DB GENTILES
ves des peuples germaniques et ne conseryent aucun des caractères propres à leur nationalité ^ . Les Romains , du reste, qui se connaissaient en hommes, ne les avaient jamais eus en même estime que les Germains : l'empereur Julien , traversant la Palestine , pour gagner TÉgypte , exprimait son mépris à Tégard des Juifs en les comparant aux Sarmates, tandis que pour se faire obéir, il avait coutume de dire : « Ecoutez*moi, les Allamans et les Francs m'ont bien écouté ^. »
Il ne faut pas confondre ces Gentiles^ coloâd militaires, avec ceux qui servaient dans les troupes palatines (pala- Uni) y sous les ordres du maître des offices (magister offidorum) , sorte de ministre d'Etat et de la maison de Tempereur, dans les attributions duquel rentraient tous les services du palais , la garde impériale (protectores domestici) les arsenaux (fabriccç)^ les postes {cursus publicusj, la police (curiosi) et la diplomatie (interprètes diversarum gentium)^. Deux corps de Gentiles, dé$ig»és sous le nom de Schola Gentilium Senionmi et de Schola GerUilium Juniortim, figuraient dans les cadres de la milice palatine à côté des Scutarii, des Armaturœ , des Agentes in rébus ^ sorte de mem domimWj délégués en inspection dans les provinces avec des fonctions diverses *.
i Bock., DeGentUibuSy p. 1093.
* Amm., 1, XV, c. v. « Ssepe dictitabat : Audite me, quem Alamanoi audierunt etFranci... »
Cum PaUesiinam transiret, ^gyptum petens, fœtentium Judseorum et tumultuantium ssepe tsedio percitus, dolenter dicitur exclamasse : ! Marcomanni, o! Qaadi, o! Sarmatse, tandem alios vobis inertiores invenî". >
3 Bock., Noi. Imp. Orient., p. 38-39. — Ibid., Not. Imp. Occid., p. 42-44. — FnscuB^ Eœcerpt. légat., c. v, éd. Bonn., p. 149. — Lyd., De Magist., 1. II, c, x. — Amm., Index II, c. m. Magister ofBciorum.
* Bock., Not. Imp. Orient., p. 38, p. 235. — Ibid.y Nùt. Imp. Oceid , p. 42, p.' 396. — Procope, De Bello Goth., IV, 27. Twv èwl tov iMtXa- TÎou ^u>ax^ç T&xaf ^'vci>v Xoxfov, oûcTcep Sx^Xàc 6vo(tà2|ou<nv.
i68 LES GENTILES
Ces Scholc^y plus particulièrement attachées à la personue du prince et ainsi désignées à cause de leurs quartiers voisins du palais , avaient un effectif d'au moins trois mille cinq cents hommes, supérieur à celui de la légion , et recevaient encore , comme les protectores domestici. une solde plus forte que le reste de l'armée ^ Ils avaient à leur tête, non un prœfectus^ ainsi que les Lœti et les Gentiles Sarmatœ^ mais un tribiirms^ appelé aussi quelquefois reotor ^. Leur nom. se trouve souvent joint à celui des Scutarii^ dont ils étaient rarement séparés et avec qui ils marchaient de pair, de même que les cohortes auxiliaires des Bataves et des Erules. Ils se recrutaient parmi les différentes nations barbares, aussi bien parmi les Germains et les Francs que parmi les Scythes et les Gpths ; généralement ils appartenaient à la classe supérieure de leur nation et formaient un corps d'élite composé des plus beaux hommes ^. C'étaient des corps de cavalerie , tandis que les Sarmates, commandés par des prœfecti et placés sous la direction du magister militufn prœsentalis a peditum parte , fournissaient de l'infanterie. Ils jouissaient de tous les privilèges attachés à la milice palatine, et leur condition, très-supérieure à celle des Lœti^ n'était pas différente de celle des Fœderati. Leur dévouement était apprécié (Jes empereurs, qui avaient toujolirs aimé à s'entourer d'étrangers. Toutefois ce n'était pas chose facile que de maintenir la discipline parmi ces corps privilégiés où l'esprit d'insubordination se développait au milieu du luxe et delà corruption de la cour; les flatteries mêmes dont ils étaient l'objet leur donnaient une singu-
* Suidas, Yiioké.^\o\. — Gorippe, De laudibus Justini minoris, IH, v. 157 et suiv.
* Amm., 1. XV, c. v. « Malarichus Gentilimn rector, »
8 Ibid,, 1. XVIII, c. IX. « Equestres turmse ubi merent omnes ingenui barbari, armorum yiriumque firmitudine inter alios eminentes, >