A) MOYENS DESTINÉS A FACILITER L'ADHÉSION
4o Afin que la peinture employée puisse « prendre » sur les pièces en question, nous avons tâché d'assurer autant que possible à celles-ci une dessiccation relative et extemporanée.
La simple dessiccation à l’air libre étant manifestement insuffisante, nous avons employé : L’immersion dans l'alcool fort, à 95°, pendant quelques minutes : on enlève ainsi convenablement l'excès d’eau, surtout après une exposition relativement courte à l'air libre (un quart d'heure à une heure, selon le volume de la pièce), Malgré cette précaution, la peinture à l'huile prend mal, s'étale difficilement et forme placard, masquant les détails sous-jacents.
Pour remédier à ce défaut, grave au premier chef, nous avons, après un passage rapide à l'alcool, badigeonné longuement la pièce avec un pinceau imbibé de térébenthine, de ben-
ST ed
zine ou de xylol. Grâce à cet artifice, l’élalement est beaucoup plus parfait et se rapproche de la peinture à sec.
B) MoYENS DESTINÉS A RENDRE DÉFINITIVE L'ADHÉSION
Une fois la peinture bien étendue, nous avons suivi la marche de la dessiccation : « Quand la pièce a été peinte humide, même après passage à l'alcool et à la térébenthine, la dessiccation est pratiquement impossible », telle est la conclusion que nous avons tirée de l'emploi de la peinture à l'huile ordinaire. La pièce laissée à l’air se racornit sans que la peinture sèche jamais complètement. Immergée dans l’eau, aucune dessiccation non plus...
Devant ces résultats, nous avons tenté d'activer le durcissement au moyen de siccalifs, en liquide ou en poudre. Ce point demande quelques éclaircissements.
Les couleurs à l'huile ordinaires en tube sont un mélange de matières colorantes, en poudre impalpable, et d'huile, d’œillette en général, moins siccalive que l'huile de lin, mais se conservant mieux et plus longtemps. Une huile siccative est, en effet, une huile se transformant rapidement et à température ordinaire en une matière solide et élastique : avant l'emploi de la couleur il y a nécessité d'éviter ce durcissement ; au moment de l'usage, au contraire, on étend la couleur d'huile de lin siccative jusqu'à consistance convenable.
Pour hâter le durcissement de la couche, nous avons essayé d'ajouter du siccatif. Ce siccatif a été :
1° Solide, constitué par un mélange d'oxyde de zine et de borate de manganèse, ajouté au moment de l'emploi.
Dans ce cas, le durcissement s’accomplit, devient mème suffisant sous l’eau, mais l’adhérence est insuffisante pour un emploi convenable : au moindre frottement, la couleur s'écaille en de longs rubans flexibles,
2° Liquide. Les siccatifs liquides nous ont servi dans le cas de teinte foncée, à cause du jaunissement marqué qu’ils communiquent aux teintes claires et délicates : la dessiccation a été
ee LÉ
considérablement accélérée par eux. Nous avons employé uneformule préconisée par Andes.
RSR ele ae 1 CRC ARR One ET 390 grammes Bôraté de-manganèse. :........1..... 100 — DÉC NAME Re AL Létaue à 100 — Essence de térébenthine . . :,........... 650 —
Pour éviter le jaunissement désagréable de cette préparation, nous avons essayé également un mélange de 100 parties d’acétate de plomb pulvérisé finement avec 1.200 parties d'huile d’œillette. L'huile incolore obtenue, additionnée de 250 parties de térébenthine, sèche vite et donne une couche de peinture solide et résistante, mais seulement sur une surface sèche.
Plus simplement, nous avons employé l'essence de térébenthine, agitée avec de la litharge et décantée : ces deux dernières formules présentant l’avantage appréciable de ne pas dénaturer les couleurs claires.
Notre manière de procéder a été la suivante :
lo Passage de la pièce à l'alcool fort, puis à la térébenthine lithargée.
2° Evaporation de quelques minutes et tamponnement avec un flocon de ouate hydrophile sèche, bien tassée.
Nos essais portant sur des cubes de cerveau, fixés au formol, ou sur des fragments de préparations anatomiques, comprenant les divers éléments (vaisseaux, nerfs, muscles, aponévroses), ont donné les résultats suivants :
A) Diluée avec une proportion relativement considérable de siccatif liquide, la pâte à l'huile sèche relativement vite, avant même que la pièce ait eu le temps de se racornir. Pour atténuer ce défaut, il est d’ailleurs facile de maintenir la pièce dans une atmosphère très humide : le durcissement est quand même sensiblement aussi rapide.
B) Comme on devait s’y attendre, l'excès du siccatif produit un durcissement, une pellicule superlicielle, tandis que la partie profonde reste liquide : d’où rides et plissements.
Thomas 2
PRIQIS
C) L’adhérence est faible. Le doigt détache facilement de minces pellicules colorées.
Les résultats sont sensiblement les mêmes quand on dilue la couleur en pâte, directement dans du siccatif liquide, sans ajouter d'huile de lin : l’adhérence est meilleure, le mélange, très fluide, s'étale facilement, mais la couche sèche est toujours très
peu résistante.
Conclusions. — Malgré les divers artifices utilisés, l'emploi de la peinture à l'huile est incapable de remplir pratiquement le but que nous nous proposions : étalement difficile, adhérence imparfaite, dessiccation et durcissement complets pratiquement impossibles nous ont empêché de trouver satisfaction avec ce procédé.
Si l’on n'avait pas d’autres couleurs sous la main, il serait évidemment possible de préparer une pièce selon la technique ci-dessus : on devra alors s'abstenir toutefois de manipulations ultérieures capables de souiller les doigts et d’enlever désagréablement la couleur.