DIFFÉRENTES ESPÈCES
révoltes auxquelles les colons barbares avaient peut-être participé, et on les avait remplacées par d'autres préfectures, telles que celles des Gaules.
Il est certain qu'aucun établissement de ce genre n'existait dans l'empire d'Orient, où le système des colonies militaires s'est maintenu après la chute de l'empire d'Occident et existe encore de nos jours sur les bords du Danube et de la mer Noire ^ L'institution qui offre le plus d'analogie avec celle des Gentiles était celle des Bucellarii, en Galatie, chargés de la défense du pays et gratifiés de fiefs militaires pour prix de leurs services *. Les Bucellarii étaient d'origine celtique, et nous les retrouvons plus tard chez les Wisigoths d'Espagne, dans une condition voisine du colonat ^. D'autres Btùcellarii formaient, vers la fin du IV* siècle, un corps de cavalerie (vexillalio) et servaient dans les troupes appelées comitatenseSy d'un rang supérieur aux soldats des frontières (milites limiianeij^. À partir de la fin du v* siècle, les Sarmates Genliles disparaissent complètement ; nous ne les trouvons plus comme \e^ Lœii se fondant atec les vainqueurs de même race qu'eux, à qui ils avaient montré le chemin de l'Empire ; ils perdent toute autonomie, deviennent les sujets ou les escla-
^ Voir I« chapitre v : Les terres létiques et les colonies militaires modernes.
« Bock., Not. Imp. Orient., p. 208. « Bucellarii regioni in qua tuenda in preesidiis locati excubabant, nomen dédisse videntur... missione impetrata pro prœmio exactorum stipendiorum in illa regione collocabantur et fundis militaribus donabantur. » — Du Gange, Lexic, grœc, FaXoypaixta, Tfj Tôv BovxeX>apib>v x^9^t ®^ «vtoI xal 'EXXTivoYaXàxai Ypàçovxat ^ ôvo- (jLàt^ovTat. (Il est curieux de rapprocher cette institution des Bttcellarii, milice locale, de la milice des Timariotes, dont nous avons déjà parlé, dans la Turquie d'Europe et principalement dans TAsie mineure.)
3 Bock., II, p. 1045. « Bucellariorum, qui Galaticœ seu Gelticse et ipsi originis fuerunt, propria conditio in orientalis imperii partibus enata, deindc a Wisigothis in Hispaniam traducta est. » (L. Wisig., V, 3, c. i.)
4 Bock., Not. Imp. Orient., p. 26. — Cf. Zos., 1. V, c. xm.