FIXATION DES COULEURS INSOLUBLES AU MOYEN DE L'ALBUMINE
a) La fixation des couleurs insolubles à l’aniline ou autres résoud le problème d’une manière pour ainsi dire immédiate, mais reste passible d’une objection grave : le peu de solidité, en général, des teintes obtenues. Nos efforts se sont donc portés surtout vers la fixation des couleurs ordinaires à l’aquarelle, que ce défaut n’atleint pas et dont la solidité est très grande.
Nous avons essayé d'abord l'effet de différents vernis sur la couleur employée comme pour l'aquarelle ordinaire : gomme laque, sandaraque, mastie, plus divers fixateurs commerciaux, connus sous le nom de « fixateur à pastel » ou de « vernis pour l’aquarelle ».
La première difficulté est d'éviter la précipitation des résines sous forme d’un halo blanchâtre : les divers déshydratants qui font disparaître ce défaut, tant bien que mal, n'empêchent pas le peu d’adhérence, le craquèlement et le plissement de la couche ; donc, impossibilité matérielle de ce côté.
b) Depuis longtemps, dans l’industrie, l'emploi s’est répandu pour fixer les couleurs insolubles ou solubles sur la fibre ou la peau, d'utiliser l’albumine comme substratum coagulable : nous nous sommes demandé, par analogie, s’il n’y aurait pas là un moyen de « teindre » en quelque sorte les préparations analomiques et de faciliter considérablement leur coloration. Les expériences quisuivent prouvent que laseule méthode praticable
consiste, en ellet, dans l'emploi des fixateurs coagulables que nous allons maintenant étudier avec détails.
Les albumines employés dans le commerce sont de diverses sortes. |
Le plus généralement, on se sert de lalbumine du sang qui, à l’état soluble, se mélange facilementaux colorants et, après coagulation par chauffage à 70°-80° ou par action chimique, fixe parfaitement la couleur et permet même le lavage.
Les formules employées varient :
1° Ajouter 500 grammes d’albumine du commerce à 1 litre d’eau tiède (et non l'inverse), en remuant doucement d’une manière constante. Laisser reposer vingt-quatre heures. Pour empêcher la mousse, toujours gènante, ajouter quelques gouttes de térébenthine, de pétrole ou d'huile.
2° Mettre à digérer, pendant une heure, 200 grammes d’albumine du sang dans 1.000 grammes d'eau à la température de 95° Fahreuheit.
Remuer lentement la masse, sans mouvements circulaires réguliers, Ce qui pourrait produire une coagulation intempestive. En cas de besoin, un peu de CO'Na accélérera la dissolution, mais 1l vaudra mieux s'en passer.
Toutes ces solutions doivent être faites à l’eau distillée, l’eau ordinaire contenant de la chaux qui empêche la solution et peut modifier les couleurs.
Pour assurer la conservation on ajoute, en été, quelques gouttes de térébenthine et d’ammoniaque, ou encore d’un mélange à parties égales de savon, d'huile, de térébenthine et d'’ammoniaque.
L'albumine d'œuf, peu employée industriellement à cause de son prix élevé, est commode à se procurer, quoique fixant moins bien que l’albumine du sang, elle présente sur cette dermère l'avantage de ne pas être colorée en jaune et rend d'utiles services pour l'impression des couleurs claires.
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La caséine et le gluten sont beaucoup moins employés :
AURAIENT RS SE TERRE 900 grammes CAnenet he Les jt. ed 42: 370 — Ammoniaque:caustique. ........:....... 90 —
AA CTIULEN SEC PDUIVÉMSÉS 2 ina ns 90 —
D ASIE ER EE ue S 600 —
bien délayer et ajouter :
Sontdedcaustique-a225 0.4 sa 40 grammes
Citons encore la « gélidine », extraite des algues, sans grande utilité pralique.
Dans l'industrie, pour faciliter l'impression des étoiles par exemple, on augmente en général la consistance des mélanges albumine-couleur au moyen d’épaississants qui s’en vont au lavage, amidon, british-gum, fécules solubles, gommes diverses. Leur emploi étant non seulement inutile, mais encore nuisible, nous ne nous en occuperons pas, retenant seulement l’addition possible à l’albumine de quelques gouttes d’une solution de caoutchouc frais et anhydre dans l'acélone.
TECHNIQUE
Après de multiples essais, nous avons arrêté les détails suivants :
Les couleurs à employer sont les couleurs dites « moites pour l’aquarelle », d'une marque connue. On les choisira en tubes de préférence aux blocs, le mélange étant plus facile.
Au fond d’un godet de porcelaine, déposer une quantité de peinture variable selon l'intensité du ton à obtenir. Ajouter ensuite goutte à goutte soit l’albumine d'œuf, soit l’albumine au sang selon la formule n° 2, citée plus haut.
