Je traduis les mots du vers
C'est, à peu de chose près, la structure des Guêpes1. Mais, si dans les Guêpes, la pensée du poète apparaît très clairement, il n'en est pas de même dans les Oiseaux. La pièce n'a point de portée politique. Contient-elle une intention satirique ? Le protagoniste d'Aristophane fait songer aux sophistes : est-ce donc une caricature de Gorgias ? Il a la même foi que Gorgias dans le pouvoir souverain de l'éloquence, les mêmes procédés captieux de discussion. Mais, d'autre part, il est le « personnage sympathique » de la comédie ; le poète ne le raille ni ne le ridiculise ; il s'intéresse au contraire à lui et même, en plus d'un passage, semble en faire son porte-parole. Or, quelle est la thèse de Pisétaire, celle qu'il soutient dans l'âywv ? Une thèse de pure fantaisie: l'éternelle royauté des oiseaux. Et par quels arguments la défend-il? Par des calembours, des rapprochements imprévus, des facéties. Les morceaux les plus importants de la comédie, l'àywv et les deux parabases présentent tous les mêmes caractères : la discussion y prend le ton d'un spirituel badinage et se joue au milieu d'arguments qui ne sont que des plaisanteries. Mais, d'autre part, ces arguments plaisants sont tous présentés avec une certaine affectation de logique : ils se donnent ironiquement des allures de raisonnements irréfutables, et, par là même, ils trahissent une fine parodie des procédés de la sophistique. Aux ennuyeux raisonneurs de l'école de Gorgias, de Prodicos et de Socrate, qui croient que la vérité s'obtient par des séries de formules logiques ou par une marche lente et appliquée de l'esprit à travers des abstractions sans vie, Aristophane oppose joyeusement le droit à la fantaisie, à la poésie, c'est-à-dire à la vérité qui se conquiert d'un élan libre et gai, et, pour souligner son intention, pour bien montrer le néant de la logique, il le prouve... par la logique même, par des arguments de sophiste éprouvé. Il bâtit sa ville dans les nuées, à son tour ; il pénètre, lui aussi, les secrets du monde : qui s'est instruit à son école « enverra paître désormais Prodicos » .
i. Je ne parle bien entendu que de la premier/' partie des deux pièces.
Le fond de l'orchestra représente l'entrée de l'acropole : les Propylées sont à la hauteur du toit de la «uijv^. Un petit sentier2 descend en pente raide jusque dans l'orchestra, en filant entre des rochers. L'un de ces rochers, ouvert du côté des spectateurs, laisse voir une grotte peu profonde 3.