vous avec une entière confiance, etc... ».
Il me détaille Phistoire de sa maladie comme suit :
Début apparent de l'affection, pendant qu’il était aux armées en janvier 1918, par gêne respiratoire et enrouement.
Hospitalisation : extirpation des amygdales.
Tandis que, malgré l’opération, le gonflement augmente dans le pharynx et que la dyspnée s’affirme, une tumeur apparaît sur un côté du cou, vers l’angle de la mâchoire.
En 1920, le malade est hospitalisé à Besançon. On y diagnostique une « tumeur du fond de la gorge ».
Le patient est alors renvoyé à l’infirmerie de son dépôt, puis dirigé sur un centre de réforme à Paris. Il
est expédié au Val-de-Grâce dans le service de MM. Re- CARREGA. 4
verchon et Worms pour examen et conclusions. Ceuxci déclarent le patient inopérable et on le propose pour une réforme définitive avec pension temporaire.
En conséquence de cette décision, il est dirigé, avec le diagnostic d’abcès consécutif à un mal de Pott cervical, dans le dépôt de Vaugirard, dans le service du Pr Broca. Celui-ci confirme le diagnostic précédent et fait une incision de la tumeur. Il ne s’échappe que du sang et l’inopérabilité de la tumeur est affirmée de nouveau.
M. P. est alors envoyé, toujours avec ce même diagnostic d’abcès vertébro-pathique, à lhôpital militaire des Sablettes, à Toulon. Là il est soumis à l’immobilisation complète dans le décubitus horizontal pendant six mois. Mais la masse augmente de volume; la dyspnée s’accroit. Sur sa propre demande, le patient est alors libéré définitivement au mois de mars 1921. Il est soumis à l'examen de plusieurs commissions de réforme et voit peu à peu son état s’aggraver.
Il se décide à la fin de l’année 1924 à prendre une consultation à lhôpital Laënnec, dans le service du JY Bourgeois où l’on ne fait pas de diagnostic précis et où l’on propose au malade de le soumettre à un prélèvement fait sur la tumeur par les voies naturelles. Celui-ci, conseillé par son père, refuse.
C’est dans ces conditions, muni de la lettre du D° H., qu’il vient me voir à la mi-janvier 1925. Voici ma réponse au D' H... « Votre malade est atteint d’une tumeur sous-pharyngée, probablement d’ordre congénital. Elle est solide. C’est une tumeur rare et difficile du moins par le siège qu’elle occupe,