Essai sur la composition des comédies d'Aristophane
Il y a dans ce livre des hypothèses et des faits. On souhaiterait que l'incertitude des unes n'empêchât pas de reconnaître l'indiscutable réalité des autres. Pour se rendre un compte exact de la composition des pièces d'Aristophane, on a dû se livrer à de longues et minutieuses analyses. Ces analyses ne pouvaient se réduire à de sèches énumérations de mètres. Il fallait bien chercher à expliquer la diversité de ces mètres. Il fallait donc se figurer dans sa réalité concrète la représentation d'une comédie grecque. On a dû pour cela recourir à des hypothèses. On s'est efforcé de n'en adopter que de vraisemblables. Elles n'en restent pas moins de simples hypothèses et l'on n'a rien prétendu fonder sur elles: elles n'ont servi que de procédés d'exposition et nullement d'arguments. Les arguments dont on a usé sont tous des faits et des faits indéniables. Malheureusement ces faits sont peu nombreux, et, pour en tirer une conclusion, il a fallu les dépasser et se jeter encore une fois dans l'hypothèse. La portée de ce travail se trouve par là même fort restreinte : il est périlleux de conclure de quelques pièces d'Aristophane à toute la comédie du ve siècle. Mais, réduites aux seules pièces qui nous sont parvenues, les conclusions qu'on a tirées de leur examen sont hors de doute. Il appartient à chacun d'en donner V interprétation qu'il jugera le plus conforme à ce qu'il sait ou à ce qu'il s'imagine de l'antiquité.