On remue avec soin avec un pinceau fin pour rendre le mélange bien homogène, jusqu’à consistance el quantité
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convenables; répétant naturellement autant de fois ce mélange, dans des godets séparés, que l'on veut employer de couleurs.
La pièce destinée à la coloration doit avoir été retirée du bain, de façon à ne plus présenter de gouttelettes d’eau visibles à sa surface. On peut d’ailleurs hâter sa dessiccation relative au moyen d’une pulvérisation ou d'une humectation alcoolique. L'immersion préalable dans des solutions à base de glycérine, ou de sels hygrométriques n'a pas d'importance, si elle est suivie d'un lavage à grande eau fait quelque temps auparavant. |
Les couleurs sont appliquées immédiatement, pas trop fluides, afin d'éviter la diffusion; pas trop épaisses, de façon à bien «couvrir » et à laisser transparaître autant que possible les parties sous-jacentes:; la juste mesure s'obtient d’ailleurs très rapidement.
L'application des couleurs étant subordonnée au goût, à l’ingéniosité et à l’habileté de chacun, nous n'’insisterons pas. Il faut, pour éviter les bavures, écarter les parties en présence el les maintenir au moyen de fragments d’allumettes ou de bouchon : avec un peu de soin ce temps est facilement réalisé.
Dans une pièce très compliquée, présentant un fouillis d’organes, on pourra attendre quelque peu entre l'application de chaque teinte. Quand on mène plusieurs préparations de front, le retard est insignifiant.
Une fois terminée, la peinture est laissée quelques instants à l'air libre (un quart d'heure à demi-heure) de façon à laisser sécher les diverses couches en présence, sans toutefois que la pièce se racornisse aucunement.
Reste à obtenir la fixation définitive, en coagulant l’albumine et assurant ainsi l’adhérence des teintes.
Différents procédés peuvent être employés dans ce but : nous allons les énumérer :
1° La chaleur humide, par action de la vapeur d’eau bouillante, est très employée dans le commerce et constitue un procédé peu dispendieux. Les moyens dont on dispose couramment dans les laboratoires ne permettant pas l'emploi de chau-
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dières, ni même d’autoclave, on peut procéder de la manière suivante : Exposer la pièce au-dessus d’une bassine d’eau en ébullition, recouverte d’une sorte de tente en toile grossière. En quelques minutes, l'opération est terminée pour les pièces de moyen volume.
2° Plus commodément, il est facile de projeter sur la pièce un fort jet de vapeur au moyen d’un pulvérisateur. Ce procédé est plus maniable que le précédent et évite tout heurt ou choc.
3 Diverses substances chimiques peuvent être utilement ajoutées ou substituées à l’action de la chaleur humide. A la pulvérisation précédente, on peut, par exemple, ajouter de l'acide arsénique liquide, dans la proportion de 40 pour 100. La conservation est mieux assurée, grâce au pouvoir antiseptique du mélange. On doit toutefois se garder soigneusement d'inhaler les vapeurs.
4 Le bichromate de potasse en solution faible (4 pour 1.000, bichromate de Gubler), le tanin en solution alcoolique (tanin 4 grammes : alcool à 45 °/,, 190 centimètres cubes) peuvent aussi servir, mais avec précaution, car ils peuvent réagir sur les colorants.
9° Pratiquement, l'alcool fort en pulvérisation ou en bain, l’'aldéhyde formique dans les mêmes conditions rendent d'utiles services et ont l'avantage de ne nécessiter aucune manipulation compliquée.
Le choix du fixateur sera subordonné jusqu'à un certain point à la nature de la pièce. L'eau bouillante fixe mieux l’albumine sur les surfaces lisses quand les couleurs ne sont pas trop délicales. Le formol et l'alcool sont utiles quand l’adhérence de la couche est déjà facilitée par de nombreuses aspérités ; le premier procédé convient aux grandes surfaces, le second est surtout applicable aux pièces de petit volume.
Le plus souvent, on peut procéder ainsi: « La pièce, après légère dessiccation, est posée à plat, avec précautions, dans un bain d'alcool fort (à 90° environ). Au bout d’un quart d'heure, une pellicule déjà résistante s’est formée, permettant l'immersion dans du formol à 10 pour 100 pendant vingt-quatre heures.
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Conservation. — La conservation peut se faire dans divers liquides : formol faible, alcool, glycérine étendue, quoique celle-ci ramollisse légèrement la couche colorée et la rende plus susceptible aux frottements.
Nous n’insistons pas sur l'emploi des liquides de Kayserling et de Pinck, dont le but, qui est de conserver les couleurs naturelles, se trouve par là-même sans emploi. Etendues, ces solutions paraissent toutefois sans effet nuisible sur les pièces colorées comme nous venons de le dire.