‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 44 sur 142 · Parodos · texte numérisé non relu

Parodos

La parodos est plus complexe. On peut la diviser en cinq parties :

i° — 230-2^7, tétramètres iambiques. Dialogue mélodramatique entre les choreutes. Voici, je crois, comment il faut l'interpréter scéniquement. Les héliastes apparaissent à la parodos de droite. Ils sont revêtus d'un vieux manteau. Tous portent un bâton. Au bas des

sur Philonidès après le nom d'Eupolis, ni de l'absence de la mention Iv'xa xpâVtOf 'ApKrrosâvT]; qu'il faut évidemment sous-entendre avant EùrcoX'.; IldXsai x. t. s; mais l'hypothèse même de la victoire des Guêpes aux Dionysies est formellement contredite par le témoignage des inscriptions (CIA, II, 971 b): sur le catalogue des vîxai Aiovuaiaxaï, le nom du vainqueur comique de l'année 4aa finit par 0;. Et l'on ne peut même pas songer à KaXXîTtoato;, puisque les seuls mots certains de notre didascalie affirment que les Guêpes furent représentées oià <1>'.Xu>v:ooj. M. van Leeuwen conteste, il est vrai, l'exactitude de la restitution de Kœhler : au lieu de lI(X'.[avt£J;], il lit ra![oojv et] croit qu'il s'agit dans cette partie de l'inscription non d'un poète comique, mais d'un poète cyclique. Mais il est encore contredit par le marbre, car l'ordre suivi dans ce catalogue est toujours icofôtuv, àvoowv, xcoawowv, Tpayajowv . Alors même que la mention x(ou.tuà(ijv manqvierait (ce qui est déjà invraisemblable), c'est la mention âvSpwv qui se trouverait alors placée avant Tpaywotov. La restitution ;:aiÔwv est donc inadmissible : le vainqueur aux Dionysies de l'année 422 ne fut pas Aristophane.

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reins ils ont un long dard acéré qui les fait ressembler à des guêpes et dont la forme rappelle celle d'un stylet (èyxevTp(ç). Le coryphée et ses deux parastates sont accompagnés chacun d'un enfant qui porte une lampe \ Ils entrent lentement dans l'orchestra en marchant avec précaution, car la nuit est encore profonde. Le coryphée, Strymodore 2, se montre le premier et se tournant vers son premier parastate, Kômias, lui reproche sa lenteur et lui demande encore un effort (23o-232). Kômias, avec son demi-choeur arrive péniblement dans l'orchestra et demande à Strymodore si Evergidès et Khabès sont déjà là (233-234). Ce sont les chefs de file du deuxième demi-chœur. Et, comme ils se trouvent justement derrière les premiers arrivants, l'un d'eux, Evergidès, répond lui-même : « Oui, ils sont là... » (235- 23g). Tous sont maintenant dans l'orchestra. Ils s'arrêtent et soufflent un moment. Puis le coryphée les invite à reprendre leur route (2^0- 245) et un des parastates répète son ordre (2/46-247). Le chœur se remet en marche.

20 — 248-272, télramètres iambo-trochaïques. Le sol est boueux et glissant. Les enfants guident les vieux et leur signalent les flaques d'eau. Soudain la lampe du fils du coryphée semble s'éteindre. « Avec une brindille de bois, fais sortir la mèche, » dit le père. Mais le petit, avec son doigt, a déjà poussé la mèche du dedans 3. La lampe éclaire cette fois, mais que d'huile elle va brûler ! Le coryphée furieux frappe l'enfant. Le gamin pleure et menace les vieillards de les abandonner au milieu de la boue où ils barbotteront comme des canards. Enfin, après un assez long radotage sur la pluie, l'humidité et le vent, le chœur arrive devant la maison du vieil héliaste.

3° — 2-3-289, chant du chœur*. C'est une aubade au vieil héliaste

1. Le texte indique clairement que c'est toujours un seul enfant, et non un chœur d'enfants, qui élève la voix dans cette parodos. D'autre part le vers 4o8 prouve qu'il y a plusieurs enfants avec les choreutes. Je suppose donc qu'il y a juste autant d'enfants qu'il y a de dialogues différents entre le chœur et un enfant, c'est-à-dire trois (2^8 sqq . , 291 sqq., 3o4 sqq.). Il n'est pas impossible cependant que chaque choreute soit accompagné d'un enfant; alors il y aurait parmi ces enfants et des solistes et de simples figurants.

2. Cf. Lysistralu, où le nom du coryphée est aussi Strymodore (v. 259) et où le mouvement qui commence la parodos est analogue à celui-ci.

3. Il faut lire au v. 2^9 7t(odu,uÇov, qui s'oppose à 7:po6<Saetv du v. a5o.

4. Pour la scansion de cette strophe, cf. Extraits d'Aristophane, par L. Bodin et P. Mazon, p. lxvi.

pour l'appeler au tribunal. Gomment le plus assidu des juges a-t-il pu s'oublier aujourd'hui ? Ne sait- il pas que l'on doit juger un gros personnage ? Est-il malade du verdict d'acquittement rendu la veille ?

4° — 290-3 16. Dialogue chanté1. Philocléon n'a pas répondu. Le chœur fait quelques pas2 encore pour se rapprocher de sa porte. A ce moment, un des gamins, qui n'aime pas rendre des services gratuits, demande à son père, le premier parastate, de lui acheter des figues. Mais le pauvre héliaste, qui n'a pour vivre que son salaire de juge, refuse de le lui promettre. — Le fils du second parastate demande de son côté à son père ce qu'on aura à manger, si par hasard l'archonte laissait vaquer le tribunal. « Rien, » répond le père. Et le gamin agite alors lamentablement son sac à provisions entièrement vide. — Ce double dialogue, chanté sur un rythme traînant de refrain populaire, est déjà une exposition de ce qui est l'idée essentielle de la pièce : la justice est le gagne-pain de tous les gueux d'Athènes. Ce sont les plus pauvres citoyens qui sont les souverains maîtres de l'Etat, et, pour qu'ils aient à manger, il faudra que les riches aient des procès et que les sycophantes traînent devant leurs tribunaux tous les honnêtes gens. Voilà à quoi aboutit l'institution du [xtaôoç Buwwtixoç qu'Athènes doit à la démagogie. Le petit sac vide qu'agite le fils de l'héliaste est un symbole expressif que pas un spectateur n'oubliera.

5° — 3 17-332. Monodie de Philocléon répondant au chœur. Il se lamente d'abord en une courte strophe3 ; puis, en anapestes lyriques4 terminés par vin icvfyoç, il appelle Zeus à son aide.

La scène qui suit se présente (au moins extérieurement) sous la forme d'un àywv, ou plutôt d'un aùnTflia, car c'est bien pour des scènes de ce genre qu'il conviendrait de revenir à cette appellation : le fond n'a rien d'un ày^v, mais le cadre est celui de tous les StfSrwç.

1. Ioniques mineurs (3o8 est altéré) : A (2qi-3o3) = À' (3o4-3i6).

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