o. Le coryphée des femmes, 2 tétrametres iambiques
| / 54i-547. 'AvtiuSï)'.
} 548-54q. 'AvTixaTazsXEuaao':, 2 tétrametres anapestiques.
I 55o-597. 'Avmrfppi)!», 47 tétrametres anapestiques.
[ 598-607. 'Avxi~vïyoç, système anapestique (10 éléments).
6o8-6i3. yjçpa-j-î;, 6 (3 -f- 3) trimetres iambiques.
Cet xfw comprend deux éléments que nous ne rencontrons pas ailleurs. Ce sont deux sortes de préludes mélodramatiques, l'un à l'àywv entier (467-475), l'autre à l'àv-wo^ (53o-54o). Tous deux s'expliquent par la composition du chœur de Lysistrata. Le débat n'est pas seulement entre deux personnages, il est aussi entre deux chœurs. Il est donc naturel qu'il débute par un bref dialogue
1. Crétiques et anapestes correspondant sans doute à un défilé dgnsant : cf. 54 1-
entre les deux coryphées. L'audace du coryphée des femmes détermine le mouvement de stupeur et de piété indignée des vieillards, qui prennent alors Zeus à témoin et remplissent l'orchestra de leurs chants et de leurs danses. Mais, après le premier épirrhème, quand Lysistrata couvre le Prohoulos de son voile, les vieillards esquissent sans doute un mouvement en avant pour défendre leur champion. Alors, le coryphée des femmes, s'adrcssant à son chœur qui, depuis un moment, se tient à l'écart, l'appelle au secours de Lysistrata et ce sont les femmes qui, cette fois, chantent et dansent l'àvwâlj*.
C'est aussi cette division du chœur qui a forcé Aristophane à composer un àywv double, alors que le caractère effacé du Proboulos ne pouvait permettre au poète de consacrer un épirrhème entier à la défense de la cause des hommes. Et, en effet, l'épirrhème et l'antépirrhème appartiennent tous deux à Lysistrata seule. Ce n'est que par un procédé tout artificiel que la parole est donnée d'abord au Proboulos, comme s'il allait conduire la discussion. Le xaraxt- XeuajJisç lui est adressé, mais c'est uniquement pour qu'il interroge Lysistrata, et c'est la réponse de Lysistrata qui, en réalité, remplace l'épirrhème. La conséquence, c'est qu'ensuite, lorsque l'ômxa- Tr/.eAsj7;jiiç est adressé à Lysistrata elle-même, on voit mal ce qu'elle pourra dire : il semble que la matière soit déjà épuisée et la question résolue. Il y a donc une réelle incertitude dans le développement de cet àytov. Mais il était difficile à Aristophane d'échapper à ce défaut. Deux chœurs étant en présence, il était contraint de donner à l'un une wSy;, à l'autre une àvTwo/^, par conséquent d'écrire un âywv double. Et d'autre part, étant obligé par la structure de l'orywv de développer également deux thèses opposées, il en était une, celle des hommes, qu'il ne pouvait exposer qu'en compromettant sa comédie tout
i. Les vers 53q-54o sont très difficiles. Mais, en tout cas, il ne faut pas y voir, comme certains éditeurs, l'entrée d'un nouveau chœur de femmes. C'est assez des TZ(xpa.//jW{r'l<ia.-.3. qui interviendront à la fin de la comédie En outre, les mots mêmes du texte ne se prêtent pas à ce sens. J'entendrais plutôt: « Laissez-là vos urnes, femmes, afin que nous venions, nous aussi (comme les vieillards l'ont fait pour le Proboulos) au secours des nôtres. » Depuis le commencement de la scène, le coryphée des femmes a seul joué un rôle (^71 ^75) : son chœur était resté à l'écart, auprès des urnes posées à terre dans un coin de l'orchestra. A l'appel de Nikodiké, il quitte les urnes (àTtaip:'. àr.ô xàiv xaXrc'Swv) et s'avance jusqu'au centre de l'orchestra .
entière ; car les raisons qu'il eût fallu, dans ce cas, faire valoir et mettre dans la bouche du Proboulos était d'un ordre délicat et dangereuses même à effleurer : le patriotisme athénien était susceptible et ombrageux. La situation était, pour le poète, la même qu'à l'époque des Acharniens. Il ne pouvait aborder franchement la question. Il a donc fait en [\\i ce qu'il avait déjà fait en !\io. Il a réduit au néant la thèse adverse en lui donnant un défenseur ridicule, et il a enveloppé les conseils sérieux que son héroïne donne au peuple athénien de développements fantaisistes et paradoxaux sur le rôle de la femme dans la cité et l'attention que méritent ses avis. Enfin, pour accentuer encore le caractère caricatural du Proboulos et un peu aussi pour donner quelque mouvement à une scène trop lente et de ton indécis, il a terminé chacune des deux moitiés de l'iywv par un jeu de scène comique. En récitant le rcvïysc, Lysistrata enveloppe le Proboulos de son long voile, lui jette sa ceinture autour du corps, lui met une corbeille dans les bras, et le fait tourner ainsi, aveuglé et ahuri, dans l'orchestra. Enfin, à l'àv-tzvivcc, elle l'entoure de bandelettes, lui pose une couronne funèbre sur le front : le Proboulos s'en va semblable à un mort vivant. Mais, avant de sortir, il lance une menace à Lysistrata. Lysistrata lui répond par une promesse ironique et rentre dans l'acropole '.