Prologue
Comme les Acharniens. les Nuées commencent par un monologue, mais un monologue actif et varié. Strepsiade commence à s'agiter fébrilement dans son lit : il maugrée contre son fils et ses serviteurs. Puis il essaye de se rendormir. Enfin il rejette brusquement ses couvertures, se lève, fait allumer sa lampe et demande son livre de comptes : les dettes le dévorent, et cela à cause de ce fils qui, près de lui, rêve encore de chevaux ! Cherchant la cause de sa misère, il se laisse ramener par ses souvenirs au moment où il eut l'idée folle d'épouser la fille de Mégaclès, fils deMégaclès : c'est elle qui a donné à Phidippide les instincts d'un Alcméonide. — Chaque partie de ce long monologue est habilement détachée des autres par un jeu de scène plaisant : appels de Phidippide en rêve, injuste colère de Strepsiade contre l'esclave qui lui tend la lampe. — Mais Strepsiade, dans sa longue veille, a trouvé un remède à ses malheurs : Socrate peut seul apprendre à Phidippide le moyen de ne pas payer ses dettes. Stre-
i. Représentées aux Grandes Dionysies de l'année ^23. Aristophane n'obtient que le troisième rang. Cratinos était classé premier avec sa IÏjtîv7], Amipsias second avec son Ko'vvo;.
psiade réveille donc son fils et le supplie, d'aller trouver l'habile maître. Le jeune homme refuse et sort(i-i25).
La première partie du prologue est terminée. Suivant les procédés ordinaires d'Aristophane, la scène suivante doit exposer le thème comique delà pièce. Puisque Phidippide ne veut pas aller s'instruire chez Socrate, Strepsiade ira à sa place. Le thème sera donc : un vieillard à l'école. Mais il ne peut être plaisant que si l'école, le maître et l'élève prêtent également au comique. L'élève, nous le connaissons par les scènes précédentes. Il reste au poète à nous présenter l'école et le maître : c'est l'objet des deux scènes qui suivent, scène avec le disciple, qui montre à Strepsiade ses camarades dans des postures grotesques et qui lui fait passer en revue le matériel scolaire de la maison socratique ; scène avec Socrate qui du haut du panier où il estjuché interroge le postulant (126-217; 218-262).
La composition de la parodos est adaptée au caractère du chœur :
les anapestes et les dactyles, mètres larges et graves, y jouent seuls un
rôle :