‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 34 sur 142 · Parabase · texte numérisé non relu

Parabase

5io-5i7- Kofjujdrctov. Il est divisé en deux parties: un dimètre et un monomètre anapestiques, une strophe gly conique. Le même mélange de mètres se retrouvera dans les Guêpes (10 10 sqq.). Il s'explique sans peine ici. Selon l'usage, les premiers mots du xoppdrctov sont un adieu aux acteurs qui quittent l'orchestra : d'où l'emploi du système anapestique ' qui est de tradition pour accompagner les entrées ou les sorties. Les derniers mots sont l'annonce de la Tzzpàîxv.ç ; or, celle-ci est écrite en eupolidéens : il est donc naturel que les vers qui la préparent soient écrits dans un rythme similaire \

5i8-562. tlapa&Btç*. Le poète croit avoir contracté une dette visà-vis des gens de goût qui l'ont soutenu jusqu'ici. Il doit justifier leur confiance en ne leur présentant que des comédies dignes d'eux. Les Nuées étaient faites pour eux. Il les supplie donc d'écouter une seconde fois cette pièce. Ils verront que son échec était immérité et qu'elle n'est pas indigne de l'auteur des Détaliens : on y retrouvera les mêmes préoccupations morales et plus d'art encore. Si elle est tombée, c'est uniquement parce qu'elle était nouvelle, originale, le poète n'ayant voulu ni se répéter toujours ni plagier les bouffonneries grossières de ses rivaux.

1 . Le système est ici inachevé : de même dans les Guêpes (101 1).

2. La première moitié du vers eupolidéen est un glyconien. Cf. Wilamovvitz (Sitzungsberiehte... Berlin, 1902, p. 882).

3. Eupolidéens. La parabase des Ko'Xaxs; d'Eupolis était écrite dans ce mètre. Or, la parabase des Xuées est probablement postérieure aux Ko'Xazs; ; elle cite en effet le Mccpixâf qui fut joué en ^21 (aux Lénéennes, sans doute, puisque les Ko'Xa/.s; obtinrent le premier rang aux Grandes Dionysies de la même année). Il n'est donc pas impossible qu'Aristophane ait voulu ici imiter Eupolis.

563-574- 'QiS^1. Invocation à Zeus, à Poséidon, à l'Éther, au Soleil.

575-5p,4. 'ETCippYjixa. Les Nuées rappellent aux mortels les services qu'elles leur rendent : c'est d'elles que viennent les présages célestes sur lesquels ils règlent leur conduite.

595-606. 'AvwSr,. Invocation à Phœbos, à Artémis, à Athéna, à Dionysos.

607-626. 'AvTcTuppYjjxa. Les Nuées apportent aux Athéniens les plaintes de la lune. Grâce au nouveau calendrier adopté par Athènes, il n'y a plus accord entre le ciel et la terre, et les dieux, aux anciens jours de fête, attendent vainement les sacrifices des hommes. — Dans les deux épirrhèmes, le ton est le même : le thème de pure fantaisie ne sert en somme qu'à faire passer un trait de satire, contre Gléon dans l'épirrhème (5q i sqq.)2, contre Hyperbolos dans l'antépirrhème (623 sqq.).

Suivant l'annonce des vers 476-/477 nous devons voir maintenant Socrate essayant d' « éveiller l'intelligence » de Strepsiade. Ce thème est développé en deux scènes parallèles :î, de longueur à peu près égale*. Dans la première on interroge Strepsiade sur la grammaire; dans la seconde, on le met en méditation pour qu'il découvre le moyen de ne pas payer ses dettes. Les deux scènes sont terminées par une strophe choriambique B, mais elles sont en outre séparées

1. Choriambes. Cf. R. et W., p. 667, et Wilamowitz, op. laud., p. 89,4. — La strophe est divisée en quatre périodes: à chaque période correspond une divinité différente, aussi bien dans l'antistrophe que dans la strophe.

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