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LES ACHARNIENS 2 1
quelque scène analogue1. On peut aussi songer à V Andromaque1, où Ménélas se sert d'Astyanax comme d'un otage et contraint ainsi Andromaque à abandonner la statue près de laquelle elle a cherché un asile. Mais il est encore plus probable qu'Aristophane cherche simplement ici à ridiculiser un procédé de pathétique artificiel dont les poètes tragiques avaient sans doute abusé, puisque nous le retrouvons deux fois 3 dans les seules tragédies d'Euripide qui nous ont été conservées.
Un silence. La farce est finie : une autre comédie commence. Le ton en est donné par deux couplets de Dicéopolis, suivi chacun d'une strophe dochmiaque4. Nous sortons de la parodie bouffonne pour entrer dans une scène de parodie littéraire, moins grosse et moins bruyante.
Dicéopolis jette le panier de charbon, secoue la poussière noire dont il est couvert et, d'un ton plus calme, tandis que choreutes et acteur regagnent peu à peu le milieu de l'orchestra, il renouvelle son défi de plaider, la tète sur le billot, la cause de Sparte.
Quelle est l'origine de cette fantaisie? Dans le Télèphe d'Euripide, Télèphe, entendant les chefs grecs donner tous les torts aux Troyens et à leurs alliés, ne pouvait contenir son indignation et s'écriait en face d'Agamemnon : « Non, quand bien même un homme serait là, la hache à la main, prêt à la laisser retomber sur ma tête, non, je ne me tairai pas, alors que je puis vous répondre par le langage de la justice5. » Aristophane, par un procédé familier aux comiques6
i. Il est assez curieux en effet que la même parodie se retrouve dans les Thesmophories (689 sqq.), qui sont aussi imitées du Télèphe. Cf. Hygin, fab. 101.
2. L' Andromaque doit être antérieure aux Acharniens, car la scholie du v. 445 la place àv ocpyaï; toj ncXo~ovvT)7*.a/.oC! soXiuou.