‹ Essai sur la conservation de la vieChapitre 1 sur 146 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ce livre avait reçu, il y a déjà plusieurs années, un comntiencentient de publicité.

L'auteur, convaincu par de longues méditations, par des expériences multipliées, de la possibilité de prévenir ou d'atténuer la plupart des infirmités de Tâge et de prolonger la vie humaine fort au delà du terme qui lui est ordinairement assigné, avait résumé ses théories dans un manuscrit imprimé à plusieurs centaines d'exemplaires (1). Cet opuscule fut adressé aux facultés, aux académies,aux principales bibliothèques de l'Europe, à un grand nombre de savants et de médecins, à tons ceux enfin qui pouvaient apprécier la théoriS proposée et la soumettre au sévère contrôle de la critique et de l'expérience.

Quelques-uns des princes de la science acctieillirent, avec une indulgente bienveillance, ce premier essai; le zèle et la conscience apportés dans le travail servirent d'excuse aux imperfections de l'œuvre et l'auteur fut encouragé à compléter ses recherches. Il était en effet difficile de l'aider autrement que par des conseils et des critiques. La voie dans laquelle il était entré, et où il aurait voulu trouver des compagnons de route, était ardue, hérissée de difficultés et diamétralement opposée aux méthodes adoptées par la science moderne.

On ne procède guère aujourd'hui que par voie analytique; on fait des expériences et, sur ces expériences,

(I) Considérations sur la durée de la vie humaine et les moyens de la prolonger, Toulouse, 1846.

Il AVANT-PROPOS.

on bâtit des théories. Mais le but que l'auteur cherchait à atteindre ne pouvait être approché que par des synthèses. Il fallait créer ces synthèses par induction et en s'appuyant sur la loi des analogies. L'expérience, qui cependant était indispensable, ne pouvait servir, dans des travaux de cette nature, qu'à démontrer l'exactitude ou la fausseté des théories. Enfin, pour savoir ce qu'il y avait de réel dans les espérances de ces adeptes qui avaient couru après l'élixir de longue vie et la panacée universelle, il fallait s'enfoncer dans tout ce que la vieille médecine avait de plus mystérieux et de plus bizarre. Étude difficile, ingrate, qui exposait au danger du discrédit et du ridicule et où le succès ne pouvait aboutir à aucun de ces résultats positifs qu'il est peut-être un peu trop de mode d'ambitionner aujourd'hui.

L'auteur a donc continué ses travaux sans autre secours que celui d'une f«rme conviction et d'une infatigable persévérance. Il a parcouru l'Europe cherchant, dans la [^pudre des bibliothèques, les bouquins les plus oubliés, les manuscrits les plus obscurs, et s'efTorçant d'en pénétrer le sens. Mais à mesure qu'il avançait dans cçtte voie laborieuse, il était soutenu par l'espoir d'arriver à démontrer des vérités utiles; les nuages s'éclaircissaient, l'horizon s'agrandissait devant lui : il entrevoyait une partie du secret de la vie. Cette vie, qui est une force, est homogène aux forces de même nature qui gouvernent les mouvements des choses terrestres et dont notre intelligence peut, dans une certaine limite, diriger l'action ; par conséquent, l'homme peut s'assimiler ces forces et, en réparant ainsi les déperditions de sa vitaHté, prolonger son existence d'ici-bas, jusques au terme qui lui a été assigné par le souverain maître, terme

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beaucoup plus éloigné que l'on ne le croit généralement.

Ceci bien établi^ il ne restait plus qu'à indiquer des moyens d'application; œuvre de patience où les théories des aU^himistes pouvaient être mises à profit, grâce aux procédés plus simples et plus prompts du laboratoire moderne. D'ailleurs, quand bien même les élixirs et les poudres indiqués par cette théorie n'auraient pas eu toute l'efficacité désirable, il suffisait au but que Fauteur s'efforçait d'atteindre, d'en démontrer la possibilité et de tracer la route; il importait peu que ce fût lui ou un autre qui obtînt l'honneur du succès. Mais, arrivé à cette période de son travail, il a vu se dresser devant lui une immense difficulté.

La théorie proposée devait avoir pour conséquence de prolonger la vie en conservant la santé et prévenant les infirmités de la vieillesse ; mais si cette théorie ne pouvait s'appliquer qu'à l'homme jouissant d'une santé parfaite, le bienfait en était, pour ainsi dire, illusoire; enfin tous les médecins étaient autorisés à adresser une grave objection aux panacées indiquées comme préventives des infirmités de la vieillesse. Ces infirmités sont de véritables maladies; les moyens thérapeutiques, qui les préviennent ou les font disparaître, doivent être des spécifiques qui guériront les maladies de même nature à tous les âges de la vie, ou bien ils ne sont que des illusions.

Le dilemme ainsi posé conduisait tout droit à la question des maladies incurables ; cette question a été acceptée loyalement et dans toute son étendue.

Le problème à résoudre pouvait être ainsi formulé :

Existe-t-il réellement des maladies dont les principes de la science autorisent à affirmer F incurabili té? Et si la théorie démontre que toutes les maladies peuvent être

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guéries, comment l'art médical doit-il s*y prendre, pour approprier une médication spécifique à chaque maladie essentielle?

De là est résulté un nouïel ordre de rxberches, et de tra¥aux qui a demandé dix années entières. Arrivé à l'âge où le repos commence à être un besoin, celui qui trace ces lignes a dû manier tour à tour, de ses doigts sexagénaires, le scalpel des dissections, les bandages de pansement et le pilon de la pharmacie : écolier en cheveux blancs, il est venu s'asseoir sur les bancs des écoles; et, dans les hôpitaux , il a demandé le secret des guérisons au douloureux assemblage de toutes les infirmités humaines.

Enfin, ces pénibles études ont reçu leur récompense; grâces en soient rendues au divin Maître qui a dit : Cherchez et vous trouverez, à Dieu qui bénit les travaux consciencieux !

Un grand nombre de malades, atteints de ces terribles affections réputées incurables, ont été guéris ; d*autres notablement soulagés; et des expériences cliniques, suivies pendant de longues années, ont démontré la spécificité des traitements proposés pour la guérison de la plupart de ces maladies frappées par la science d'un arrêt de mort.

Toutes les formules dont l'expérience a démontré l'efficacité sont aujourd'hui publiées sans réserve ni réticence et chacune est appuyée d'un petit nombre d'observations cliniques.

Aux médecins maintenant à critiquer la théorie, mais surtout à appliquer les traitements. L'efficacité d'un médicament n'est réellement acquise à la science, que lorsqu'il a été essayé par un grandnombrc de médecins, dans

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