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FIXATION DES COULEURS INSOLUBLES S AU MOYEN DE LA GÉLATINE

Ce procédé étant basé sur le même principe que l'emploi de l’albumine, nous nous contenterons d’en décrire la technique avec détails.

TECHNIQUE

Ici intervient une légère complication : la non-solubilité de la gélatine à la température normale, qualité d’ailleurs précieuse pour la fixation des colorants.

Force nous à donc été d'employer le dispositif suivant :

La gélatine à employer est la gélatine fine, dite encore colle de Flandre ou colle de Paris, que l’on trouve dans le commerce en lames rectangulaires, très transparentes. On coupe ces lamelles en petits fragments avec une forte paire de ciseaux et les met à tremper dans de l’eau ordinaire pendant environ vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, on égoutte l’eau, généralement très sale, qui surnage et fait fondre doucement au bain-marie ja gélatine fortement gonflée. Le produit obtenu, trop épais pour l'usage qui nous occupe, est ensuite dilué peu à peu d’un tiers à moilié de son volume d’eau distillée, additionnée de quelques gouttes d'acide phénique ou arsénieux, afin d'éviter les moisissures.

On dispose d’une série de godets en porcelaine ou mieux de cupules profondes, de 5 à 10 centimètres cubes de capacité

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environ. Sur une lampe à alcool, convenablement réglée, on place alors une grande cuvette métallique, pleine d’eau chaude, formant bain-marie et sur laquelle on fait flotter les cupules (il faut veiller à ce que lébullition ne survienne pas violemment, naufrageant les cupules et perdant la couleur).

Au fond de chaque godet, légèrement chauffé et retiré à l’instant on dépose alors soit la poudre colorante s'il s'agit de couleurs d’aniline, soit, dans le cas qui nous occupe, la pâte des couleurs à l’aquarelle.

On délaye de quelques gouttes d’eau et ajoute peu à peu la gélatine en remuant bien, de façon à éviter les grumeaux.

Quant la consistance suffisante est atteinte, ce qui s’apprécie facilement avec un peu d'habitude, on remet le godet à flotter sur le bain-marie et continue de même la préparation des autres nuances.

L'application n’a pas besoin de détails spéciaux : la gélatine suffisamment fluide ne doit pas se figer instantanément au contact de l’objet froid, ce qui produirait des grumeaux et des précipitations ; elle doit, au contraire, se laisser étendre facilement, en une couche homogène, qui se solidilie peu à peu.

La ‘gélification instantanée est due à la concentration, par l’évaporation, des couleurs liquides maintenues au bain-marie. Il est facile d'y remédier en ajoutant de temps en temps dans les godets quelques gouttes d’eau chaude.

De même, pour faire disparaitre les aspérités ou accidents de surface que produit la solidification trop rapide de la gélatine, il est facile d'employer un pinceau trempé dans l’eau chaude qui corrige aussitôt le défaut.

Une fois les diverses couleurs étendues, on peut, quand la pièce est dure, repasser à sa surface un pinceau mou et flexible, trempé dans de la gélatine très étendue. On obtient ainsi une sorte de vernis qui augmente beaucoup la solidité. L'immersion dans une solution très claire, à peine tiède, produit les mêmes résullats, quoique demandant un tour de main un peu délicat pour ne pas fondre ou empâter la pièce.

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Fixation. — La coagulation définitive de la gélatine peut être réalisée de diverses façons. Sans parler du bichromate de potasse à 1/1.000, il est commode d'employer l'alcool qui durcit heureusement la couche, seul ou combiné au tanin. Le moyen le plus parfait, employé de préférence dans l’industrie, consiste loutelois dans l'emploi des vapeurs de formol, des pulvérisations formolées ou du bain à 10 pour 100; c’est la méthode de beaucoup la plus sûre, particulièrement en été. L’insolubilité de la couche devient telle qu'elle résiste à l’eau bouillante : de plus, on évite toute décomposition chimique des colorants. Un procédé également excellent, qui nous a fort bien réussi, consiste à ajouter à la gélatine quelques traces de bichromate d’ammoniaque. La couche devient en quelques jours extrèmement résistante et son adhérence est parfaite. On n’ajoute bien entendu le bichromate d'ammoniaque qu’à la solution gélatinée qui doit servir de vernis, sans quoi les couleurs ne pourraient naturellement servir qu'une fois. ;

Conservation. — La conservation se fera dans du formol faible ou dans une solution glycérinée : l’eau servant aux solutions devra être préalablement bouillie.

Conclusions et remarques sur l’emploi des couleurs insolubles. — Les couleurs insolubles, étant à peu près fixes, donnent seules à la préparation les qualités de durée et de résistance nécessaires à une pièce anatomique destinée à figurer dans une collection.

Leur application est simple : quelques détails méritent seulement un pen d'attention, au début, pour la perfection du résultat : mais la pratique permet de se jouer bientôt de ces légères difficultés :

L’étalement est parfois difficile sur des surfaces très lisses, dans le cas de pièces d'autopsie, par exemple, que l’on veut colorer aussitôt prélevées. Un encollage léger y remédie : appliquer simplement avec un pinceau sur la pièce bien égouttée le mélange :

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Laisser sécher légèrement, puis appliquer la couleur, albumine ou gélatine.

Les masses gélatinées doivent être également préparées en petites quantités à la fois, les chauffages successifs leur font pérdre en effet la propriété de se gélifier par refroidissement ; elles doivent donc être fréquemment renouvelées, afin d'éviter ce défaut grave ; ne pas leur ajouter non plus de laques à base d’alumine qui produiraient l'effet inverse : la coagulation pres-

que immédiate.

Couleurs à employer. — Les teintes employées par nous sont les

suivantes :

. Blanc de zinc.

Bleu d’outremer.

Bleu cæruleum.

Bleu de cobalt.

Jaune de cadmium.

Jaune indien.

Jaune citron.

Vermillon.

Vert émeraude. Vert Guignet.

. Noirs d'ivoire et de pêche.

. Vert malachite.

. Violet fixe.

. Garmin de cochenille (dissous dans l'ammoniaque que

Brun Van Dyck.

chasse le vaporisage).

Terres de Sienne, Ombre, Italie, Venise.

Un procédé qui augmente beaucoup le velouté et l'éclat de la teinte consiste à ajouter à la matière colorante insoluble une trace de couleur soluble similaire, qui colore la masse en totalité et augmente l'homogénéité du ton.

LR ::

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