CHAPITRE VI
LES 0ENTILE8
Ressemblanoe de leur conéition avec ceUe de« Lœti. — Différence entre les Lœti et les Oentiles : les Gentiles étaient des Sarmates et non des Francs. — Leur date probable, postérieure à celle des Lœti. — Leurs principaux cantonnements. — Des différentes espèces de Gentils.
Les Gentiles ne forment pas , à proprement parler, une classe spéciale de Barbares , établis dans l'Empire. Leur condition était analogue à celle des Lœti avec lesquels on les a souvent confondus , mais à tort, car ils en différaient par le nom , par leur origine , par la date de leur admis-* sion,par les lieux mêmes qui leur avaient été assignés pour cantonnements ^
On a coutume de désigner sous le nom de gentils ( Gentiles, 'E9vt)cot) les nations demeurées païennes par opposition aux chrétiens et aux juifs. Cette distinction se retrouve dans tous les livres du Nouveau Testament et dans la plupart des auteurs latins du iv* siècle , après la conversion des Romains au christianisme. Les Barbares idolâtres étaient compris dans cette dénomination générale de
1 Bock., II, De Gentilibus, p. 1080-1093.
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génies qui s'appliquait à tous les peuples placés en dehors du monde romain ^
Mais il y avait, en outre , à la même époque, certains corps de Barbares , enrôlés au service de TEmpire et qu'on appelait. les Gentiles, Parmi ces Genliles, dont la milice faisait le caractère distinctif et commun *, figuraient ceux que la Notitia mentionne après les Lœti , ayant à leur tête des Prœfecti ou Prœpositi sous le commandement supérieur du maître de la milice^. Ce sont les plus nombreux et les plus importants, quoique inférieurs en dignité. Il importe de bien déterminer leurs rapports avec les Lœti et de marquer les différences par lesquelles ils s'en séparaient.
Comme les Lœti^ les Oentiles formaient des colonises militaires et agricoles sur le territoire romain. On leur faisait des concessions de terres aux mêmes conditions, c'est-à-dire moyennant l'obligation du service militaire pour eux et leurs descendants. C'était une nouvelle pépinière de soldats pour la" défense de l'Empire et principalement des frontières , car la plupart des terres qui leurs étaient ainsi concédées étaient des terres vacantes, du de- .maine de l'Etat, des terres limitrophes, terrœ limitaneœ , comme celles des Lœti et des vétérans. Nous en avons la preuve certaine par un texte de loi du Gode Théodosien qui nous a été conservé et que nous avons déjà cité à propos des Lœti et des terres létiques *. C'est un rescrit des
* MaffQi, Ver illust,, I, p. 205, in-fol. Gentiles définit : « Stranieri, cioè non compresi nellimperio, il che tanto era quando dir barbari, ed eschisi da privilegi, che portava seco Fesser Romano. » *
* Du Gange, Gloss., Gentiles. « Gentiles vocabant Romani, quos ipsi etiam interdum Barbaros, qui Romanis militabant, eorum fœderati, vel qui in leges Romanas ultro vel deditione transibant. » — Ramb., J}e LœtiSy p. 24. « Dicebantur Gentiles, quoniam, cum Barbari essent. Romanis militabant. >
3 Bock., II, p. 119-122.
* Cod. Théod., VII, tit. 15, loi 1, De terris limitaneis.