Cf. Guèp
répond le chœur. Et la scholie du vers 253 dit en effet : yopbq àvSpwv yspsv-wv f( Stpôpîîwpoç. Il faut se figurer ainsi l'entrée du chœur. Le coryphée apparaît le premier. Il porte une énorme marmite qui contient de la braise. Il s'adresse au chef de file1 du premier demi-chœur2, Drakès, et l'encourage à faire un dernier effort pour arriver jusqu'à l'orchestra. Le premier demi-chœur entre alors en chantant sa première strophe (A). Tous les choreutes ploient sous un lourd faix de fagots. Drakès s'adresse ensuite au chef de file du second demi-chœur, Philourgos, et l'invite à venir fermer le cercle de vieillards qui investira l'acropole et réduira par le feu les rebelles qui s'y sont installées (x). Et le second demi-chœur défile à son tour dans l'orchestra en chantant (A). Quand il est rangé devant les Propylées, son chef, Philourgos, prononce à haute voix un serment de haine et de guerre destiné à exciter encore l'ardeur de ses choreutes (a').
Il reste à gravir le dernier sentier qui mène à l'acropole. Mais d'abord il faut souffler le feu qui dort dans la marmite de Strymodore et qui menace de s'éteindre. Les choreutes3 s'approchent du coryphée, soufflent ensemble sur la marmite et reculent aveuglés par la fumée épaisse qui s'en échappe aussitôt (B). Ils se frottent les yeux en larmoyant ; puis ils se tournent de nouveau vers Strymodore4 et, l'invitent à gravir le raidillon des Propylées. Mais, cette fois encore, la fumée de la marmite les aveugle et les force à reculer (B).
Le coryphée s'apprête donc à faire son devoir. Il dépose le lourd sarment qu'il portait sur son épaule, le plonge dans la marmite, l'en retire enflammé, et, en invoquant la Victoire souveraine, s'apprête à
i. Cf. 254, ^y0^ P*3ï)v.
2. Il s'agit en réalité d'un quart de chœur : le chœur des hommes ne forme à lui seul qu'un demi-chœur. Quant au nombre réel des choreutes, il est impossible de l'évaluer exactement: les résultats qu'on pourrait tirer des correspondances observées dans quelques passages où dialoguent les deux demi-chœurs (35o sqq., ioi4 sqq) sont contradictoires. Je serais bien étonné cependant que le nombre des choreutes ne fût pas supérieur à 24 : des groupes de six choreutes paraîtraient trop peu considérables.
3. Et non pas le premier demi-chœur seul. Il est évident, d'après 296 sqq., que les deux strophes B et B' sont chantées par les mêmes choreutes.
4- C'est ainsi que j'entends les mots: w Ai/r];. Le chœur appelle Strymodore son Lâchés, c'est-à-dire « son général », « son chef ».
monter avec précaution vers la citadelle *. Les choreutes le suivent des yeux d'un coin de l'orchestra 2.
C'est à ce moment que le chœur des femmes apparaît. Un bref solo d'encouragement de leur coryphée, Nikodiké *, et deux strophes du chœur* marquent cette entrée (F et T). Leurs derniers mots sont un appel à Pallas, et, tout en le chantant, elles se tournent vers l'acropole et s'apprêtent à gravir le sentier qui monte aux Propylées. Soudain, Nikodiké aperçoit le coryphée des vieillards qui va mettre le feu aux portes. Elle bondit vers lui et lui arrache sa torche (35o : è'asov w). Strymodore, surpris et effrayé, prend la fuite et se réfugie dans les rangs de son chœur en criant : « Ah ! voici qu'un essaim de femmes vient au secours des portes ! » Le chœur des vieillards tout entier, dans un premier moment d'effarement, recule5. Mais, rapidement, il se ressaisit et, le bâton levé, marche contre les femmes. Celles-ci déposent leurs urnes, puis font face à l'ennemi. Un dialogue pressant et rapide s'engage d'un chœur à l'autre entre divers choreutes. Ce ne sont d'abord que des menaces, mais qui suffisent à faire réfléchir les vieux. Les vers 368-36q correspondent évidemment à un mouvement de dépit et de retraite. Le coryphée des hommes ramasse son sarment, celui des femmes sa cruche. Ils se heurtent tous deux, s'étonnent, s'indignent, en viennent aux défis, enfin aux actes. Strymodore se jette sur Nikodiké, la torche levée, et cherche à mettre le feu à sa chevelure. Mais Nikodiké, d'un geste brusque, vide sur lui sa cruche. Le vieux, piteux et ruisselant, se secoue lamentablement, tandis que Nikodiké lui lance une dernière insulte : « Tu as du feu : réchauffe-toi ! »
i. On pourrait peut-êlrc aussi diviser les vers 3o6-3i8 entre divers choreutes. Ils me semblent pourtant pouvoir tous convenir au coryphée : il est donc préférable de les lui laisser.
2. Les mots o'juoç PaS'.aTe'ov (292) prouvent qu'ils n'ont pas encore commencé à monter lorsqu'ils chantent la strophe B. Comme, dans l'antistrophe B', ils ne font que s'agiter autour de la marmite, ils sont encore dans l'orchestra au v. 3o5. Bien, dans les vers 3o6-3i8, n'indique qu'ils aient bougé davantage quand le chœur des femmes fait son entrée.
3. Cf. p. 112 : le même raisonnement vaut pour Strymodore et pour Nikodiké. !\. Bien n'indique que le chœur se divise en deux moitiés, chacune chantant
une strophe. Au contraire les mots ç^peiv Gôwp fisO' fjjxwv (3/io,) qui correspondent à os'poua' ûowo JSorjOài me semblent exiger que les deux strophes soient chantées par les mêmes choreutes, cf. p. n3, n. 3. 5. Cf. 354. Ti fsôôXXeO' tj|xSî.
Avec un cortège d'archers scythes, un Proboulos entre dans l'orchestra. Sa bêtise bavarde se traduit d'abord par de longues lamentations sur le dévergondage des femmes, sur leur goût pour les cultes exotiques de Sabazios et d'Adonis, sur leur habileté à jouer leurs maris et à en faire même les complices inconscients de leurs débauches. Ces plaintes naïves traduisent assez plaisamment la nullité et la faiblesse de ce fantoche bavard voué à l'impuissance et au ridicule quand il veut faire montre d'autorité et de vigueur. A peine, en effet, prétend-t-il faire forcer les portes de la citadelle que Lysistrata paraît et, lançant d'un mot sur les archers les femmes enfermées dans l'acropole, fait rosser et mettre en fuite toute la police d'Athènes. Le Proboulos gémit et se désole (462). Mais déjà Lysistrata a fait rentrer ses troupes au camp (46 1)- Elle reste seule en face du magistrat qui représente Tordre établi, la cité telle que l'ont faite les hommes, le gouvernement de sottise et de faiblesse que les femmes veulent renverser au nom de la justice et du bon sens. L'àywv commence :
467-475. Les deux coryphées, 9 (4 -|- 5) tétrametres iambiques.