‹ Essai sur la composition des comédies d'AristophaneChapitre 79 sur 142 · Au vers a54, je lis avec Westphal : Tocvj&êi'pwv · texte numérisé non relu

Au vers a54, je lis avec Westphal : Tocvj&êi'pwv

2. Cf. Timothée de Milet, les Perses, a3a : xt)ouxu>v Xiyufxaxpofiwvœv teivovtocî îuyiî.

EES OISEAUX 99

Ainsi, malgré son désordre apparent, cette monodie est composée avec un art très sûr. Elle admet dans le cours d'une période certains éléments étrangers pour peindre l'agitation, le grouillement infini des oisillons qui se lèvent à l'appel de leur roi. Mais chaque période n'en a pas moins un rythme propre qui fait son unité. La première période est iambique, la seconde trochaïque, la troisième iambique, la quatrième péonique, la cinquième dactylique, et la sixième rassemble ces divers motifs rythmiques.

Nous avons là une imitation de ces monodies d'Euripide dont Aristophane s'est si souvent moqué. Mais le reproche que Cratinos faisait à notre poète d'eùpMCt&xpwrofavtÇetv, c'est-à-dire d'emprunter à Euripide tout en le raillant, n'est pas vrai seulement de la langue et de son style, mais même de sa métrique. Aristophane trouvait sans doute beaucoup d'artifice et de mauvais goût dans les monodies confuses d'Euripide, et il les fait parodier avec beaucoup de bonheur par Eschyle dans les Grenouilles. Mais il voyait aussi les effets qu'on pouvait tirer du mélange des mètres, tel que le pratiquait Euripide. Et c'est ainsi qu'il a écrit cette monodie charmante, qui n'est pas un pastiche, mais plutôt une adaptation souriante des innovations de la tragédie à l'art comique. Euripide se trouve ainsi traité, dans les Oiseaux, sans malveillance, mais avec une sympathie un peu ironique qui montre que celui qui le raille n'est cependant pas insensible à ce qu'il a de séduisant. Ceci nous indique déjà quel est le ton général de toute la comédie et nous renseigne un peu sur le sens dans lequel nous devrons chercher à l'interpréter.

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