‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 43 sur 142 · Prologue · texte numérisé non relu

Prologue

Sosias, qui montait la garde derrière la maison, apparaît à l'angle du mur. Apercevant son camarade endormi, il se penche sur lui et l'éveille. Les deux esclaves se racontent leurs songes et les interprètent de façon bouffonne. Tout ce dialogue, étranger au véritable sujet de la pièce, n'est qu'une succession de facéties et de jeux de mots sur Cléonyme, ïhéôros, Alcibiade. Puis Xanthias se tourne vers les spectateurs et leur expose le sujet de la pièce. Comme ce récit est un peu long, Aristophane l'a égayé d'un jeu de scène plaisant : au milieu de son discours l'esclave s'interrompt pour faire deviner au

i. Représentées en /|22, nous ignorons à quelle fête et avec quel succès: le texte de la didascalie est profondément altéré. Le voici tel qu'il est donné par le 1 enetus: èoioâ/Orj £7:1 àpyovro; 'A(J.uvt'ou Stà «JiXcovt'Sou ev Tfj toXei ôXo|xî:ia8i (î' rçv etç Arjvata xal èvtxa Jipwxo; <I>iXcdv£ôt); Hpodytavi, Aeûxtov npe'aôeat TpÎTo;. Une seule correction est certaine, c'est celle de Au.uvtou en 'Au.£tvtou. Toutes les autres sont invraisemblables ou inutiles; la conjecture j:G' ôXu[A7ttâ8i, par exemple, adoptée par la majorité des éditeurs, introduit dans le texte une mention inutile, qui n'éclaircit rien. Remarquons seulement que et; Arjvaia ne se rattache certainement pas a èStSay Otj, car Aristophane ne peut avoir présenté au môme concours deux pièces, les Guêpes et le Proagôn, sous le nom de Philonidès. On n'a pas encore trouvé de restitution satisfaisante de ces trois lignes. Voici ce que propose le dernier éditeur, M. van Leeuwen : Èoioâ/Or) è— i âp/ovTo; 'Au-sivtou Stà <I>tXwvt6ou. Eù'tcoXiç ndXeai ôaÛTcpo; r,v — xal et; Ar(vata eVxa Ttpwxoç <I>iXwvi'8ï)i; Upoiytavi — AeiSxwv Hpéafcai rptTOç. Cette restitution fourmille d'invraisemblances : je ne parle pas seulenient de la conjeclure plus qu'incertaine EfaoXi$ HtfXiet, ni de la place bizarre de la parenthèse

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public quelle est la maladie de son maître. Il feint d'entendre des réponses, les réfute toute une à une et enfin lance lui-même le mot : Philocléon est ^X^X'.xivr^ . — D'après F usage d'Aristophane, la scène suivante doit voir commencer l'action ou du moins exposer le thème comique. Le thème, c'est ici l'emprisonnement de l'héliaste dans sa propre maison et ses efforts pour s'évader. Le récit de Xanthias est donc à peine achevé qu'un cri de Bdélycléon appelle les esclaves : Philocléon cherche à fuir. Successivement les spectateurs voient apparaître le vieux juge à la cheminée de la cuisine, puis sous le ventre d'un âne, comme Ulysse, enfin sur les tuiles du toit. Toutes ces tentatives sont déjouées : on le force à rentrer et, comme on entend les pas du chœur qui déjà s'approche, tous les acteurs rentrent dans la maison. — Nous avons donc ici un type connu de prologue : tableau imprévu et dialogue plaisant, sorte de parade en dehors de l'action ; récit-prologue adressé au public; enfin, exposition du thème comique en trois jeux de scène successifs.

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