‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 108 sur 142 · Parabase · texte numérisé non relu

Parabase

785. Kojx[jt,aT'.cv, un tétramèire anapestique . Les femmes vont faire leur propre éloge.

786-829. napa6aj-; et Tcvî-yoç. Les hommes prétendent que la femme n'est qu'une peste, mais ils veillent sur elle comme sur un trésor précieux. Et ils ont raison, car il n'y a du moins pas de femme au monde qui soit aussi sotte ou aussi basse que certains démagogues.

83o-845. 'Eizippr^ix. Il serait juste de se souvenir du service que les femmes rendent à la cité en lui enfantant des soldats. Il conviendrait de savoir gré à toutes celles dont les fils n'ont pas été des lâches ou des coquins, tandis qu'aujourd'hui la mère de Lamachos n'est pas plus honorée que la mère d'Hyperbolos.

Le ton de cette parabase est assez significatif. Il est sans gaité. On sent dans ces vers des préoccupations politiques qui n'osent pas se traduire ouvertement : le poète trouve sans doute les plaintes inutiles ou incapables de traduire la vivacité de ses sentiments. On distingue cependant sous ses plaisanteries un mépris profond pour certains hommes et une tristesse faite de découragement. L'ensemble manque de \erve sincère.

La seconde moitié de la pièce sera tout entière consacrée à la peinture des divers moyens qu'emploiera Euripide pour délivrer son beaupère. Ces tableaux seront tous des prétextes à de longues parodies que l'imitation de certains jeux de scène tragiques ranimaient peut-

I 3 'l LES THESMOPHORIES

être un peu pour le publie athénien, mais qui, à la lecture, nous semblent froides et monotones. Pour introduire un peu de variété dans ces diverses scènes, le poète a placé l'une d'elles dans le temple des Thesmophores, les deux autres autour d'un poteau où sera lié Mnésiloque, au centre de l'orchestra.

Le premier tableau est parodié de Y Hélène. Euripide joue Ménélas et Mnésiloque Hélène. Après un assez long dialogue, Mnésiloque veut imiter le brusque mouvement d'Hélène se jetant dans les bras de son mari dès qu'elle l'a reconnu. Deux vers dochmiaques (qi^i-qiS) traduisent son élan. Mais sa gardienne le retient, et, au même moment, arrive un prylane, suivi d'un archer scythe. Euripide s'enfuit. Le prylanc ordonne à l'archer de lier Mnésiloque avec sa robe et tout son accoutrement grotesque à un poteau et de ne laisser approcher de lui personne. L'archer se met en devoir d'obéir.

Le chant du chœur qui suit cette scène, par sa place dans la pièce, par le xopiAottov qui l'introduit, par les danses qui l'accompagnent, ressemble plus à une seconde parabase qu'à un simple ^optxôv. Il est ainsi composé :

947-952, deux tétramètres anapestiques suivis d'un système. Le coryphée invite le chœur à se livrer aux jeux que ramènent les saints mystères des Thesmophores.

953-958, strophe1. Le chœur s'apprête à danser. Les choreutes se donnent la main, et le pas2 qu'ils vont commencer doit être nouveau :t et difficile, car ils s'engagent mutuellement à bien regarder autour d'eux afin qu'il y ait de l'ensemble dans l'exécution.

959-968, nouvelle strophe * . Le chœur danse et, en même temps, il chante pour avertir le public qu'il ne fera point de satire', mais se contentera de célébrer les dieux.

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