‹ Essai sur la condition des barbares établis dans l'empire Romain auChapitre 74 sur 162 · MARIAGES MIXTES · texte numérisé non relu

MARIAGES MIXTES

rati se distinguaient des Dedititii, auxquels nous les voyons perpétuellement opposés ^ En qualité d'étrangers, père ffrini yles Barbares se trouvaient naturellement exclus du connubiitm et du commercium^ réservés aux seuls citoyens ou à ceux qui avaient obtenu le droit de cité en feveur d'une loi spéciale ; c'est ce qui explique un certain nombre de mesures restrictives apportées par le législateur dans leurs rapports avec les Romains .

Ces rapports prirent un tel caractère qu'il ne fut plus possible de maintenir la séparation rigoureuse des deux races. Malgré les précautions que prirent les empereurs pour empêcher les mariages mixtes, le simple rapprochement des populations, les relations quotidiennes qui s*éta* blirent entre elles, surtout dans les provinces voisines de la frontière du Rhin et du Danube, comme les deux Germantes, amenèrent nécessairement un mélange du sang; réunies par des intérêts communs elles durent chercher à cimenter cette union par les liens plus étroits de la parenté. Nous savons d'une manière positive, par des inscriptions du Taunus ^, que les vétérans établie en qualité de colons militaires dans ces pays limitrophes s'unissaient à des femmes germaines ou gauloises dont les parents étaient venus fixer leur résidence sur le même territoire, et que les enfants nés de ces mariages prenaient à la fois le titre de citoyens romains et de citoyens de la tribu dont leur

* Cod. Théod., VII, tit. 13, loi 16. « Prœcipue sane eoium servos, quos militia armata detentat, fœderatorum nihilominus et dedititiorum. »

^ Le Taunus est le massif de montagnes qui sépare le bassin de la Lahn de ceux du Mein et du Khin. On désigne aujourd'hui cette chaîne secondaire sous le nom générique de Hôhe : elle se rattache au VogeUgehirge, traverse la Hesse-Darmstadt et le Nassau, ancien pays des Maitiaei, et vient aboutir à la rive droite du Rhin, près de Mayence. Le Taunus fut célèbre à Tépoque de la colonisation romaine des bords du Rhin.

90 RESGRITS DES EMPEREURS

mère était issue *. Nous voyons également, par des inscriptions découvertes dans la Hesse et le Nassau, qu'à Mayence la population de la cité s'était formée du mélange des Romains avec les anciens habitants, et que les municipes du Taunus comptaient un grand nombre de Germains d'origine mêlés aux Romains et jouissant de nombreux privilèges ^. C'étaient sans doute plutôt les Romains qui épousaient des femmes barbares, mais le fait n'a pas moins d'importance, et il paraît difficile de l'admettre sans supposer la possibilité réciproque d'alliance entre les Barbares et des femmes romaines. 11 suffisait d'un rescrit, d'une autorisation spéciale de l'empereur, ayant force de loi, pour renverser les obstacles opposés à de telles unions et souvent la politique y était intéressée. Vopiscus, dans la biographie de Bonosus, nous dit que le lieutenant d'Aurélien avait obtenu l'autorisation d'épouser une princesse d'un rare mérite, appartenant à la nation des Goths, afin qu'elle pût le tenir au courant de ce qui se passait chez eux ^.

* De Ring., t. II, p. 265.

* Ibid.^ t. I, p. 320. — T. II, p. 56, inscript, du Taunus. — Brambach, op. cii,, p. 271, n" 1444, inscript. d'Heddemheim.

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