‹ Essai sur la colique de plombChapitre 16 sur 16 · PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS

" En r834, j’ai rencontré sur un phthisique une transposition générale des viscères thoraciques et abdominaux ; l’aorte était placée sur la partie latérale droite de la colonne vertébrale, qui offrait en ce point une concavité manifeste, répondant au corps des cinquième, sixième et septième dorsales : je me suis assuré que l’individu qui présentait cette anomalie n’avait jamais été gaucher. Ce fait est trèsconcluant; il contredit l’opinion de Bichat et Béclard sur la cause de la courbure latérale du rachis, et vient au contraire confirmer cette loi générale de laquelle il résulte que partout où une artère volumineuse avoisine un os , celui-ci offre une concavité correspondante.

D’après la plupart des chirurgiens, ce serait à la blennorrhagie et aux injections asti ingéniés faites dans l’urètre qu’on devrait attribuer presque tous les rétrécissemens qui affectent ce conduit excréteur. Hunier cependant semble avoir démontré le contraire. J’adopte l’opinion de ce grand chirurgien, et je l’appuie sur ce que la blennorrhagie affecte le plus souvent la fosse naviculaire, tandis que le siège ordinaire des rétrécissemens est à la réunion de la portion bulbeuse et membraneuse de l’urètre. J’ajouterai en outre que les injections qu’on fait dans les blennorrhées pénètrent rarement jusque sur ce point du canal.

La blennorrhagie et les injections astringentes faites en temps inopportun peuvent produire des rétrécissemens ; j’en ai vu plusieurs exemples ; et dans ce cas la lésion organique arrive peu après l’action de la cause irritante. Mais je ne peux admettre qu’une chaudepisse de courte durée, et bien guérie, puisse être la cause des

coarctations qui surviennent dix, quinze ou vingt ans plus tard. Cette prétention me semble aussi étrange que celle qui voudrait attribuer un cancer du testicule à une orchite qu’un malade aurait eue vingt ans auparavant, et qui n’aurait laissé dans l’organe aucune induration appréciable.

Je suis porté à croire que le bruit de souffle qu’on entend lorsqu’on ausculte le ventre de la femme enceinte se passe peut-être exclusivement dans les vaisseaux des parois du bassin. Je me fonde sur les considérations suivantes :

i° Le bruit de souffle ne s’observe pas toujours; je l’ai recherché vainement sur plusieurs femmes ; et s’il dépendait de l’état vasculaire du placenta ou de l’utérus, cette disposition étant constante, le phénomène devrait exister dans tous les cas.

2 a Toutes les fois que j’ai entendu le souffle abdominal, j’ai pu également percevoir ce bruit dans les artères crurales.

3° Enfin, il me semble que si le phénomène dépendait de la disposition des vaisseaux de la matrice, il devrait être surtout marqué dans les points les plus vasculaires de l’organe. Or, comme les vaisseaux sont et plus nombreux et plus gros dans la portion qui correspond au placenta, il suit delà que lorsque celui-ci s’insère sur la paroi antérieure , l’oreille, qui peut s’appliquer assez près de lui, devrait toujours percevoir plus distinctement le bruit de souffle que lorsque cette insertion se fait à la paroi postérieure de l’utérus. C’est ce que je n’ai pas observé pourtant sur deux femmes mortes de péritonite, chez lesquelles le placenta se greffait sur la paroi antérieure de l’organe. C’était en vain que j’avais recherché chez elles, avant l’accouchement, l’existence du bruit de souffle»

iy.

La présence de tubercules pulmonaires ne doit pas toujours contre^

indiquer une opération grave, nécessitée par un accident ou une maladie ; car sur cinq tuberculeux qui avaient succombé à la suite d’amputation des membres , je n’ai trouvé ni dans les tubercules ni dans le tissu pulmonaire voisin , aucune altération qui pût me démontrer une influence lâcheuse exercée par l’opération. Mon ami le docteur Rufz avait déjà fait la même remarque dans sa thèse.

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